‹ De la syphilis tertiaire dans la seconde enfance et chez les adolescents: étude accompagnée dChapitre 6 sur 11 · CHEZ LES JEUNES SUJETS · texte numérisé non relu

CHEZ LES JEUNES SUJETS

A plusieurs reprises déjà nous avons dit quelle valeur nous accordons à l'iodure de potassium dans le diagnostic respectif des manifestations tertiaires de la vérole et des

lésions dites scrofuleuses. Beaucoup de médecins cependant appliquent avec confiance ce médicament au traitement de la scrofule : c'est là un préjugé tenace que nous voudrions contribuer à détruire.

En 1878, M. Maurice Raynaud présentait à la Société médicale des hôpitausc une malade atteinte de léontiasw syphilitique, et, au cours de la discussion, M. Besnierne put dire sanssefaire interrompreparM. Dumontpallierque riodure de potassium c reste sans effet sur la scrofule (1). » Pourtant le langage de M. Besnier nous paraît irréprochable, et nombre d'hommes qui ont été à même de voir et d'observer les scrofuleux ont émis, sous une forme ou sous une autre, un avis analogue. € Depuis que l'on connaît mieux la vérole, disait en 1846 M. Ricord (2), et que Ton fait mieux la part de chaque élément dans certaines affec* tions qu'autrefois l'on rapportait toujours à la diathèse Rcrofuleuse, on s'aperçoit que Tiodure de potassium ne guérit plus les scrofules ; il ne guérit plus que la vérole. » Et ailleurs (3) : « Nous ne saurions trop le répéter : autant les accidents syphilitiques cèdent rapidement et facilement à l'iodure de potassium, autant les accidents de nature scrofuleuse résistent. »

M. Devergie, après avoir appliqué à de nombreux cas de lupus la méthode de Lugol, était amené à faire cet aveu (4) : « Je n'ai laissé de côté aucune préparation iodée; je les ai toutes employées des mois, des années : je ne connais pourtant pas de fait de guérison. . . Je me suis borné à constater seulement une amélioration dans le tempéra^

(1) Séance du 8 mars 1878. (Gazette des hôpitaux, 1878, p. 238*)

(2) Gazette des hôpitaux, 1846, p. 506

(3) Ricord. Ibid., 1846, p. 189.

(4) Devergie. Gazette des hôpitaux. 1848, p. 460.

ment des individus». Ils ont pris de Tembonpoint, de la coloration à la peau ; mais jamais le lupus n'a guéri. >

M. le professeur. Hardy, tout en trouvant que l'iode est un médicament utile, reconnaît qu'il a été « trop vanté par Lugol > (1).

« Les scrofules, disait il y a quelque vingt ans M. Ger«main Sée> ne comportent pas une méthode unique de traitement, et il n'existe pas de médication antiscrofuleuse proprement dite (2). »

i'our les auteurs d'un traité de thérapeutique qu'une préface dç M. Bouchard recommande suffisamment à l'attention (3), l'influence del'iodure de potassium, de l'iodure de fer, etc., sur les diverses formes de la scrofule est très variable, et « les mesures hygiéniques contribuent au succès au moins autant que l'intervention de KL >

M. Verneuil, qui accorde à l'iodure de potassium une certaine influence curative sur la scrofule, est encore fort net (4) : « Quand l'iodure fait disparaître une tumeur dans un bref délai, c'est que la tumeur était de nature syphilitique. >

« Non, affirme avec énergie M* le professeur Fournier (5), l'iodure ne guérit pas de cette façon, avec cette prodigieuse rapidité, d'autres lésions que des lésions syphilitiques. Il est bien loin d'avoir une action comparable sur les manifestations scrofuleuses. »

(1) A. Hardy. Gaz. des h6p. 1854, p. 458.

(2) G. Sée. Recherches sur les affections scrofuleusea... (UDion médicale, 1859, t. I, p. 10.)

(3) Nothnagel et Rossbacb. p. 251.

(4) Ar. Verneuil. Société de cbirurgie, 8 décembre 1875. (Gazette hebdomadaire, 1875, p. 810.)

(5) Alfi FournieTi Gazette des hôpitaux» 1867, p, 564*

Nous nous sommes reporté aux travaux de Lugol et de Baudelocque, et nous avons pu nous convaincre que les succès obtenus par ces deux é-ninents observateurs dans le traitement ont été démesurément grossis et, disons-le, dénaturés par quelques-uns de leurs successeurs. Il s'est fait là-dessus une légende qui, comme toutes les légendes, nous le craignons, résistera longtemps aux attaques les mieux dirigées.

A voir simplemenent les petites quantités d'iodure de potassium que renfermait la solution de Baudelocque, est-il possible de croire qu'elle donnât des résultats aussi merveilleux? Elle se composait de 10 centigr. d'iode et de 20 centigr. d'iodure de potassium pour 500 grammes d'eau, et Baudelocque l'administrait à la dose de 90, 120, 150 gr., suivant Tâge. Lugol lui-même attachait peu d'importance à la présence de l'iodure dans la solution qu'il formulait et ne l'ajoutait en réalité que pour tenir l'iode en parfaite dissolution. Il reconnaissait du reste sans hésiter que Tiodure de potassium agit, dans la syphilis, beaucoup plus rapidement que dans la scrofule, et un jour, dans le cas d'un jeune homme guéri en trois mois d'accidents ulcéreux, il se demandait si le diagnostic n'avait pas été erroné et si la syphilis n'était pas en cause.

