‹ De la température du corps humainChapitre 73 sur 150 · J. C. REIL · texte numérisé non relu

J. C. REIL

K La chaleur est un symptôme de la plupart des inflammations; elle se fait remarquer surtout au commencement d'une maladie qui porte le caractère de synoque, elle s'affaiblit dans les périodes plus avancées de la maladie; elle est moins considérable dans le typhus. Un degré modéré de chaleur amène la solution de la fièvre, mais une chaleur violente irrite trop ...»

Les principes de la thérapeutique de Reil ne sont pas moins sages que sa théorie de la fièvre : «L'effet des médicaments est de convertir le mélange vicieux de la matière animale en une matière saine , d'après les lois chimiques. Mais comment les médicaments peuvent-ils agir de cette manière ? Leur action sur l'organe malade est-elle médiate ou immédiate? Agissentils sur la cause éloignée ou sur la cause prochaine de la maladie? Toutes ces questions sont pour nous fort obscures. Il y a peut-être quelques remèdes qui agissent immédiatement sur la partie souffrante et qui corrigent ainsi le mélange vicieux. Mais, dans la plupart des cas, les médicaments n'agissent pas immédiatement sur les organes affectés. Le corps vivant a ses lois chimiques qui lui sont propres; il existe une certaine harmonie entre ses organes, par laquelle les changements opérés sur l'un se communiquent à l'autre. »

Passant en revue les diverses voies par lesquelles peuvent agir les remèdes, Reil dit qu'il est des médicaments dont l'action peut se porter sur l'origine des nerfs ou sur le système des vaisseaux et produire des changements dans les organes les plus reculés. (Cette idée a été fort exploitée de nos jours.) t< Nos connaissances sur les effets des médicaments sont, dit- il, empiriques; nous ignorons par quels procédés ils sont changés dans le corps, quelles modifications ils introduisent dans le mélange et la forme de la matière animale. Aussi notre manière de guérir les fièvres est-elle tout à fait empirique. Nous n'avons point de principes assurés sur la nature de ces maladies ni sur la vertu des médicaments , d'après lesquels nous

puissions établir les bases de la thérapeutique. C'est ce qui a donné lieu à cette foule d'absurdités, d'obscurités, d'hypothèses et de contradictions dont fourmillent les instructions qu'on a données sur le traitement des fièvres, v

Reste à savoir si nos contemporains peuvent se vanter d'avoir fait disparaître toutes ces absurdités et obscurités.

Du traitement de la Jièvre par les bains chauds ou froids et les ablutions, etc. ^ — 55 Les bains modèrent visiblement le degré d'excitation de la force vitale ; ils diminuent la fréquence du pouls et celle de la respiration; ils calment les douleurs, les spasmes, etc. »

«L'eau froide change promptement et presque subitement la température du corps; mais un degré déterminé de chaleur est indispensable pour toute action vitale, et, lorsque ce degré se trouve éprouver tout à coup une diminution considérable, la nature semble employer toutes ses forces pour le rétablir. Peut-être ces deux circonstances, la perte soudaine d'une grande quantité de calorique et la vive réaction des forces vitales, suffisent-elles pour rendre compte des différents états du bain froid? L'expérience a prouvé que le bain froid pouvait être employé avec le plus grand succès dans les fièvres; cependant nous n'avons pas de règles qui fixent avec quelque certitude les cas où il convient de l'employer dans le traitement de ces maladies ... 55

Le même auteur cite Jackson, qui, dans une épidémie de fièvres malignes accompagnées de prostration de forces (typhus sans doute), faisait envelopper les malades dans une couverture trempée d'eau de mer; bientôt après cette application, l'irritabilité diminuait, les forces paraissaient remonter un peu , le malade était plus tranquille , et il s'établissait une trans-

' Extrait du tome I du livre de Reil, de Halle, Sur la connaissance et le traitement des Jiènres.

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