‹ De la toxicité des alcoolsChapitre 17 sur 26 · LAPIN · texte numérisé non relu

LAPIN

injectée par kil. d'animal

kilos

17 avril.

Mort en 110 h.

5 mars.

Survie:

15 avril.

Mort en 40 h.

23 avril.

Mort en 15 li.

11 mars.

iO.73

Survie.

'i3 avril.

Survie.

28 avril.

Survie.

12 mars.

dO.98

Mort en 50 h.

9 mars.

Mort en 7i h.

3 mars.

Mort en 20 h.

2 février.

Alort en 36 h.

30 janvier.

Mort en 14 h.

Alcool dHindustrie (1),

Pensant qu'il serait utile d'être renseigné d'une façon précise sur le degré de toxicité de Talcool, aux différents moments, d'une opération de distillation quia duré 48 heures depuis le moment où l'alcool commençait à s'écouler jusqu'à la fin de l'opération, M. Joffroy a fait prélever des échantillons de façon à pouvoir fixer la toxicité des alcools de tête, à la première, à la deuxième, à la troisième heure, etic, et ainsi de suite de manière à arriver progressivement au goût moyen, an bon goût, à l'alcool de cœur, et redescendre ensuite la série en sens inverse^ pour terminer par les alcools de queue aux dernières heures de distillàtioBw Les échantillons ainsi fournis résultant d'une distillation de topinambour ont été au nombre de 45; un certain nombre d'entre eux ont été expérimentés.

1^ Alcools de cœur. — L'échantillon de cet alcool pris à la 2T heure de la distillation et correspondant au N° 22 avait bien le coefficient de toxicité de l'alcool éthylique, et même, fait à noter, la plupart des chiens auxquels il en fut injecté 7 grammes 70 par kilogramme ont survécu.

2"" Alcools mauvais goût de tête, — Pour déterminer la toxicité des alcools mauvais goût, l'échantillon choi?iaété le N° 3 recueilli une demi-heure après le début du coulage

(1) Les résultats donnés dans ce paragraphe et qui concernent uniquement les alcools de topinambour ont été vérifiés depuis par M. Joffroy pour les alcools de betterave.

et présentant un goût très désagréable et une odeur très forte de mauvais rhum.

« Cet alcool mauvais goût de tête, que j'ai expéri- « mente, dit M. Joffroy, a passé une demi-heure après le « début du coulage, alors que le degré alcoolique était déjà « de 93 degrés, et que la température était descendue à << 79 degrés. Tout-à-fait au début du coulage, la tempé- « rature s'est élevée à 80 degrés, et on a recueilli un « liquide à odeur extrêmement désagréable et très forte, « d'aspect huileux. Ce liquide ne titre que 50 degrés à « l'éprouvette, et si on lui ajoute de l'eau, afin de dimi- « nuer le titre alcoolique, on obtient une émulsion. On ne « peut pas, par conséquent, l'injecter dans les vaisseaux « des animaux, et les injections intra-musculaires seules « sont possibles. Actuellement, je ne m'occuperai pas de « ce liquide avec lequel on ne pourrait pas faire deseaux- « de-vie de table, et je fais des, réserves sur la toxicité de « ce produit auquel on ne saurait légitimement appliquer « les conclusions que je pourrais tirer de l'étude de l'alcool « mauvais goût N** 3, qui, lui, est un alcool également de «; mauvais goût, mais incolore et miscible à l'eau en tou- « tes proportions.

« J'ai injecté, dans les muscles de la cuisse d'un chien, «6 centimètres cubes par kilogramme de cet alcool N° « 3 ; le chien ayant très bien et très rapidement guéri, « j'en ai alors injecté dans les muscles de la cuisse, à rai- « son de 7 centimètres cubes par kilogramme, à un chien « pesant 6 k. 900. L'animal présente rapidement les signes « d'une ivresse manifeste, il y a de l'agitation, la marche « devient chancelante, et en moins de quarante minutes, il

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« est plongé dans le coma le plus profond. La température « centrale, qui était au début de 39 °1, s'abaisse progrès- ^ « sivement jusqu'à 36 degrés.

« Le lendemain matin, vingt et une heures après Tin- « jection d'alcool, le chien est complètement revenu à « lui. La température est de 39 degrés, et il s'est mis « immédiatement à boire le lait qu'«:)n lui a présenté. « Voilà donc une première expérience, qui nous montre « que le coefficient de toxicité de cet alcool est plusse de 7, et par conséquent ne s'éloigne pas beaucoup du « coefficient de toxicité de l'alcool éthylique.

« Nous avons répété la même expérience sur un autre « chien du poids de 11 k. 865, en injectant 7 centimètres « cubes par kilogramme d'animal de ce m^me alcool de « tête. Mais cette fois, au lieu de mettre l'alcool dans « l'épaisseur des muscles, nous l'injectons directement « dans les veines, après l'avoir ramené à 18 degrés.

