INFLUENCE SUR L'ARRÈT DE CROISSANCE PAR RACHITISME
OBSERVATION XXX. Jeune homme de 18 ans. Taille 1,219. Du 12 février 1899 au 1° juin 1896, il ne gagne rien. On constate que l'ossilication en effet est achevée chez lui.
OBSERVATION xxx1. Jeune homme de 23 ans. Taille 1,504. En 6 mois on n’a aucun résultat. On fait chez lui les mêmes constatations.
OBSERVATION xxx11. Jeune fille de 11 ans. Taille 0,936, Du 28 avril au 2 juin 1896, elle gagne 0,944. Le résultat n’est pas mauvais, mais ici il ne faut pas attendre trop de résultats de la thyroïodine car l'ossification du cubitus et du radius qui ont été observés est achevée.
Le > octobre 1896, elle mesure 0,95. En tout elle à gagné 0,014.
Heubner. en 1896, signale pour les cas de rachilisme l'efficacité particulièrement manifeste d'après ses observalions de la thyroïdothérapie à l'égard de la croissance.
Boullenger. en 1896, dans sa thèse, rapporte trois observations, présentées à la Société de biologie par
M. Bourneville.
OBSERVATIONS XXXII, XXXIV, XX XV. Ce sont 3 myxædèmateux soignés par la médicalion thyroïdienne. Le premier en 4 mois a gagné 2 em., 5.
Le second 3 cm. et le troisième 6 cm.
Boullenger lui-même rapporte d'autres cas. Ce sont:
OBservarTiox xxxvi, Fille de 4 ans. Atteinte d’idiotie myxœdèmateuse, soumise 5 mois au traitement. Taille 0,65. Elle arrive à 0,55 cm.
Elle passe de S k.6 à 9 k. 2.
OBSERVATION XxXxvI, Fille de 5 ans, myxæœdèmaleuse, Taille 0,70. Poids 11,700. Soumise 5 mois au traitement, elle arrive à 0,77 cm. cl à un poids de 11,600.
OBSERVATION xxXxvur. Fille de 16 ans, obèse. Taille 1,27. En 5 mois elle arrive à 1,32.
OBSERVATION xxxIX. Fille de 11 ans. Taille 1,08. En 5 mois elle
gagne 6 em. et arrive à 1,14, OBsERVATION XL. Fille de r1ans. Taille 1,20 en 6 mois elle gagne 3 cm.
etarrive à 1,235. En 6 autres moiselle gagne encore 3 cm.
LENS 7e
Ossenvarron x1r. Fille de 13 ans. Taille 1,36. Elle gagne en 5 mois 3 cm. el arrive à 1,99- !
OBseRvaTION xL1. Fille de 15 ans. Croissance retardée. En 4 mois elle gagne 1/2 cm. et passe de 1,43 à 1,435.
OBSERVATION XLuI. Garçon de 22 ans. Croissance retardée. En 6 mois il gagne 1 cm.
OBSERVATION XLIV. Garçon de 18 ans. En à mois il gagne 2 cm. 5. Arrêt de croissance.
OBSERVATION XLV. Garçon de 23 ans. Arrêt de croissance. En à mois
il gagne 3 cm.
OBSERVATION XLVI. Garçon de 24 ans. Croissance retardée. En 5 mois
IP SaSnetS, Cm, 0.
OBSERVATION XLVII. Sujet de 21 ans, gagne à cm. en » mois.
OBSERVATION XLVIT, Sujet de 20 ans, gagne 6 cm. en à mois. Tous
deux myxæœdémaleux.
OBSERVATION XLIX. Sujel de 15 ans, obèse; gagne 3 cm. en à mois.
Danis, en 1896, cite 59 observations, dont beaucoup sont, ici même, d’idiots myxæœdémateux, de crétins goitreux, d'acromégaliques, tous malades traités et
améliorés par la médication thyroïdienne.
OBSERVATION L. Jaunin en 18095, présente à la Société vaudoise de Médecine, un nain qu'il a commencé à soigner en 1893, alors qu'il avait 16 ans et demi. Le 4 novembre 1893, la taille élait de 1,139. La thyroïde était absente. Traitement commencé le 3 novembre. En août 1895, taille de 1,356. En novembre 1,405. Le malade
a donc gagné 27 cm.
