‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 30 sur 63 · Î. — MÉDICATION THYROÏDIENNE DANS LES FRACTURES RÉCENTES · texte numérisé non relu

Î. — MÉDICATION THYROÏDIENNE DANS LES FRACTURES RÉCENTES

Nous retrouvons à titre de document intéressant en la matière, deux observations de Tachard, dans le Bullelin de la Société de chirurgie de Paris, 1895, qui présenta à cette époque deux malades traités par des injections

interfragmentaires de teinture d'iode.

Chez le premier malade, retard de consolidation pour fracture des deux os de la jambe. Quatre mois de traitement inutile. Dès la deuxième injection, la consolidation commence et est complète en un mois.

Chez le deuxième, pseudarthrose véritable ; la fracture, siluée à la jambe, avait été traitée dix mois sans résullat. En deux mois, la

consolidation fut complète.

Nous ne voulons pas faire rentrer ces deux observalions parmi celles qui ressortent à la médication thyroï dienne, car il est plus que probable que les résultats sont dus bien plutôt à l'action irrilante et locale de l'iode qu'à une action générale de eclle-ci.

o] MIO

M. le D' Delore, chef de clinique chirurgicale à l'Hôtel- Dieu de Lyon, dans le service de M. le professeur Poncet, a bien voulu nous communiquer les résultats qu'il à eus dans des fractures récentes.

Dans une dizaine de cas qui se rapporlaient presque tous à des fractures de jambe du tiers inférieur, il à employé la thyroïodine, pendant le trimestre août-novembre 1900. Toujours, dans ces quelques cas. la consolidation s'est effectuée dans le délai minimum.

Ces observations ne nous ayant pas été données in exlenso, nous ne pouvons les rapporter en détail. mais

le résullalt massif en est fort intéressant à constater.

OBSERVATION [ (inédite)

(due à l'obligeance de AL le D' Delore, Chef de Clinique chirurgicale

service de M. le professeur Poncet).

En février 1900, M. le D' Delore eut à soigner un jeune homme de 28 ans, qui, en passant à Lyon sur le cours Morand, tomba et se fil une fracture de jambe au liers moyen.

Le sujet, marié, ne présentait aucun antlécédent d’alcoolisme, ni albuminurie, bref aucune tare organique. Sa fracture était simple. Mis le soir même de l'accident dans un plâtre, on lui administra de suite 0,10 centigrammes de thyroïodine pendant quinze jours, puis on refil un nouveau plâtre. Le cal était dur et paraissait solide. On cessa alors la médication. Le cal, examiné trois semaines ensuite élail devenu mou. On administra de nouveau au malade de la thyroïdine à raison de o, 10 centigrammes par jour. IL marchail deux mois après el son cal avait une solidité parfaile. Pendant sa formation définilive, on nola une vaso-dilalalion considérable de la

région.

OBSERVATION If (inédite) {due à l'obligeance de M. le D' Delore, service de M. le professeur Poncet).

Il s’agit d’un homme de 35 ans, qui se casse la jambe en tombant rue Duquesne, à Lyon, le 25 juin.

Pas d’antécédents, pas de lares organiques, mais le malade ne semble pas avoir de résistance physique, il est pâle, maigre. De plus il a de gros soucis commerciaux.

Fracture compliquée du tiers inférieur, il existe un petit orifice. On fait un pansement de suite. Température de 38°. Quinze jours après, le 10 juillet, M. Delore applique un plâtre.

Le 15 juillet, on commence à donner de l’iodothyrine jusqu'au 3r d’abord à 0,10 centigrammes, puis à 6,20 centigrammes. Le 31 juillet, pas de consolidation. On supprime la médication, la plaie se ferme.

Le 15 août, pas trace de consolidation, pas de trace de cal ; on sent très bien la déformalion osseuse et, devant un si grand retard de régénération osseuse, M. Delore craint une ostéile.

Le r°* septembre, il y a un début de cal, un semblant de consolidation. Le traitement thyroïdien avail été institué de nouveau depuis le 15 août. On le supprime.

Le 15 septembre. le malade est vu de nouveau. Le cal a rétrocédé, ou du moins le membre est tel que quinze jours avant. Le traitement est donné pour la troisième fois. Le malade part à la campagne. Huit jours après, la consolidation avait lieu.

Sur ces entrefaites, le malade qui dirigeait sa maison de commerce de son lit, et avait de grands soucis, car ses affaires périclitaient,

élail revenu à la quiétude, ayant vendu sa maison.