Bien des fois, à l'Antiquaille, notre maître M. Aubert a donné l'iodure de potassium pour amener la fonte des adénites strumeuses et toujours sans succès. Il n'était pas rare, ai:* bout de quelques jours, de quelques semaines, que l'on crût à une résolution partielle des glandes malades ; pure illusion : une mensuration inexorable venait démontrer bientôt Timpuissance du traitement.

Des échecs aussi répétés n'ont rien qui nous étonnent outre mesure; l'anatomie pathologique nous a montré la

composition des masses caséeusés qui se sont substituées au tissu ; ganglionnaire et que peut l'iodure de potassium contre le tubercule? Si, dans un cas exceptionnel, le médicament agissait avec rapidité, on devrait rechercher avec soin l'existence d'une vérole possible; la syphilis ganglionnaire est peu connue et peut-être est-elle moins rare qu'on ne le suppose.

Nous n'insisterons pas davantage ; notre but dans ce chapitre est de prouver que les jeunes suj etsprésentent à l'égard de riodure de potassium une tolérance singulière. On n'a pas encore, que nous sachions, mis ce fait en évidence ; les traités de thérapeutique aussi bien que ies mémoires publiés sur ce sujet enseignent au contraire que la dose d'io* dure doit être proportionnée à l'âge du malade. C'est là une règle générale que le médecin est tenu d'observer; mais elle souffre des exceptions assez nombreuses, et il est tel médicament que l'enfance supporte beaucoup mieux que l'âge adulte : nous citerons, par exemple, la belladone. Un auteur anglais, M. Farquharson a récemment appelé l'attention sur ce point; toutefois, dans son mémoire, excellent d'ailleurs, il range l'iodure de potassium parmi les substances mal tolérées par les enfants. Il ne saurait y avoir de confusion : M. Farquharson, comme nous-môme, ne s'occupe que de la seconde enfance.

Nos observations nous conduisent à une conclusion toute différente: les enfants supportent, sans dommages sérieux, d'énormes doses d'iodure, ainsi que le montrent les faits consignés plus loin.

Au contrairedecequi se passe dans les services d'adultes, ces quantités considérables de Kl ont été réellement pris-es par nos petits malades. Non seulement les réactifs habituels décelaient la présence de l'iode dans les urines, nous

Roussel. 15

avions liné gairatitie plus certaine encore. Les enfants ne buvaient leur tisane qu'en présence des religieuâeà de l'Antiquaille î excellente précaution qui nous mettait à l'abri des supercheries.

Les six observations suivantes concernent des sujets âgés de 9 à 18 ans. L'un d'eux prenait 10 grammes, un autre 12 grammes d'iodure de potassium dans les vingtquati^ heures; chez de\x% autres là dose journalière a pu être poussée jusqu'à 14 grammes.

Observation LXXV (inédite).

Kératite ulcéreuse droite. Taie de la cornée gauche et synéchie irienne antérieure du même côté. Cicatrice d'adénite sous-maxillaire suppurée. Lupus du nez. Insuccès de Tiodurô de potassium à haute dose.

Erinemond Mar...., âgé de 13 ans, entre à rAntiquaille le l^"" mars 1878, salle Saint-Mathieu, n® 30, service de M. Aubert.

Ce jeune garçon entre dans le service pour un lupus de la face qui remonte à un an.

Son père, cultivateur, est bien portant. Sa mère est morte, il y a dix ans, de phthisie pulmonaire, semble-t-il. Il a un frère de 16 ans, vigoureux. Un autre frère du malade est mort au berceau, L'habitation était saine, mais la nourriture mauvaise, essentiellement constituée par des pommes de terre. Pour boisson, de l'eau. Le malade a déjà fait à l'hôpital de Saint- Amour (Jura) un séjour de huit mois.

Le lupus a débuté, il y a uh an, par l'aile gauche du nez et s'est étendu successivement au Jobule, à la cloison et à l'aile droite. Aujourd'hui le lobule nasal est détruit ; les deux ailes sont recouvertes de croûtes sèches d'un jaune noirâtre. En haut la lésion est limitée, vers le bord inférieur des os propres, par une surface rouge, non douloureuse à la pression et recouverte seulement de petites lamelles épidermiques. Le bord libre du nez est tranchant et sinueux; la partie inférieure de la cloison n'existe plus. Les

deux narines sont obstruées par des croûtes noirâtres. La partie intermédiaire entre la sous-cloison et le bord de la lèvre supérieure est atteinte également. Sur la joue gauche il existe un point malade également isolée

Les ganglions sous-maxillaires sont engorgés des deux côtés. L'un deux a suppuré il y a neuf mois. Au niveau de ce point on voit aujourd'hui une plaque sèche, cicatricielle sur les bords, avec de minces lamelles jaunâtres au centre.