OBSERVATION LI. Kassowitz en 18096, relate l'observation d’un Jeune homme de 20 ans, grand comme un enfant de 8 ans, alleint de myxædème et de crélinisme chez lequel le traitement thyroïdien aeu des effets remarquables. La laille s'est sensiblement accrue. Une
amélioration générale à en outre eu lieu. Il à gagné 13 em.
Vico. dans sa thèse. cile encore de nouveaux cas. en 1898 :
OBSERVATIONS 111. Schmidt essaie la médicalion chez un nain et lui
fait gagner 5 cm. en 1 an.
OBSERVATION LH, LIV, LV. Il rapporte 3 nouveaux cas de Bourneville. Le premier concernant un obèse imbécile qui gagne 5 cm. en 6 mois.
Une autre qui gagne 6 cm. en 5 mois.
Un enfant de 17 ans qui gagne 2 cm., 5 en 5 mois.
OBSERVATION Lvi. De Calabrese, de Naples en 189).
Dans un cas de myxœdème chez un enfant de 10 ans, l’auteur à oblenu grâce au traitement, une augmentation dela taille. En même temps la fontanelle antérieure qui jusque là était restée ouverte se ferma. De plus, à l’aide de la radiographie, on a pu constater Pexis-
tence de nouveaux points d’ossification.
OBSERVATION Lvir. De Servoss, en 1899. Il a soumis une fillette de 3 ans, atteinte de crétinisme, en traitement. La fontanelle qui n’était
pas fermée, avait disparu au bout de 8 mois.
Van Heddeghem, en 1899. nous apporte encore autres observalions dans sa thèse.
OBSERVATION Lviu. Cilée par Bruns en 1896. Femme de 2% ans, atteinte d’acromégalie lypique, très manifeste, à la face, aux mains et aux pieds et qui présentait des troubles nerveux fort pénibles. Il existait aussi un certain degré d’hypertrophie du corps thyroïde. Le traitement eu pour effet de faire disparaitre tous les symplômes nerveux, et, en outre, de faire diminuer le volume des doigts au point que la patiente püt de nouveau ôter el remettre facilement sa bague, se livrer aux travaux manuels, même les plus délicats,
ce dont elle était depuis longtemps déjà, absolument incapable.
OBSERVATION LIX. Cilée par Parker en 1896. Fille de 19 ans, ren-
flements claviculaires pendant le jeune âge, ne commença à marcher
LA RSS
qu'à 5 ans; goître à 8 ans, stationnaire jusqu'à 17 aus où il prit un développement énorme surtout du côté droit. La tête était alors large : absence des os du nez, lordose, taille 0,825. Signes de crélinisme. Traitement cominencé le 15 octobre 1895. Au bout de 3 semaines, sensible diminulion de goître ; à la 10° semaine, taille augmentée de 1 pouce 1/2. En février 1896, la malade commence à marcher avec un point d'appui. En avril, la tête diminue de volume, un petit os apparait dans le nez, la lordose disparaît, la marche est facile. La faille à
progressé de 3 pouces r/2.
Venke,en 1900, fait les constatations que nous avons signalées déjà pour le traitement des enfants arriérés. Citons pour terminer, une observation typique, parue en décembre 1899, dans le journal de la Société de Médecine et que M. le Docteur Destot nous à communi-
quée lui-même.
OBSERVATION LX. Ayant vu une jeune fille de 16 ans que sa mère amenail à l'hôpital pour une tumeur-de la face, M. le docteur Destot, conslalant que la malade était fort pelite et d’une taille notablement inférieure à celle de sa sœur qui la dépassait de la tête, conseilla, après épreuve radiographique qui démontra la présence des cartlilages de conjugaison, l’ingestion de corps thyroïdes. Voulant trop bien faire, la mère en fit prendre dans la même journée 17 à sa fille. Celle-ci, comme de juste, présenta de graves accidents et atteignit la température de 41°,5. On craignit fortement pour ses jours. Mais, une fois rétablie, on put constater que son radius avait allongé de 2 cm. En même temps, la malade grandit d’une façon assez notableen l’espace de 15 jours. La mère effrayée ne voulut pas recommencer le traitement
même sagement institué, et les choses en restèrent-là.
