RÉSUMÉ SUR LA TOXICITÉ DU CITRATE DE SOUDE EN INJECTION INTRAVEINEUSE
1° Caractère et nature des symptômes.
Le choc citratique s’est exprimé dans 35 expériences par la brutalité, l’instantanéité et la brièveté des signes d’intolérance. C'est bien la caractéristique d’un choc hémoclasique extrêmement violent, mais de peu de durée.
Quant à la nature des symptômes, ceux-ci se manifestèrent très souvent (environ 8 fois sur 10) par des mictions parfois impérieuses ou abondantes et par des défécations normales mais deux fois violentes.
Très souvent aussi (environ 6 fois sur 10), se produisit une brutale et courte tétanie généralisée (deux fois nettement rythmique) accompagnant une chute brusaue et suivie assez souvent de mouvements myotoniques ou myocloniques. Une fois seulement, ces mouvements se produisirent ensemble sans succéder à une tétanie (expérience avec 24 centior. 27 de citrate par kilogramme).
Du côté de la respiration, les animaux poussèrent des cris ou des plaintes et furent pris très souvent de dyspnée (environ 8 fois sur ro) généralement forte et qui a pu aller une fois jusqu’à un ralentissement considérable des mouvements respiratoires (expérience avec 2s cter. 87 de citrate par kilogramme). La polypnée fut également très fréquente mais la plupart du temps légère. Quelques chiens eurent 1ne respiration sifflante et bruyante ou firent entendre un bruit de cornage: mais quelques autres par contre furent aphones, la bouche ouverte comme au cours d’une asphyxie.
Enfin l’endroit d'injection a laissé assez souvent sourdre et surtout pour les doses mortelles, un sang ne se coagulant pas et coulant abondamment, parfois après l’abolition du réflexe oculo-palpébral. Nous avons vu une fois de la paraplégie passagère (expérience avec 14 centior. o2 de citrate par kilogramme), une autre fois du hérissement des poils des régions dorsale, rénale et caudale (expérience avec 31 centigr. 84 de citrate par kilogramme), quatre fois une démarche chancelante, mal assurée, la tête basse.
Mais dans tous les cas, les animaux ont manifesté un impérieux besoin d’agitation traduisant l’inquiétude profonde de leur phvysionomie qui semblait être l’épiphénomène de tous ces symptômes objectifs.
2° Durée des symptômes et doses toxiques.
Lorsque la dose de citrate de soude n’a pas été suffisante pour
provoquer la mort, les chiens se sont toujours remis très vite par une disparition totale de tous les symptômes.
La durée du choc depuis l'injection jusqu’à la disparition de tout signe objectif a été en moyenne de 4 à 6 minutes, les chocs légers ont duré 1 à 3 minutes, les plus forts 7 à o minutes, la durée maxima du choc s’est produite dans l’expérience avec 25 ctgr 81 et a été de 14 minutes.
Les prodrômes d’intolérance se sont manifestés pour une dose de 7 centigr. 57 de citrate de soude par kilogramme d’animal; la plus forte dose pour laquelle nous n’avons pas observé de signe d’intolérance a été de 8 centigr. 19.
Les doses mortelles de citrate de soude ont débuté au taux de 24 centigr. 00 et la plus forte dose n’ayant pas été mortelle a été de 25 centigr. 81.
IV. — Le gluconate de calcium comme antidote du citrate de soude
Il est un procédé permettant d'éviter d’une façon sûre le choc citratique : c’est l’injection intraveineuse préalable d’une solution de chlorure de calcium. M. le Professeur PANISSET l’a expérimenté et a conclu qu’il était « d’une efficacité quasi-immédiate ».
Nous avons opéré avec le gluconate de calcium parce que l’on fait au chlorure de calcium le reproche de pouvoir provoquer une nécrose à l'endroit d'injection. Le gluconate de calcium n’a pas cet inconvénient et peut donc s’employer en injection sous-cutanée.
Pour expérimenter l’action antitoxique du gluconate de calcium vis-à-vis du citrate de soude, nous avons opéré de deux façons :
1° En faisant une injection intraveineuse d’une solution de gluconate de calcium à 10 % suivie de l'injection intraveineuse d’une solution de la dose du citrate de soude à expérimenter (expériences I, II, LAINE
2° En faisant un injection sous-cutanée d’une solution de gluconate de calcium et en attendant une heure avant de pratiquer l’injection intraveineuse de la solution citratée afin que la solution de gluconate de calcium injectée sous la peau se soit bien résorbée (expériences V eV):
L'emploi du gluconate de calcium s’est montré efficace contre le choc citratique : il a totalement annihilé les effets de doses mortelles de citrate de soude (expériences I, II, V, VI) ou en a atténué les symptô-
mes selon les proportions relatives de gluconate et de citrate (expériences III et IV). Nous regrettons que le temps ne nous ait pas permis de faire un plus grand nombre d’expériences et, en particulier, de fixer la dose de gluconate nécessaire pour annihiler la toxicité d’une quantité déterminée de citrate de soude.