Le malade a eu, dans son enfance, 'de fréquentes ophihalmies. Aujourd'hui Toeil droit est le siège d'une conjonctivite intense avec blépharite. La cornée est trouble, vascularisée. Elle présente en dehors une taie volumineuse et en dedans une ulcération à laquelle aboutit un petit pinceau [vasculaire. L'œil gauche est également le siège d'une petite tache centrale lenticulaire; l'iris est déformé par suite d'une synéchie antérieure et l'ouverture pupillaire affecte la forme ovale. La vision, encore nette à gauche, est très affaiblie à droite .

Prescription, — Pulvérisations chaudes ; teinture d'iode sur le nez. — A l'intérieur: ioduro de potassium, 4 gr. dans un demilitre de tisane de salsepareille.

6 mars. lodure, 5 gr,

Le 16. lodure, 6 gr.

Le 21. Les ulcérations n'ont aucune tendance à se cicatriser.

Le 23. Anesthésie au chloroforme. Raclage et termo-cautérisation.

3 avril. Aspect satisfaisant des plaies.

Le 24. La cicatrisation marche rapidement.

11 mai. Le nez est complètement cicatrisé. On ne voit pas trace de récidive.

8 juin. Le malade sort dans un état satisfaisant. La cicatrice se maintient solide.

L'iodure de potassium a toujours été parfaitement supporté.

Orservation LXX VI (inédite).

' Kératite interstitielle double. — lodure de potassium à haute dose. —

Augmentation de poids.

Marie Biou...., âgée de 6 ans, entrée à TAntiquaille le 21 janvier 1879, salle Sainte-Croix, n^ 14, service de M. Aubert.

Père et mère vivants et bien portants ; un frère et deux sœurs en bonne santé. — Sur les antécédents personnels de la malade, on ne peut rien savoir.

La malade ne se prête en aucune façon à Téxamen de la lésion pour laquelle elle se présente à T Antiquaille. On constate cependant que la conjonctive et les paupières n'ont presque pas subi de réaction inflammatoire. A droite on note pourtant un peu d'injection de la membrane conjonctivale.

Les deux cornées son* troubles et dépolies et paraissent intéressées dans toute leur épaisseur ; la disposition des inflltrats leur donne un aspect criblé. Pas d'ulcération. On ne peut se rendre compte de l'état de l'iris.

La cornée droite semble plus profondément atteinte que celle du côté opposé.

Prescription. Insufflation de calomeldans les yeux. Toniques à l'intérieur.

11 février. Pas d'amélioration. On suspend le calomel et Ton donne 4 grammes d'iodure de potassium dans un demi-litre de tisane de chiendent, 14 mars. L'œil s'éclaircit.

Le 18. La surface de la cornée est'polie et son tissu continue à s'éclaircir.

Le 26. lodure: 8 gr.

Le 28. L'enfant supporte bien sa tisane. La pho'tophobie a disparu.

13 avril. Etat général bon. L'iodure est bien supporté. Les cornées sont sensiblement plus claires. La malade, qui pouvait à peine se conduire, marche aujourd'hui sans hésitation et reconnaît les divers objets qu'on lui présente.

Le2mai. La malade va de mieux en mieux, malgré la persistance de taches légères à gauche, plus accentuées à droite. On suspend l'iodure.

Le 6. Insufflation de poudre de calomel.

La malade sort le 30 mai. Elle rentre un mois après, le 30 juin. La photophohie est nulle, mais il reste de la vascularisafcion périkératique, du trouble des deux cornées qui sont envahies par dé fines arborisations vasculaires. Ce trouble n*est cependant pas assez prononcé pour masquer riris qui apparaît sain et mobile.

On prescrit de nouveau Tiodure de potassium.

La malade sortie 26 août. L'amélioration paraît ne pjus faire de progrès. Les cornées sont sensiblement éclaircies, mais présentent ' encore des nébulosités éparses.L'état général est bon. L'enfant qui pesait le 30 juin 17 kilogr. 400 gr., pèse aujourd'hui 17,700.

Observation LXXVII (inédite).

Idiotie. — Lupus ulcéré. *— Adénites cervicales. — Néphélion de l'œil gauche. — Fortes doses d'iodure de potassium.

Jean Ros..., âgé de 9ans, entré àTAntiquailleleOnovembre 1879, salle St-Mathieu, n®60, service de M. Aubert.

On ne peut obtenir des personnes qui amènent ce malade à l'hôpital aucun renseignement sur ses antécédents et l'état mental de l'enfant ne permet pas d'en obtenir une seule réponse. Il est assez chétiif pour son âge et présente les attributs de la constitution scrofuleuse.