OBSERVATION LXI. Le Docteur Ser, en 1900, cite dans sa thèse un cas d'infantilisme recueilli chez M. le professeur Ollier. Sujet de
17 ans 1/2. Taille 1,26 qui gagna 3 cm. en + mois par le traitement.
FI
INFLUENCE DU CORPS THYROÏDE SUR LE SQUELETTE CHEZ LES ANIMAUX. — Nous n'avons en vue ici que les expériences qui ont porté directement sur la croissance, sans nous préoccuper des fractures expérimentales qui seront exposées dans un chapitre distinct. Nous allons tenter de prouver cette influence par les tentatives de thyroïdectomie qui ont été pratiquées sur les animaux: Lancereaux en 1893 insiste sur le rôle important du corps thyroïde sur la croissance et prouve que la thyroïdectornie chez les animaux comme chez l’enfant entrave l'ossificalion. Glev indique les troubles de croissance chez ces derniers lorsqu'ils sont thyroïdectomisés el présente en 1894 à la Société de biologie une chèvre à laquelle il avait enlevé le corps thyroïde à l’âge de 6 mois, el qui, à la suile de cette opération avait présenté entre autres phénomènes, une pelilesse fort marquée de la taille,
Trachewsky, comme nous l'avons déjà dit, démontre en 1899, l’action de la glande thyroïde de la mère sur le développement du squelette du fœtus en produisant les symptômes du rachilisme chez les fœtus d'animaux en gestation auxquels il avait enlevé le corps thyroïde.
Quelques mois ensuite, Hofmeister étudie sur les lapins auxquels il enlève la glande thyroïde en laissant Ies glandes parathyroïdes, les modifications surtout histolo giques du squelette, conséculives à celle extirpation. I
note particulièrement un raccourcissement notable de
l'accroissement des os, surtout en longueur, raccourcissement qui ne consisle pas dans une ossificalion prémalurée des cartilages de conjugaison, mais reconnait, au contraire, pour cause un retard dans leur ossification. Pour lui, l'arrêt de croissance relève d'une dégénérescence spéciale de ces cartilages, caractérisée par la destruction partielle des cellules, tandis que la substance fondamentale augmente d'épaisseur et subit une lransformation fibrillaire et une dilatation vésiculaire de ses cavilés. Il remarque, en outre, que les altérations des cartilages d'accroissement offrent une grande analogie. sinon une identité avec celles que lon observe dans l'affection décrite sous le nom de rachitisme fœtal.
En résumé, c'est une maladie du cartilage épiphysaire aux dépens duquel se fait l'accroissement des os longs. Cette maladie consiste en une diminution de la proliféralion cellulaire normale et, en même temps. en une formation excessive de la substance interslitielle du carlilage. Hofmeister proposait pour cette affection spéciale du cartilage inter-épiphysaire le nom un peu barbare de : Chondrodystrophia thyreopriva.
Citons, à titre de rapprochement, les résultats radiographiques de Joachimsthal, en 1899, de Fexamen du squelette chez quatre nains, un cas d'achondroplasie ou chondrodystrophie fœtale, un cas de myxœdème infanile. L'auteur insiste sur la longue persistance du cartilage de conjugaison chez les nains, de 30-36 ans d'âge. expliquant ces faits d'accroissement subit de la taille chez des nains âgés, fait déjà signalé par Geoffroy Saint- Hilaire.
Von Eiselsberg, de Vienne, dans un remarquable mé-
— Ori —
moire publié dans les archives de Langenbeck, fait une étude expérimentale très complète des troubles du développement du squelette et en particulier de la croissance, survenus chez les animaux à la suite de l'extirpation de la thyroïde. Il à nettement mis en évidence, en opérant sur des herbivores (agneaux et chevreaux) et non sur des carnivores qui succombent de bonne heure après l'opération, l'action de la glande sur la croissance. Chez des animaux éthvroïdés, il à constalé un arrêt très notable de Faccroissement. La tête a subi une modificalion de formes. Elle est comme aplatie d'avant en arrière. Les cornes sont altrophiées.