« L'injection, qui correspond à 462 centimètres cubes « de liquide, est faite lentement et dure une demi-heure. « Au bout de 20 minutes, le chien est dans le coma. Une « heure et demie après le début de l'injection, sa tempé- « rature centrale est tombée de 39' 7 à 37 degrés. Elle « s'abaissa jusqu'à 33* 9, pour ensuite se relever progres- « sivement.

« Neuf heures après l'injection, le coma est moins pro- « fond ; quand on pince violemment la queue de l'animal, « il relève la tête et fait en^eidre une plainte. Le lende- « matin, quand on entre dans le laboratoire, on trouve « le chien debout et il se' précipite dans la cour.

€ Voilà donc encore une expérience qui nous montre

« que la survie est possible avec la présence dans le sang 4( de 7 centimètres cubes d'alcool mauvais goût de tête 4C par kilogramme d'animal.

« Il y avait lieu de se demander si ce faible pouvoir « toxique que nous trouvions à ces alcools mauvais goût « n'était pas limité aux alcools de tête. On pouvait sup- « poser, en effet, que ces produits qui passent au début de « l'opération, étant plus volatils, étaient éliminés plus fa- « cilement par l'animal et que leur élimination pouvait « se faire parliellement, au moins par la respiration, tan- « dis que le phénomène inverse se produirait pour les « alcools de queue et que l'élimination se ferait plus dif- « ficilement^pour ces derniers. »

3* Alcools mauvais goût de queue. — Les expériences ont été faites avec l'échantillon N*» 42, recueilli une demiheure avant la fin de l'opération de distillation. Cet alcool de queue N° 42, passant une demi-heure avant la fin de l'opération, est un liquide alcoolique qui titre encore 86 degrés à l'éprouve tte et qui passe à la température déjà assez haute de 88 degrés.

Les derniers liquides qui passent à la distillation à la température de 100 degrés n'ont plus qu'un degré alcoolique de 43, et de plus forment une véritable émulsion qui ne tarde pas, pour le repos, à se séparer en deux couches, une couche inférieure transparente et une couche supérieure, huileuse de couleur jaune brun. C'est Tiasolubilité de ces derniers produits qui a fait choisir le liquide alcoolique passant un peu avant la fin de l'opération.

On a injecté cet échantillon n^ 42, d'alcool mauvais

goût de queue ramené à 20 degrés, dans les muscles db !a cuisse de deux chiens ; au premier à raison de 6^3 50 par kilogramme ; au second à raison de 6c3 70 par kilogramme. Les premiers symptômes observés ont été les mêmes que dans les observations précédentes, mais la température s'est abaissée jusqu'à 35 degrés dans les deux cas, et les phénomènes de l'ivresse, au lieu d'avoir duré un peu moins de vingt-quatre heures, ont duré quarante heures environ.

A un troisième chien du poids de 11 kilog. 593 il a été injecté dans une veine du pU de l'aine 7 centimètres cubes par kilogramme de ce même alcool mauvais goût de queue.

L'injection a été faite très lentement, la température qui était de 38%5 au début est descendue jusqu'à 36°. Elle a commencé à se relever dès le soir même, et le lendemain matin le chien était rétabli.

En résumé : L'équivalent toxique vrai de l'alcool de cœur de topinambour est le même que celui de l'alcool -éthylique soit 7,80, les alcools mauvais goût de tête et de queue ont à peu près le mêmtî degré de toxicité puisque le chiffre exprimant le coefficient de toxicité est supérieur ou au moins égal à 7, les chiens auxquels on a injecté dans les muscles ou dans les veines 7 centimètres cubes ■de cet alcool mauvais goût ayant tous survécu.

En |)X.éseiice de ces résultats, nous croyons jui^te de conclure avec M. Joffroy :

I* Que l'idée que l'on se faisait jusqu'à ce jour de la toxicité beaucoup plus con&idérable 4e« alcodk -mauvais

goût comparativement à Talcool rectifié est une idée très exagérée ;

2® Que les chiffres trouvés pour ces alcools mauvais goût de topinambour se rapprochent beauccup des chiffres trouvés expérimentalement pour le cognac et pour le rhum ce qui montre combien est peu fondée cette assertion; que les alcools d'industrie sont plus toxiques que les alcools dits naturels et que c'est à leur mauvaise qualité qu'il faut attribuer en grande partie le développement de l'alcoolisme.

FurfuroL

(Aldéhyde pyromucique).

Equivalent toxique vrai. — MM. Jolfroy et Serveaux ont déterminé quelle était la toxicité vraie du furfurol pour le chien et le lapin (emploi du vase de Mariotte, injections intra-veineuses).

Les injections ont été faites, soit avec des solutions de furfurol assez étendues (1 à 5 p. 1000), soit avec des solutions relativement concentrées (5 et 7 p. 100). Voici sous forme de tableaux les résultats obtenus ;

Toxicité vî^aie. — Chiens.

Solutions étendues.

DATE de

L'EXPERIENCE

POIDS du

CHIEN

QUANTITE

DE FURFUROL

injectée à ranimai

QUANTITÉ

DE FURFUROL

injectée par kilogr.

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