La lésion principal siège à Torifice des narines. On voit uneraasso bourgeonnante, anfractueuse, rougeâtre et ulcérée. Elle saigne fncilementet sécrète une humeur sanieuse très fétide. Les parties latérales du nez sont un peu refoulées en dehors par latnmeur. Un demi-centimètre seulement de peau saine la sépare de la racine dn nez: en bas, elle s'étend jusqu'au milieu de la lèvre supérieure. Elle fait une saillie de 4 à 5 millimètres î\ la surface des téguments et oblitère presque complètement l'orifice antérieur des fosses nasales. Elle se prolonge évidemment dans l'intérieur du nez, mais il

est impossible d'en fixer les limites. Le malade respire par la bouche.

La partie de la lèvre supérieure qui n'est pas occupée par la tumeurest un peu épaissie, mais non indurée.

Les dents et les gencives sont tout à fait saines.

Dans les régions sous-maxillaires droite et gauche, dans la région cervicale postérieure gauche, adénites multiples non suppurées. Chaque ganglion a à peu près le volume d'une noisette.

Néphélion de l'œil gauche.

Surdité très accusée. Idiotie. Incontinence d'urine.

Pendant quatre ans on épuise toutes les ressources de la thérapeutique interne et externe, sans aucun succès. Aujourd'hui le visage entier, à l'exception du front et du menton, est recouvert par le néoplasme. C'est une vaste surface de couleur lie-de-vin sur laquelle sont semés des tubercules de teinte plus sombre encore.

Le24 janvier 1880. On donne 8 grammes d'iodure de potassium dans 1/2 litre de tisane de chiendent.

Le 7 février. lodure 10 gr. On a quelque peine à faire prendre le médicament au malade ; néanmoins il n'éprouve aucun symptôme d'intolérance. L'appétit tst excellent et Tétat général bon.

Le lupus, est-il besoin de le dire, ne se modifie en rien sous Imfluencede l'iodure.

Observation LXXVIII (inédite) .

Osléitft de la cloison. — lodure de potassium à hautes doses. —

Augmentation de poids.

Etienne Jan..., âgé de 11 ans, entré à l'Antiquaille le 2mail879, salle St-Malhicu, n« 20, service de M. Aubcrt.

Absence de renseignements au pointde vue de la syphilis.

Rougeole à 3 ans. Dans son enfance jusqu'à l'âge de cinq ans, il a eu à la face et aux jambes des éruptions prurigineuses et humides. Sur la jambe droite, on voit encore quelques papules de prurigo.

Le début de Taffection actuelle remonte à quatre mois. Le nçz

commença à setaméâer du côté gauche; aujourd'hui la narine droite est envahie comme la gauche et la respiration est gênée.

L*examen du nez fait constater que les deux narines, la droite surtout sont ohstruées par une masse bourgeonnante, rose, qui s'implante visiblement sur la cloison. Le malade respire encore un peu par le nez.

Plusieurs dents cariées ; petites adénites sous-maxillaires multiples depuis trois mois seulement. Absence de signes de la scrofule. Les yeux sont intacts. Il n*y a pas eu de traumatisme antérieur. Prescription : lodure de potassium, 5 grammes.

Le 7 mai. L'iodure est bien supporté, 8 gr. d'iodure.

Le 14. Etat général satisfaisant. Le malade est gai ei mange beaucoup. lodure, 10 gr.

Le 17. Etat général toujours bon. lodure, 12 gr.

21 juin. Etat général excellent. Les bourgeons qui siègent sur la cloison ont un peu diminué de volume, mais obstruent encore les fosses nasales. On supprime Tiodure.

9 juillet. Anesthésie à Téther du nez. Bâclage des fongosités siégeant sur la cloison.

Le 26. Le malade sort. Depuis l'opération, les orifices du nez sont beaucoup plus libres.

Pendant que ce jeune gar»on était soumis à l'administration de Tiodure, on le pesa à diverses reprises et voici les chiffres obtenus:

3 mai. 25 kilogr.

Le 31. 26 kilogr. 200.

21 juin. 26 kilogr. 500.

Du 3 mai au 21 juin, le malade avait pris 586 grammes d'iodure.

Observation LXXIX (inédite).

Adénites cervicales et parptidiennes gauches. Fortes dose» d'iodure bien supportées par la malade^ mais sans aucun effet sur Taffection ganglionnaire,

Marie Roc..., âgée de 14 ans, entre à TAntiqpaillç le 8 juillet 1878, salle Sainte-Croix, n® 13, service de M. Aubert, Le père est mort il 7 a quatre ans, à Vàge 4® 30 ^^ à'v^ae mar

ladie indéterminée . La mère âgée de 41 ans, est bien portante. Une sœur morte jeune à la, suite de brûlures étendues.

Le début de Taffection actuelle remonte à quatre ans. Avant cette époque la malade n'avait jamais présenté de symptômes de scrofules. Jamais d'adénites; jamais d'ophthalmies. Jamais d'éruptions cutanées. L'appartement qu'elle occupait avec sa famille était sain et son alimentation a toujours été bonne. Elle attribue sa maladie à l'humidité d'une école qu'elle a fréquentée pendant deux ans.

