‹ De la syphilis du testiculeChapitre 11 sur 54 · EXAMEN A L'OEIL NU · texte numérisé non relu

EXAMEN A L'OEIL NU

plantée sur l'albuginée par une partie de sa circonférence ; ce petit polype était mou, et l'on voyait à sa surface un riche réseau capillaire. D'une façon générale d'ailleurs, la circulation est plus abondante et, dans plusieurs observations, nous avons noté l'existence de vaisseaux nombreux irriguant la vaginale et ses néomembranes.

Les altérations de l'épididyme sont rares, dans la forme purement scléreuse. Au premier abord, cet organe semble avoir disparu au milieu des masses fibreuses ; mais la dissection prouve qu'il est à peu près normal; son volume ne diminue guère et, comme souvent le testicule est atrophié, l'épididyme, qui conserve ses dimensions primitives, enveloppe parfois les deux tiers de la glande. Ricord l'a vu aplati comme un ruban sur le bord postéro-supérieur du testicule tuméfié; mais ces cas, qu'il croyait de règle, sont rares et, d'après nos observations, il est anémié, blanchâtre, tassé, pour ainsi dire par la coque qui l'enserre de tous côtés ; sa dimension pourtant ne change guère ; le plus souvent même sa perméabilité est intacte, et nous avons vu la colonne de mercure pénétrer jusqu'au niveau des cônes.

L'aspect du testicule varie suivant l'âge des lésions : l'orchite interstitielle au début n'est guère connue que chez les jeunes enfants en proie à la syphilis héréditaire. M. Hutinel, dans un bon mémoire, nous montre « le testicule plus gros, plus

SCLÉROSE DU TESTICULE. :Ui

dur otplus pesant qu'à l'état normal » ; il atteint rarement le volume d'un œuf de pigeon, ordinairement il est comme une noisette ; la surface de coupe, sur laquelle on aperçoit de nombreux orifices vasculaires, ressemble à une masse charnue, plus résistante, plus dense et plus congestionnée que n'est le tissu de la glande saine. On distingue çà et là de petits points blanchâtres qui rappellent des grains de semoule.

Nous avons retrouvé cet aspect chez l'adulte. Le testicule est massif et lourd ; son parenchyme plus consistant est profondément modifié; il est rose, charnu et résiste à une traction même énergique ; des vaisseaux se dessinent sur la surface de section ; mais au lieu de suivre aussi nettement les faisceaux fibreux des travées comme dans la glande normale, ils divergent en éventail dans les tissus de formation nouvelle.

L'envahissement scléreux se fait rarement d'une façon régulière, et il est exceptionnel de voir tout le parenchyme étouffé par les travées épaissies. Le plus souvent, le rete testis a disparu comme organe glandulaire ; il est transformé en un noyau dur d'oii partent de véritables cordages tendineux qui circonscrivent des espaces oii les tubes persistent encore. Leur coloration chamois est moins nette etla coupe prend, en ces points, une apparence vaguement laiteuse, due sans doute à une plus grande abondance des fibres conjonctives.

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Parfois les altérations sont cantonnées dans 1(3 tiers, la moitié, les deux tiers du testicule; les tubes de la portion réputée saine ne se différencient alors que par une certaine gracilité; ils s'étirent moins facilement avec la pince et leur rupture est plus rapide. Cependant sur une pièce que nous avons examinée avec M. Brissaud, le pôle supérieur du testicule était intact ; les canalicules avaient leur calibre normal; en certain point même leur lumière était dilatée par des amas de cellules où l'on constatait encore tous les stades de la spermatogénèse.

Mais on observe aussi des atrophies complètes, une véritable destruction de l'organe. L'albuginée épaissie ne peut être séparée ni de la séreuse, ni de la glande avec laquelle ses fibres se continuent. En quelques points, la surface est chagrinée, d'aspect cicatriciel; les dépressions correspondent à des cordons fibreux qui, du corps d'Highmore, viennent s'insérer au dedans de la membrane d'enveloppe attirée par eux et froncée. Gà et là on voit des noyaux blanchâtres étoilés, d'où rayonnent les travées rétractiles ; plus de tubes séminifères : à leur place, une sorte de fibrome irrégulier, d'une dureté ligneuse, qui crie sous le scalpel et dont la coupe ressemble à celle d'un tendon.

L'orchite interstitielle, telle que nous venons de la décrire, serait, nous dit-on, la forme que revêt le

GOMMES MlIJAIHlvS.

plus habituellement la syphilis du testicule. Nous croyons qu'on en exagère la fréquence : souvent des noyaux gommeux coexistent avec l'épaississèment de l'alhuginée et des travées fibreuses. Mais, comme nous l'avons dit, deux causes nous les font méconnaître. D'abord on examine parfois la glande à une époque fort avancée et lorsque la résorption du syphilome est complète ; ou bien la nodosité, à peine visible, échappe à des recherches superficielles; ils existent cependant, et M. Hutinel a toujours constaté dans les testicules scléreux de la syphilis infantile « de petites gommes microscopiques constituées par des amas de cellules rondes embryonnaires » .

Ces petits foyers nous sont comme une transition, et nous amènent par gradation insensible à ces énormes masses caséeuses qui parfois distendent le testicule et ses annexes. Les gommes, en effet, peuvent envahir le parenchyme glandulaire et l'alhuginée, les enveloppes scro taies, l'épididyme et le tissu cellulaire qui l'entoure, le canal déférent et les divers éléments du cordon spermatique.

Les gommes du cordon sont rares, mais point autant que les auteurs semblent le dire. Ricord, dans sa Clinique iconographique de l'Hôpital des vènériem, nous parle d'un homme de cinquante ans, qui, dix ans après un chancre induré, vitap-

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