Enfin. viennent les recherches fort remarquables de Hanau et Steinlein. sur l'influence de la glande vis-à-vis du cal et des fractures, et que nous étudierons dans un autre chapitre.
C'est en parlant des expériences de Hanau et Steinlein que Gauthier de Charolles à émis l'opinion que certains individus, normaux en apparence, élaient atteints d'insuffisance thyroïdienne. Cette insuffisance se traduit après une fracture par un relard dans la consolidation, de sorte que le traitement (hyroïdien est indiqué.
Sur ces données, s'est appuyé aussi le D' Lambret, de Lille, qui a essayé avec succès la médication dans des cas de fractures ordinaires et récentes pour hâter la consolidation, qui est singulièrement hälive chez les enfants.
Des essais nombreux ont eu lieu depuis par Quénu el Reclus, Folet, Van Heddeghem, Feria, dont on trouvera la confirmation à la fin de ce travail.
Veillon, dans sa thèse, en 1897, dit que chez Ies ani
HO
maux thyroïdectomisés, le cartilage épiphysaire offre des altérations régressives de sa substance fondamentale. IL est pauvre en cellules, la calcification est irrégulière et incomplète. D'autre part, comme l'ostéogénie enchondrale est elle-même retardée et défectueuse, le disque cartilagineux persiste d'une façon anormale, malgré l'hypoplasie générale du squelette. C'est ce que Hofmeister a appelé la chondrodystrophie thyréoprive et rapproché de ce que Kauffmann appelle le rachitisme fætal. Enfin, récemment, en 1897, Springer et Serbanesco,ont démontré à l'aide des rayons Rœntgen, la persistance des cartilages de conjugaison chez les myxædèmateux jusqu'à un âge avancé.
Schmidt, de Francfort-sur-Mein, Gasne et Londe ont fait les mêmes constatalions. |
Rappelons ici les résultats des expériences de Joa-
chimsthal cités plus haut.
PATHOGÉNIE PHYSIOLOGIQUE DE L'ACTION DE LA GLANDE SUR LE SQUELETTE. — Nous devons, à présent, chercher à nous expliquer comment les anomalies de la fonction thyroïdienne peuvent amener tous ces troubles divers que nous avons cherché à analyser le plus complètement possible. Il faut avouer cependant que les connaissances actuelles à cet égard sont encore peu avancées el que l'on est réduit à faire des conjectures, probables, mais non certaines.
Les différentes théories que nous avons exposées à l'article Physiologie, doivent être rappelées ici, car d'elles
seules découlent naturellement les conséquences amences
eue
par la pathologie du corps thyroïde. Nous ne nous étendrons plus sur les théories de Schiff, Kocher. Morin, Notkine, Ewald, Brissaud, pour lesquels une substance isolée par extraction du corps thyroïde, neutraliserait ou décomposerait dans ce dernier,ou en dehors de lui, des produits sans doute toxiques, provenant de la désassimilation. Cette substance serait la thyroïodine, pour Baumann, la thyroantitoxine, pour Fraenkel.
Ces produits toxiques neutralisés où décomposés par elle, et provenant des échanges, créeraient de toutes pièces la cachexie strumiprive, et surtout les troubles de croissance chez les dysthyroïdiens, d'ordre congénilal ou acquis. Quant à ces produits toxiques, Notkine croit les avoir découverts dans sa thyroprotéide. Nous avons vu plus haut que la théorie antitoxique de ce dernier auteur à été vivement criliquée et contestée par Gauthier de Charolles.
En tout cas, que ces produits toxiques existent sans être neutralisés, ou que le principe qui augmente l'intensité des échanges dans l'organisme, d’après Gauthier, manque, la nutrition souffre. L'activité cellulaire, dans le premier cas, est amoindrie, peut-être aussi les cellules qui ont pour but de retenir et d'utiliser les matériaux nutrilifs sont-elles adultérées ? Si la sécrétion est normale, l’activité des échanges a lieu. Si, au contraire, cette même sécrétion est diminuée ou manque, la nutrilion souffre et le myxœdème apparait avec tout son cortège, ses troubles physiques et intellectuels.