Il y a quatre ans environ, il survint au niveau de l'angle de la mâchoire, du côté gauche, une tumeur qui peu àpeu acquit le volume d'un gros œuf de poule et s'ouvrit spontanément ?lu bout de deux mois. Un médecin consulté prescrivit à l'intérieur l'huile de foie de morue et la tisane^ de feuilles de noyer. Ce traitement fut suivi pendant trois mois et amena une notable amélioration.

Aucune autre tumeur n'avait fait son apparition depuis lors et la jouissait d'une bonne santé quand, il y a trois mois, survinrent au même niveau de nouvelles tumeurs ganglionnaires qui prirent un accroissement rapide et ont aujourd'hui le volume de deux œufs de poule.

On constate au côté gauche de la région cervicale, en arrière de l'angle de la mâchoire, une tumeur volumineuse formée de trois masses gangliformes soudées entre elles. Elle est indépendante des parties profondes, fluctuante dans la plus grande partie de son étendue. Au sommet de la tumeur, la peau est rouge, amincie et luisante. A la partie antérieure de la masse on voit deux cicatrices irrégulières, traces des anciens abcès ouverts au même endroit. Au-dessous, sur le bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien, autre cicatrice saillante, de 2 centimètres de long sur 6 millimètres de large.

Les autres ganglions du cou n'ofirent pas de tuméfaction notable.

L'état général de la malade paraît satisfaisant. Elle n'est pas encore réglée,

29 novembre 1878. Circonférence du cou : 45 centimètres et demi.

Prescription : lodure de potassium, 4 gr,

3 décembre. lodure, 6 gr.

Le 6. lodure, 8 gr.

LelO. loduré, 10 gr.

Le 14. Etat toujours satisfaisant. lodure, 12 gr.

Le 17. lodure, 14 gr.

Le ?1. Aucun malaise, malgré la dose de 14 grammes. La malade trouve que son cou diminue un peu. Mensuration : 0™,455.

10 janvier 1879. Etat général excellent. Le cou n'a pas diminué.

Le 14. Appétit moins bon. Mal de tête, gorge rouge. On supprime Tiodure. Thé chaud et sucré.

Le 15. Il n*est résulté aucun effet appréciable de la suspension brusque des 14 grammes d'iodure.

21 février. La malade sort. L*état général est satisfaisant. La circonférence du cou est toujours de 45 centimètres et demi.

Observation LXXX (inédite).

Adénites cervicales multiples. Adénites axillaires. Fortes doses d*iodure de potassium. Aucun résultat.

Eulalie Goiv..., âgée de 18 ans, entrée à T Antiquaille le 20 avril 1878, salle Sainte-Croix, n® 67, service de M. Aubert.

Le père est mort d'une affection indéterminée; la mère est bien portante. Deux frères et une sœur sont en bonne santé. Deux autres sœurs mortes en bas âge.

Rougeole dans l'enfance. Pas d'autres maladies antérieures. Pendant cinq ans, la malade habita une chambre très humide. .Elle vint ensuite à Lyon, où elle occupa un appartement aussi malsain que le premier. C'est à l'âge de 12 ans qu'apparurent dans la région sus-claviculaire gauche et la région cervicale du même côté plusieurs ganglions durs, qu'elle compare à autant de petites noisettes. Ces tumeurs augmentèrent rapidement de volume et enfin devinrent le siège d'una suppuration abondante qui ne cessa qu'au bout de plusieurs mois. On trouve aujourd'hui sur les côtés du cou, tant à droite qu'à gauche, une dizaine de cicatrices.

Actuellement, il existe un certain nombre de tumeurs ganglionnaires occupant des régions diverses, mais aucune ne présente de fistule suppurative. Une première tumeur volumineuse, dure, occupe toute la région mastoïdienne. Ni rougeur^ ni fluctuation.

Au-dessous, dans le triangle sus-claviculairc, tumeur plus petite formée par T agglomération de petits ganglions sous-jacents à une cicatrice.

Dans le creux axillaire gauche, pu peut sentir une tumeur volumineuse de la grosseur du poing, dure dans toute son étendue. Pas de traces d'anciennes cicatrices.

Dans le creux axillaire gauche, on ne trouve pas non plus de cicatrices; mais on sent deux tumeurs, Tune petite, dure, siégeant au niveau du bord externe du grand pectoral et manifestement ganglionnaire ; l'autre postérieure, très volumineuse, refoulant la paroi postérieure du creux de Taisselle et faisant en arrière une saillie très prononcée. Elle est molle et très nettement fluctuante La peau est saine. La malade accuse dans cette tumeur des douleurs lancinantes, intermittentes, qu'elle n'a jamais éprouvé dans les autres.

Etat général peu satisfaisant, quoique l'appétit soit bon. Les lèvres et les conjonctives sont décolorées; palpitations nerveuses. Menstruation établie à 15 ans, très irrégulière.

23 avril. On prescrit : eau salée; tisane de houblon; vin, 300 gr.

7 mai. Anesthésie. On fait à chacune des aisselles une large incision, à travers laquelle on énuclée, par la pression e^le raclage, des masses ganglionnaires caséeuses.

