CHAPITRE IV
EFFETS SUR LA TEMPÉRATURE CENTRALE DES INOCULATIONS DE SPORES TÉTANIQUES LAVÉES RENFERMÉES DANS DES SACS DE COLLODION
Le tétanos expérimental produit jusqu’à présent n’a pas fait d'hyperthermie. Serait-ce parce que le bacille ne sécrèle pas la toxine hyperthermisante dans les cultures artificielles ? Pour vider cette question, nous avons fait sécréter la toxine directement dans le milieu organique ; sachant, parles expériences de Vaillard et de ses élèves, que la spore tétanique introduite à l'état de pureté dans les tissus ne sécrète pas de toxines, mais est la proie des phagocytes, nous avons modifié l'expérience un peu primitive de Vaillard. Pour préserver ses spores des phagocytes, Vaillard les enfermait dans un sac de papier à filtrer. Nous avons remplacéce dernier par le sac plus moderne de collodion.
Nous avons utilisé une culture de bacilles de Nicolaïer du 19 juin 1899, conservée dans le vide, à la température du laboratoire. La partie limpide a été décantée au moyen d’un siphon. La boue bacillaire restante a été filtrée sur filtre Kitasato. Les spores restées sur le filtre ont été lavées plusieurs fois de suite par le passage successif de plusieurs centaines de centimètres cubes d’eau bouillie. Les spores, ainsi lavées et
AT TEE débarrassées de toutes leurs toxines, ont été employées. Elles ont été introduites avec asepsie dans de petits sacs de collodion stérilisés. Ceux-ci ont été placés, aussi asepliquement que possible, dans la peau de la
cuisse des animaux.
1° COBAYE
Exe£RiexcE XVII. Cobaye de 475 grammes.
9 avril 1900. — Injection sous la peau de la cuisse du sac de collodion.
10 avril. — Pas de contractures.
11 avril. — T. local.
12 avril. — T. généralisé. Mort à 1 heure dusoir. Température term., 82° 4.
Aulopsie. — Le sac est enkysté, adhérent, non ouvert. Pas de pus.
Dans cette expérience, on voit le cobaye se comporter exactement comme s'il avait reçu de la toxine préformée : il n’y a pas d’abaissement pendant l’inoculation ni pendant le tétanos local, l’abaissement est considérable pendant le télanos généralisé. Il est même certainement plus accusé que ne le comporte le tracé, puisque la dernière température n'a été prise que quatre
heures avant la mort.