La glande ne sécrète-t-elle pas une antitoxine, comme le dit Notkine, mais un produit d'ordre et d'action chi-
mique directs, comme le dit Gauthier, une leucomaïne
SH ONRRSE
exerçant une stimulation spéciale, une sorte de glycooène, comme on l'a avancé, on s'explique les troubles rapportés à l'hyperfonctionnement de la glande.
Ce produit, en quantité normale exciterait la nutrilion, mais absent ou en quantité insuffisante, il amènerait du ralentissement de la nutrilion : en excès, une accélération des échanges, d'où maigreur rapide. éliminalion considérable d'azote.
Dans un cas, par conséquent. nous avons une inloxication, dans l'autre, soit un ralentissement, soit un excès de nutrition. Nous avons exposé plus haut. ce que nous penserions, si nous osions formuler une hypothèse à cel évard.
Quoi qu'il en soit. que celle sécrélion soit anormale en qualité ou en quantité, sur quoi agilt-elle ? localement sur le système nerveux, où dans tout l'organisme. dans l'intimité des tissus en présidant aux phénomènes d'échanges cellulaires ? Quant à ce qui concerne la sécrélion normale, d'après Danis, « la théorie nerveuse semble se rapprocher de la vérité », les altérations de la fonction thyroïdienne amènent surtout des troubles trophiques. el, dit Brissaud : « Le système nerveux est évidemment le régulateur de tous les phénomènes trophiques. el, c'est lui qui est investi du pouvoir suprême dans la fédération des éléments anatomiques. C'est lui qui distribue la tâche à tous les appareils. à tous les viscères, à toutes les cellules, qui commande le rôle et la destinée de chaque organe, qui arrête les empiètements des uns et secoue l’apathie des autres, en un mot. qui met un frein à l'individualisme cellulaire, d'où résulte-
rail infailliblement l'anarchie ». Du reste. continue Danis.
on observe des convulsions, de la tétanie, de la dyspnée. à la suite de la thyroïdectomie; de la lachycardie, de l'insomnie, de l'agitation, du tremblement à la suite de l'hyperthyroïdisation. Ne sont-ce pas dès phénomènes nerveux de premier ordre, et ce seul fait, ajoute-t-il, ne démontre-t-il pas assez que la glande agit principalement sur le système nerveux.
Le D' Rivière, en 1896, dit aussi que l’on peut considérer comme un fait acquis, au point de vue physiologique, l'influence de l'appareil thyroïdien sur le bon
fonctionnement de l'appareil nerveux central.
GA PLTR ESRI
La Thyroïodine.
SOMMAIRE — Principes organiques de la sécrélion thyroïdienne. — Ilistorique de la médication thyroïdienne. — Greffes. — Injections. — Ingestion. — Historique de la thyroïodine. — Sa
découverte et sa préparation.
Action de la thyroïodine : sur les échanges ; sur la croissance: sur les fractures, el les retards de consolidation.
Pathogénie de l’action de la médicalion sur l’ostéogénèse.
PRINCIPES ORGANIQUES DE LA SÉCRÉTION THYROÏDIENNE. — Nombre d'auteurs se sont préoccupés de chercher quels élaient les principes qui pouvaient bien agir dans la glande thyroïde, et nous allons voir que les corps qui x ont élé trouvés élaient uliles à connaître. car c'est de leur constatation qu'à découlé en grande partie l'opothérapie thyroïdienne.
Oswald, en 1899. s'occupe de celle question au point de vue de la sécrétion propre de la glande. sans vouloir la discuter.