Le 10 mai. Plaies de bon aspect. Etat général satisfaisant,

Le 29 novembre. On mesure le cou à sa partie supérieure. Circonférence, 46 centimètres. Quoique la malade tpusse un peu, on près* crit 4 grammes d'iodure de potassium.

Le 3 décembre. Etat satisfaisant. Bon appétit. 6 grammes d'iodure.

Le 6. Toux ; la voix est voilée. Apparition de petites pustules acnéiques sur le devant de la poitrine et le pourtour des lèvres, lodure, 8 grammes.

Le 10. Nouvelles pustules d'acné. lodure, 10 grammes. Voix toujours voilée et la toux (qui existait déjà avant l'administration de l'iodure) persiste au même degré.

Le 14. La malade se plaint de cuisson dans la gorge. Etat général bon. Quelques nouvelles pustules d'acné sur le devant de la poitrine et dans le dos.

Le 17. 14 grammes d'iodure.

Le 21. Etat général satisfaisant. Circonférence du cou: 48 centimètres. Persistance des pustules acnéiques.

Le 7 janvier 1879. Il semble que le cou a un peu diminué de Yolume. Mensuration : 48 centimètres et demi.

Le 14. Légère douleur et rougeur de la gorge. -

Le 28. Quelques coliques et diarrhée. On suspend Tiodure.

Le 14. Sort. L'état local est le même.

Il résulte des faits qui précèdent non seulement que riodure de potassium s'est montré inutile contre le lupus et les adénites scrofuleuses, mais encore que son emplo n'a eu, chez les malades, aucun inconvénient sérieux. Quelle peut être la raison physiologique d'une semblable innocuité? Elle est, croyons-nous, « dans les conditions de nutrition rapide qui caractérisent la physiologie de l'enfance. » Au fond, il s'agit là d'une question de rapidité dans l'élimination de la substance médicamenteuse et nous avons recherché expérimentalement si l'iodure s'élimine plus vite chez les enfants que chez les adultes. Les analyses que nous ayons faites sont venues nous démontrer qu'en effet il en était ainsi.

Nous avons usé de deux procédés : nous nous servions d'abord du perchlorure de fer et de la chaleur ; l'iode qui se dégage bleuit un papier amidonné exposé à l'orifice de l'éprouvette. L'autre procédé, plus sensible de moitié, consiste â verser dans le tube qui contient l'urine quelques gouttes de sulfure de carbone ou mieux de chloroforme, puis deux ou trois centimètres cubes d'acide nitrique impur. On renverse ensuite plusieurs fois l'éprouvette; l'iode mis en liberté colore le chloroforme en rose plus ou moins foncé. A l'aide de solutions titrées, nous nous sommes as-

suré que le premier procédé décèle 1/100.000 .d'iodure de potassium dans les urines et le second 1/200.000.

Il importe que le chloroforme soit rectifié et d'autre part il faut éviter de l'émulsionner en agitant trop vivement le tube à urine ; au contraire, Tacide azotique doit être impur ; celui des pharmacies donnerait de mauvais résultats. Mais, pour rendre nos analyses toutes comparables entre elles, l'acide que nous avons employé provenait de la même bonbonne.

Dans Jes deux observations qui suivent, l'élimination a duré quarante-trois heures.

Observation LXXXI (inédite).

Age : 12 ans« 12 gr. d^iodure de potassium. Elimination complète

en 43 heures.

Pétrus Val..., âgé de 12 ans, entre le 23 juin 1879 à T Antiquaille, salle Saint-Mathieu, n° 28, service de M. Aubert, sorti le 24 janvier 1880.

Diagnostic: Favus. — Adénites cervicales bilatérales. — Adénite axillaire gauche.

Le 13 décembre. lodure de potassium, 4 grammes.

Le 17. Kl, 8 grammes.

Le 14 janvier on était arrivé progressivement à la dose journalière de 12 grammes d'iodure. On supprime le médicament ; la dernière dose sera prise à deux heures du soir.

Le 15. Examen des urines de la nuit; parle perchlorure de fer et la chaleur, dégagement abondant de vapeurs violettes d'iode.

Urines de 9 heures du matin. Le papier amidonné est fortement teinté en violet.

Urines de 5 heures du soir. Réaction nette.

Le 16. Urines de la nuit. On ne trouve plus d'iode par le procédé employé jusqu'ici. Par l'acide nitrique et le sulfure de carbone, on en découvre encore des traces.

Urines de 9 heures du matin. Plus rien. — Analyse contrôlée par notre ami Paul Cazeneuve.

L'élimination a duré quarante-trois heures au plus.

Observation LXXXIL (inédite).

Age : 9 ans. Acné miliaire de la face. lodure de potassium, 6 gr.

Elimination en 43 heures.

Jean Char..., âgé de 9 anîs, entré à l'Antiquaille le 20 novemhre 1879, salle Saint-Mathieu, no 100, service de M. Aubert.

Cet enfant, orphelin, n'a connu ni son père ni sa mère.

