EST EL
3 opérations de Portes. On voit que les indications ont été particulièrement limitées.
Nous nous sommes efforcé dans les limites de notre documentation de rapporter les observations sous une forme résumée et suivant un schéma commun. Dans cha-, que cas nous avons successivement indiqué : la parité, les antécédents obstétricaux, les conditions dans lesquelles on est intervenu, l'indication maternelle et fœtale, l’état de la dilatation, la durée du travail, la modalité de l'accouchement, les suites opératoires et tardives.
Reprenant la classification que M. Desnoyers avait employée dans une publication antérieure, nous avons réparti les observations en trois groupes. Le premier groupe de 13 observations est composé de cas purs où l'indication de symphysiotomie est relative. Dans un deuxième groupe de 29 observations, l’indication est absolue. Ont été groupées en troisième lieu 3 observa-
tions à indications très particulières.
Premier groupe
Indication relative, cas purs où la césarienne aurait donné d’aussi bons résultats. C'est-à-dire qu'il s'agissait de cas apyrétiques, à membranes rompues depuis moins de 10 heures et soumis en milieu chirurgical à une surveillance attentive. Ce sont les signes de souffrance fœtale qui ont parfois fait préférer la symphysiotomie à la césarienne M «00 "2, LOS IS AIO) 31, 32, 33,
Suites de couches :
apyrétiques : DPPAANO NS 181982835742 45.
prolongées par hydarthrose du genou : n° 31;
subfébriles : n° 40, 43 (petit abcès présymphysaire).
Les enfants et les mères ont quitté le service en bon état.
Deuxième groupe
Indication absolue, opération de nécessité, cas douteux ou impurs. L'heure de la césarienne conservatrice était passée. Aucune intervention autre que la pelvitomie ne pouvait entraîner moins de risques, ni avoir de résultats plus satisfaisants.
Infection amniotique apparente ou latente — travail prolongé — membranes rompues depuis plus de 10 heures — touchers suspects ou répétés — tentatives d’extraction fœtale manuelle ou instrumentale, — Bassins négligés (Brindeau).
Vingt-neuf observations : n° 1, 3, 5, 7, 9, 10, 11, 12, 132010491520 01,2223,25,20,127,,28; 29,,30,34, 35, 36, 37, 38, 39, 42, 44.
A noter parmi les indications :
— Rupture de la poche des eaux, depuis plus de douze heures : obs. 1, 13, 22, 23, 34, 37, 39, 44; depuis plus de vingt heures obs. 25, 36; depuis trente heures obs. 9; depuis quarante-deux heures, obs. 42; depuis trois jours obs. 21; depuis huit jours, obs. 26.
Fièvre :
de 3708 à 380, obs. 1, 10, 28, 30, 35:
OU
de 380 à 380 5, obs. 3, 9, 11, 26, 29, 33, 34;
3807 le n° 5, 3903 le n° 27, physiométrie le n° 21.
— Infection lalenle après intervention intra-ulérine préalable : Tentatives de forceps obs. 10, 12, 142 era une gémellaire ( obs. 28), abaissement du pied du premier fœtus.
— À ces indications fréquemment associées s’ajoutent assez souvent des signes de souffrance fœtale.
Les suites de couches ont été assez souvent fébriles, la symphysiotomie ne saurait en être rendue responsable puisque dans ces cas, au moment de l'intervention, l’état d'infection était le plus souvent apparent.
Suites apyrétiques : Obs. : 3,5, 9, 11, 14, 15, 22, 23, 25, 35, 37, 38, 39, 44:
Suites subfébriles : Obs. 7, 10, 13, 21, 26, 30, 34;
Suites fébriles : Obs. 1, 20, 27, 28, 36, 42;
Sortie retardée par : Phlébite : Obs. 1, 20, 42, — abcès du sein n° 12, 29, — congestion pulmonaire n° 28.
Dans un paragraphe commun aux trois groupes d’observations nous reviendrons sur le détail de la morbidité.
— Mort d'une femme par embolie -inattendue au onzième Jour, obs. 34. |
Tous les enfants sont nés vivants et sortis en bon état à l'exception d’un séul (obs. 15), hérédo-syphylitique
probable qui succomba le 17e jour.
Troisième groupe
Leur indication très particulière nous ont fait réunir
dans ce groupe trois observations. La symphysiotomie
était ici par sa rapidité de préparation et d'exécution la seule intervention permettant d'obtenir un enfant vivant.
— L'observation 16 concerne une extraction de siège compliquée d’une procidence du cordon. La tête reste élevée et ne peut être engagée dans le bassin qui est rétréci. En toute hâte une symphysiotomie permet de remédier à l’échec de la manœuvre de Champetier. Cet enfant qui était un prématuré succombe peu après vraisemblablement à la suite du traumatisme cranien provoqué par la tentative d'extraction de la tête avant la symphysiotomie. Suites de couches apyrétiques.
— Dans l'observation 17, les signes de souffrance fœtale étaient intenses au cours d’une épreuve du travail. Dans les quelques minutes nécessaires pour transporter la femme à la salle d'opération, les bruits du cœur fœætal avaient disparu. Il est probable que la césarienne n'aurait pas permis d'extraire un enfant vivant. La rapidité de l’anesthésie (chlorure d’éthyle) et de la symphysiotomie a seule autorisé cet heureux résultat. Suites de couches apyrétiques.
— L'observation 24 rappelle l’histoire d’une multipare présentant un volumineux procubitus du cordon. La dystocie pelvienne qui avait entraîné la mort du fœtus dans le précédent accouchement interdisait de risquer une dystocie de la tête dernière après la version. Le transport de la parturiente dans une maison de santé, afin de pratiquer une césarienne exposait à une rupture de la poche des eaux suivie de procidence mortelle pour l’en-
fant. La symphysiotomie pratiquée sur place dans la
chambre de la femme a donné de bons résultats. Suites de couches apyrétiques.
Ces derniers faits montrent les ressources qu’assure la symphysiotomie sous-cutanée dans des cas d'extrême
urgence et dans un milieu non chirurgical.
Critique générale
Nous allons justifier ici les indications de l’intervention et exposer certaines remarques que nous suggèrent
les 45 observations que nous rapportons.