‹ De la Sympathie à la Fraternité dArmesChapitre 2 sur 30 · PARIS LIBRAIRIE FÉLIX ALCAN · texte numérisé non relu

PARIS LIBRAIRIE FÉLIX ALCAN

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A Fernand BALDENSPERGER

Mon cher ami,

Veuille^ recevoir ce petit livre tout plein des pensées d'absolue confiance que nous échangions, cet été, en Lorraine, tandis que nous circulions au milieu des troupes du général Pershing.

Fous veniez d'Amérique et vous alliez y retourner ; la guerre a fait du professeur à la Sorbonne un chargé de mission, et l 'enseignement de la civilisation française vous a été confié dans la grande université américaine ; vous employiez votre court passage en France à nous renseigner tous sur V admirable état d'esprit de nos nobles amis et Alliés d 'outremer.

Ainsi justifiei-vous le beau mot du président Butler qui, en vous décernant le degré honoraire de docteur es-lettres de l'Université Columbia à New-York, le $ juin 1918, vous appelait « l'officier de liaison chargé de maintenir le contact entre Vintellectualitè américaine et l'esprit français » . Il est plaisant pour l'imagination, mon cher Baldensperger , que ce beau rôle soit échu à un enfant de Saint-Dié, à un fils de la petite ville vosgienne où, pour la première fois, le Nouveau-Monde récemment découvert fut nommé Amérique; et surtout il est extrêmement heureux qu'il soit échu au commentateur de cet Aljred de Vigny qui, par avance, a le mieux portraituré nos soldats d'aujourd'hui, et au Lorrain qui, toute sa vie, a médité sur les limites qu'il convient de poser aux entreprises matérielles et intellectuelles de la Germanie.

La libération de la France et des peuples s'achève. Depuis que ces notes furent écrites, les Américains ont fait de grandes choses qui justifient

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