Il entre à l'hôpital pour une éruption généralisée de la face. Le début de l'affection remonte à un an.

On voit surla face un semis considérable de très petites pustules acnéiques, reposant sur un fond très rouge. Elles occupent de préférence les joues et le menton où elles sont plus volumineuses qu'ailleurs.

Intégrité complète du tronc et des membres.

Le traitement employé tout d'abord fut exclusivement local : pommade d'ergotine, etc., et n'eut que peu de succès.

Le 17 janvier 1880, on prescrit :

lodure de potassium 6 grammes.

Tisane de chiendent 1/2 litre.

Le 19. Pustules beaucoup plus nombreuses, entourées d'une auréole plus rougo. Pas de céphalalgie, pas d'inappétence, pas de coryza, pas de larmoiement.

Le 21. Tout le menton et la joue droite présentent une rougeur générale et diffuse, avec semis ce petites pustules acnéiques et quelques croûtes. Sur le front, le nez, la joue gauche, pustules disséminées et plaques rouges. — î^e bout du nez a été respecté par la poussée.

Le 28. La poussée s'atténue sensiblement ; l'iodure a été cependant continué. On le suspend aujourd'hui.

Le 29. Examen des urines de 8 heures du soir. Réaction faible par le perchlorure de fer et la chaleur.

Le 30. Urines de la nuit. Rien par -le procédé ci-dessus. — Par le chloroforme et Facide nitrique, teinte légère. Le 30. Matin, 9 heures. Rien.

L'élimination a duré quarante-trois heures.

Dans cette dernière observation, la rapidité de Tapparition d'une éruption artificielle sur le visage d'un sujet acnéique constitue certainement un fait remarquable et très intéressant.

Voyons maintenant ce qui se passe chez l'adulte.

Observation LXXXIII (inédite).

Age : 28 ans. 4 grammes d'iodure de potassium Elimination en 65 heures.

A. R..., âgé de 28 ans. Pouls habituellement à ^ battements par minute. Bonne santé.

Prend, le 20 janvier 1880, 4 grammes d'iodure de potassium en trois doses : 1 gr. à 8 heures du matin ; à 11 heures, 1 gr. 50 ; à 6 heures, 1 gr. 50.

Vers une heure, sensation d'âcreté dans la gorge. Coryza et écoulement nasal abondant. Ni céphalalgie, ni larmoiement.

21 janvier. Matin et soir. Examen des urines parle perchlorure de fer et la chaleur. Vapeurs violettes dans le tube. Coloration intense du papier amidonné.

Le 22, Matin. Examen des urines par l'acide nitrique et le chloroforme. Coloration très nette.

Le 22. 11 heures du soir. Teinte encore assez accusée du chlo^ reforme.

Le 23. Urines de la nuit. Teinte blanc rosé du chloroforme.

Le 23. Urines de onze heures du matin. Plus rien.

Elimination complète en 65 heures*

Observation LXXXÎV (inédite).

Age : 25 ans. lodure de potassium, 4 gr. Elimination en 60 heures.

B. R..., 25 ans. Le nombre des pulsations est habituellement de

Prend, le 20 janvier 1880, 4 grammes d*iodure de potassium aux heures indiquées dans Tobservation précédente.

Vers midi, cuisson de la gorge; douleur ayant son siège derrière les branches du maxillaire inférieur, au niveau de la région parotidienne.

21 janvier. Examen des urines du matin et du soir. L'iode s'y trouve en grande quantité.

Le 22. Urines de la nuit et du 22 au matin. Coloration très nette du chloroforme.

Le 22. 11 heures du soir. Teinte très légère. ' Le 23. Urines de la nuit. Rien.

L'élimination a duré 60 heures au plus.

Les recherches de notre anai M. Chauvet, consignées dans sa thèse inaugurale, l'amenaient à conclure que, chez un homme dont l'appareil rénal est sain, l'élimination de deux grammes d'iodure de potassium dure e aviron trois jours. « Elle se prolonge vingt-quatre ou quarante-huit heures si cette dose a été répétée plusieurs jours de suite (1). »

Un des faits sur lesquels M. Chauvet appuie ses conclusions ressemble trop aux deux que nous venons de rapporter pour que nous l'omettions ici.

(1) Charles Chauvet. Du danger des médicaments actifs dans les cas de lésions rénales. Thèse de doctorat. Paris, 1877. P. 34.

Observation LXXXV.

2 grammes d'iodure de potassium. Elimination en 68 heures (1).

Le docteur J..., a pris le 12 mars, a une heure, 2 grammes d'iodure d^ potassium.

Le jour même et toute la nuit symptômes d'iodisme. Le 13. L'urine du matin contient beaucoup d'iode. Le 14. L'urine renferme beaucoup moins d'iode. Le 15 au matin. Plus de traces.

L'élimination a duré au maximum soixante-huit heures.

Dans ce dernier cas ainsi que dans nos deux faits personnels, on voudra bien remarquer qu'il s'agit de jeunes hommes de 25 à 28 ans, d'une santé parfaite. Chez un adulte plus âgé, rélimination est plus lente ; c'est ce que tend à prouver la très succincte observation suivante dont nous devons la communication à M, Chauvet.

