‹ De La Syphilis Secondaire De La ConjonctiveChapitre 27 sur 34 · HN) 4 TA · texte numérisé non relu

HN) 4 TA

l’Antiquaille le 24 mai 1895, salle Sainte-Agnès, n° 4, On ne relève pas d’antécédents personnels, et, en somme, très bonne santé habituelle,

Mariée il y a quatre ans environ, cette femme a eu deux enfants tous deux actuellement bien portants. Le dernier accouchement date de neuf mois environ,

Dans les premiers jours du mois de février, cette malade, voulant prendre un-nourrisson, s'adressa à un bureau de nourrices de Lyon, qui lui fournit quelques jours après, c’est-à-dire vers le 8 ou 10 février, le nourisson demandé.

Ce nouveau-né avait alors deux ou trois jours, semblait bien portant et la nourrice, qui avait été le chercher à Oullins, l’emporta immédiatement, sans aucune méfiance. |

Trois ou quatre jours après, apparurent sur le corps de l’enfant quelques boutons discrets sur le pourtour des narines, puis sur le menton. Ces boutons se réunirent peu à peu, s’ulcérèrent, en même temps que se formaient des ulcérations aux fesses et aux genoux. A cette époque, la nourrice reçut la visite du médecin du bureau, qui ne put se prononcer catégoriquement sur la maladie de l’enfant. Cette femme avait alors son nourrisson depuis un mois,

Dans les jours suivants, l'enfant présenta des ulcérations des lèvres : celles des fesses, des genoux et des pieds s’aggrandirent peu à peu. Des épistaxis fréquents apparurent, et la nourrice remarqua que l'enfant pressait difficilement le seiu, le lâchait souvent pour le reprendre peu après,manifestait des signes d’impatience et pleurait à chaque tétée, ce qui fait présumer que la respiration nasale était difficile, très certainement à cause d’ulcérarations et de croûtes sur la muqueuse du nez.

Le nourrisson maigrit rapidement, puis présenta quelques convulsions et enfin mourut dans le coma six semaines environ après son entrée chez sa nourrice.

On montre à la nourrice des moules en cire de lésions syphilitiques infantiles de la clinique, et elle n’hésite pas à répondre que celles de son nourisson étaient absolument identiques.

La mère du nourrisson est revendeuse à Oullins; elle est mariée, a eu cinq enfants, dont quatre sont mortsen bas âge de

LE EG maladie indéterminée ; c'est tout ce qu’on a pu savoir de cette femme.

La nourrice ne présentait aucune lésion au moment de la mort du nourrisson. Bientôt, trois ou quatre jours après, elle s'aperçut de l'existence d’un petit bouton sur le sein droit; c'était au milieu de mars, un mois et demi après le début de l’allaitement. Ce bouton grossit rapidement, s’ulcéra au bout de quelques jours, en même temps que les mouvements du bras droit devenaient très pénibles, à cause d’un engorgement considérable des ganglions axillaires droits. |

Un second bouton apparut sur le sein gauche, suivi des mêmes phénomènes, beaucoup moins accentués cependant.

Ces deux ulcérations commençaient à se cicatriser quand apparurent simultanément vers le milieu d'avril, c’est-à-dire un mois après le début des lésions des seins des boutons sur les épaules, dans les cheveux et sur les membres inférieurs, des ulcérations sur les lèvres, avec dysphagie et légère raucité de la voix, une céphalalgie violente qui dura pendant trois semaines, ainsi que des douleurs très aiguës dans les membres inférieurs et supérieurs et un grand abattement intellectuel et physique. La malade a remarqué qu’elle avait perdu une grande partie de ses cheveux.

A son entrée, on constate une grande faiblesse, un grand abattement et une pâleur marquée. La céphalalgie a disparu, mais il persiste des douleurs le long du tibia, si intenses que le simple contact ou passage de la main sur cet os suffit à provoquer des plaintes de la malade.

On trouve un noyau petit, dur sur l’aréole droite, en dehors du mamelon, vestige du chancre induré primitif. Sur le sein gauche, même noyau mais plus difficile à sentir.

Dans l’aisselle droite, on note une pléiade ganglionnaire indolore caractéristique, et, dans l’aisselle gauche, un ou deux ganglions mobiles, indolores également.

Il existe des papules très nettes sur les deux seins, sur les deux épaules dont quelques-unes sont recouvertes d’une croûte, et enfin, sur la face et dans le cuir chevelu dont les cheveux sont clairse-

mes.

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