Ces deux observations sont fort curieuses en ce sens que l’on est obligé de donner la thyroïodine jusqu’à deux ou trois fois successivement avant que l'organisme ait les matériaux suffisants pour faire du tissu osseux. Dans les intervalles, ces individus, atteints sans doute d'insuffisance thyroïdienne, comme le dit si justement Gau-

thier, voyaient leur cal rétrocéder.

OBSERVATION II (inédite) (due à l’obligeance de M. Paltel, interne à l’Hôtel-Dieu de Lyon, service de M. le D' Jaboulay, 1900).

C..., machinisie au théâtre, 40 ans, entre le 3 juillet. Il est tombé d'une échelle sur le talon. Pas d’antécédents, marié, plusieurs enfants en bonne santé. Après son accident, il n’a pu marcher.

Enorme gonflement, impotence fonctionnelle complète, douleur, ecchymose. On ne fait pas de plâtre, mais on met le membre inférieur dans une gouttière simple.

L'æœdème disparu, on constate un élargissement énorme du calcanéum, un affaissement considérable de la voüte plantaire. La distance de la malléole externe à la plante est diminuée. La radiographie ne peut servir au diagnostic. On porte celui de fracture par écrasement ou tassement du calcanéum. On note aussi une dévialion de la tête de l’astragale, qui est plus saillant du côté du scaphoïde. Il y a peut-être un peu de luxation astragalo-scaphoïdienne.

Traitement thyroïdien instilué de suite, 0,10 centigrammes, liqueur de Fowler X gouttes, vin de quina. Le trailement est bien supporté.

Le malade se fait lui-même quotidiennement des massages. Il se lève au bout du quarante-deuxième jour, peut appuyer le pied par terre ; il marche sans béquilles et facilement.

Ce résultat est fort remarquable car les fractures du calcanéum sont d'ordinaire fort longues à se consolider, et il faut souvent compter plusieurs mois avant que le blessé n'ait retrouvé son assiette

ordinaire.

OBSERVATION IV (inédite)

(due à l'obligeance de M. Viannay, interne à l'Hôtel-Dieu de Lyon. service de M. le D' Jaboulay, 1900).

N..., 19 ans, cultivateur, entre le 3 mai 1900 dans le service de M. Jaboulay. À fait, il y a trois jours, une chute d’une haute meule

de paille sur les pieds joints. Le pied droit s’est tordu en dedans

dans la chute. Le malade n’a pu se relever. Le pied droit est tuméfié. On diagnostique une fracture bimalléolaire.

A l'entrée, tuméfaction uniforme de la région bimalléolaire de la jambe droite qui est elle-même globuleuse dans son ensemble. Teinte ecchymotique de la peau surtout à la partie interne.

Point douloureux à deux travers de doigt au-dessus de la pointe de la malléole interne; autre point douloureux à trois travers de doigt au dessus de la pointe de la malléole externe.

Légère mobilité anormale dont la recherche est fort douloureuse.

Diagnostic : fracture bimalléolaire par adduction.

Goullière métallique pendant trois jours, puis appareil plâtré.

10 mai. — Trailement thyroïdien, 0,0 centigrammes de thyroiïdine pendant lrois semaines. Traitément bien supporté.

25 mai. — Le malade soulève la jambe y compris l'appareil.

31 mai. — On enlève le plâtre. La mobilité anormale à disparu

de même que la douleur. Raïdeur de l'articulation libio-tarsicnne. Le malade se lève. Il quitte l'hôpital le 10 juin, bien guéri. La guérison a eu lieu en trente jours, ce qui est peu pour une fracture bimalléolaire.

OBSERVATION V (inédite)

(due à l’obligeance de M. Palel, interne de l’Hôlel-Dieu de Lyon,

service de M. le D' Jaboulay, 1900.)

Lespine, Raymond, 65 ans, entre le 30 mai. Fracture bimalléolaire.

Bien portant. Pas d’antécédents.

Appareil plâtré, gardé 39 jours. Traitement thyroïdien à 0,10 cen tigrammes dès le début avec adjonction de la liqueur de Fowler, X gouttes par jour. Traitement bien supporté.

Marche au bout de 48 jours. Tout est bien réparé. Quelques douleurs au niveau du tendon d'Achille.

Vu l’âge, la guérison a élé assez rapide.

Le malade, revu en octobre, marche avec facilité.

ho —

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