En lrailant, ditil, des glandes de pore par la solution physiologique de chlorure de sodium. et, en filtrant ensuite 1e mélange, on peut isoler dans le liquide deux
substances, Fune qui se précipile quand on sature à
moilié le liquide avec du sulfure d’ammonium a tous les caractères de la globuline et renferme de liode. L'auteur la désigne sous le nom de thyroglobuline. En débarrassant le liquide de cette dernière et en Ie trailant de nouveau par le sulfate d'ammonium, on obtient un second précipilé. une nucléoprotéide, qui ne renferme pas d’iode, mais contient du phosphore.
Les recherches faites sur les animaux, ainsi que sur deux individus atteints de myxœdème. ont montré que seule, la thyroglobuline contient les principes actifs de la glande thyroïde, et que son action est la même que celles des glandes thyroïdes en nalure ou de liodoth\rine. L'étude chimique de celle-ci, ou de la thyroglobuline a montré à Oswald que cette dernière est plus riche en iode (14.3 pour 100 d'iode au lieu de 9.3 pour 100) et que par conséquent, elle-est aussi plus active que la première.
Dans une autre série de recherches, lauteur à établi que la thyroglobuline, ainsi que la nucléoprotéide qu'il a isolées, sont contenues dans la substance colloïde. Dans ces conditions. cette substance doit être considérée comme le produit de sécrétion de la glande thyroïde, d'autant que, suivant la plupart des histologistes (Langendorff, Harthle etautres), la substance colloïde se forme d'après le même processus que celui de toutes les autres sécrélions. La seule différence avec les autres résiderait en ce fait qu'eile ne s'écoule pas par un canal excréteur, mais pénètre ici dans la circulation générale par les vaisseaux Iymphaliques. Revilliod, dans la Suisse Ro-
mande, en 1895, exposant la théorie de Notkine de Kiew,
s'explique d'abord sur les découvertes qu'a faites celui-ci, puis les applique aux maladies thyroïdiennes.
On aurait, dans la glande, une substance albuminoïde : la thyroprotéide. C'est le déchet des échanges dans l'organisme, qui, s'il est en excès dans celui-ci, y cause des troubles qui se traduisent par la cachexie strumiprive dans ses différents lypes. Cette substance existe dans toute l'économie, mais la glande thyroïde, chargée de lemmagasiner, la détruit, la neutralise, grâce à une deuxième substance que nous verrons ensuite et qui agit au sein même du tissu glandulaire. Si cette substance n'est pas neutralisée et éliminée, elle cause dans les téguments l'état pachydermique, qui peut s'accompagner du goitre dit colloïde, intéressant sous le nom de myxodème, la nutrition en général.
On trouverait encore une autre substance : un ferment spécial, l'enzyme — produit par la sécrétion interne de la glande, qui serait cette substance bienfaisante chargée de neutraliser la première dont nous avons parlé, emmagasinée dans l'organisme en général et le corps thyroïde en particulier, de la transformer en un principe indispensable au bon fonctionnement de l’organisme : la thyréoiodine qui sera déversée dans le torrent circulatoire. Mais si celte sécrétion est en excès, on aura la maladie de Basedow. Donc, le maintien de l'équilibre physiologique exige que ces deux substances soient en quantité proportionnelle. La cachexie myxœdémateuse, strumiprive, pachydermique viendrait par conséquent de la substance protéide en trop ou de la sécrétion thyroïdienne en moins. Il faudra donc fournir à ce groupe
ou la
m\xœædémateux cette sécrétion qui lui manque
glande elle-même débarrassée de la thyroprotéide. La cachexie basedowienne, hyperthyroïdienne, le thyroïdisme viendraient de la substance thyroprotéide en moins ou de la sécrétion interne en trop. Il faudrait donc fournir à ce groupe basedowien de la thyroprotéide pour utiliser l'excès de sécrétion interne. Mais on ne l’a pas encore isolée. Celte théorie, comme nous l'avons déjà dit plusieurs fois, est très critiquée.
D'autres auteurs ont recherché un corps détini dans la
glande et ont voulu l'y doser. On a surtout étudié l'iode.
Pour Aufrecht, la glande thyroïde, d'après recherches
faites en 1897, contient, fraîche :
DATE RO TO MOIOM ET AISSE rer ce 0.52 oo
Malières organiques... 19.41 — Substance gélalincuse 2.6» —