Observation LXXXVI (inédite).

'Il s'agit d'un homme couché au n*> 23 de la salle Sainte-Elisabeth (Hôtel-Dieu de Lyon) et atteint de méningite chronique.

On donne, le 14 avril, 4 grammes d'iodure de potassium entre deux et quatre heures du soir.

Le 18 au matin. Légère trace d'iodure dans les urines. A midi» on ne trouve plus rien.

Durée de l'élimination : quatre-vingts-douze heures au plus.

Il n'est pas inntile de noter ici que les sujets en expérience ont ingéré des fortes doses d'iodure ; l'élimination d'une dose faible est plus rapide et chez l'adulte même,

(1) Ch. Chauvet, ibid., p. 33.

comme nous nous en sommes assuré, on ne trouve plus le médicament dans tes urines à la fin du deuxième jour, si

■ l'on s'est borné à en administrer cinquante centigrammes.

I Jamais nous n'avons retrouvé l'iodure dans les urines normales vers le dixième jour, ainsi que l'a fait M. Rabuteau (1). Nous avons aussi le regret de dire que nous ne nous expliquons pas les expériences que Claude Bernard a mentionnées dans un mémoire de 1853. Voici les propres paroles de l'illustre maître (2) : « Dans l'estomac de différents chiens porteurs de fistules salivaires, gastriques et biliaires, permanentes, on introduit une dissolution de 2 grammes d'iodure de potassium. Le jour même, l'urine de ces chiens montrait les réactions de l'iodure ; le lendemain, cette réaction n'était plus manifeste ni dans l'urine ni dans la bile ; les jours suivants, on ne peut retrouver non plus aucune trace de sel. Dès lors on pouvait croire que l'iodure était complètement éliminé de l'économie. Cependant l'examen de la salive donnait toujours la réaction de l'iodure et prouvait ainsi l'existence dans l'organisme d'une certaine quantité d'iodure ; le suc gastrique contenait également de l'iodure, soit que le sel ait amené dans l'estomac avec la salive, soit qu'il ait été fourni directement parla muqueuse de l'estomac. Cette persistance de l'iode dans la salive et dans le suc gastrique se maintient pendant trois semaines ; Il est possible qu'elle puisse durer plus longtemps encore, >

(1) Nous rappelons scnlement pour mémoire que, d'après M. Gigoo (Union médicale, 1367) l'iodure de potassium peut être diccl£ dans l'tmiie trois ou quatre mois apris son ingestion.

(3) Cl. Bernard- Etpériencea sur l'éUmination élective de certaines •abstaacespar les •icrétioas,., (Ardûve* gén, de médecine, 1853, t. i, p. 13).

Ifi

Nous ne comprenons pas que Tiodure persiste dans la salive et le suc f^strique, humeurs de sécrétion, après avoir disparu de l'urine, humeur d'excrétion. C'est dans l'urine, nous sémble-t-il, qu'on doit retrouver le sel en dernier lieu.

Kûss, de Strasbourg, avait été singulièrement frappé de voir certains adultes se montrer rebelles à l'action de ce médicament et, dans une thèse inspirée par le regretté professeur, M. Joubin (4) faisait remarquer que ces indi-* vidus avaient en général la circulation très active et le pouls rapide et qu'il avait suffi, dans ces cas, d'administrer une préparation de digitale pour abaisser le nombre des pulsations et provoquer, dès le lendemain, des symptômes d'intolérance. Grâce à l'appui de M. Aubert, nous avons pu contrôler cette assertion et, [chez nos petits malades du moins, nous n'avons rien vu de semblable. Nous devons mettre sous les yeux du lecteur la série de ces observations ; elles prouvent non seulement que l'intolérance à l'égard de l'iodure de potassium ne s'est pas manifestée» même sous Tinfluence de très fortes doses de digitale, mais que le nombre des pulsations ne s'est pas sensiblement abaissé, et enfin que Téliminatiou de l'iodure h^a pas été retardée par l'autre médicament. L'accident noté dans notre dernière observation ne peut être mis que sur le compte de la digitale.

(Ij Adolphe Joubin. Essai sur Tiodure de potassium][au point d« vue

de ses effets physiologiques... Thèse de doctorat, Strasbourg, 1864^ 2e série, n» 791.

Observation lXxX VII (inédite).

lodure de potassium et digitale. Elimiiiatioti de l'iddure Complète

en 44heufe8.

Joséphine Del..., âgée de 15 ans, entrée à l*Antlquaille le 25 août 1879, salle Sainte-Croix, n® 72, service de M. Aubert.

Cette jeune fille présente des adénites volumineuses à la fégidn sous-maxillaire gauche.

23 janvier 1880. Oo prescrit: iodtire de potaôsium, 6 grammes dans un demi-litre de tisane de chiendent, et 1 gr de feuille de digitale dans 120 gr. d*eau sucrée. Le pouls est à 82.

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