CHAPITRE IV
Etude expérimentale de la Transfusion
Les résultats de nos essais sur la détermination des groupes sanguins semblaient nous indiquer que les inter-agglutinations entre les divers sangs de chien étaient relativement rares, sinon absentes puisque certains auteurs en ont trouvé.
Nous pouvions donc tenter de pratiquer des transfusions avec ies chiens dont nous nous étions servis pour la recherche des phénomènes d’agolutination, afin de voir comment ils se comporteraient.
L'observation première a montré parfois l’existence d’une certaine toxicité du sang injecté. La quantité de citrate employée étant bien inférieure aux doses déterminant un choc, il fallait penser :
1° Soit à la trop grande rapidité de l'injection qui, dans ces transfusions de début n’ont pas été faites très lentement suivant les données que nous exposons au chapitre précédent.
2° Soit à une toxicité du sang dûe à l’action du citrate qui en modifierait la texture albuminoïde et en ferait en quelque sorte une matière protéique étrangère.
3° Soit à une destruction d’hématies provoquée par une incompatibilité sanguine et à une intoxication par l’hémoglobine mise en liberté.
Nous avons pensé qu’en dénombrant sous le microscope les hématies du sujet transfusé, nous pourrions contrôler l’avenir des hématies injectées et voir si l'intolérance observée était dûe à une hémolyse; que d'autre part, en recherchant dans les urines l’hémoglobine, les pigments biliaires et l’urobiline qui seraient les témoins de cette destruction, nous en aurions une confirmation sérieuse.
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Ces réflexions cependant donnent assez facilement prise à la critique et offrent d'autre part des difficultés dans leur mise en pratique. Il n’est pas tout d’abord prouvé, en effet, que la totalité du sang injecté demeure dans le sang circulant et il se pourrait qu’il soit partiellement collecté par certains viscères de l'organisme jouant momentanément le rôle de « réservoirs sanguins »; ou qu’il soit dilué ou concentré par une extravasation de plasma. Il y a ensuite les difficultés inhérentes à la numération globulaire. L'erreur personnelle dans le calcul du nombre des globules rouges est assez importante; d’autre part, entre deux préparations, il y a parfois des écarts assez importants dans le nombre des hématies. Pour atténuer le plus possible ces causes d'erreurs on est obligé de faire plusieurs numérations successives et avec des préparations différentes. Les chiffres que nous donnons dans les expériences qui suivent sont assez souvent le résultat d’une moyenne, parfois de cinq numérations.
Nous avons utilisé le mélangeur de Potain et la chambre graduée de Malassez et, comme liquide de dilution, la solution suivante de Marcano :
SUlAte de ISOUde ces. IC ee 5 gr.
HOMO A AO D Ne RM nee eee ae T CC: Ft is le nm ae canite à siens a sste 100 CC.
Pour la recherche de l’hémoglobine, nous avons employé la réaction de Meyer, à la phénolphtaléine qui exige :
1° De l’eau oxygénée fraîche à douze volumes.
2° Le réactif qui doit être soigneusement préparé et dont voici le mélange :
POTAESC A TT reparer in eee se eicile 20 gr.
ÉATAUISTIÉS APP EEE PE NN een evene 100 gr.
PHASE NAUEDIÉNO IE Ce er ete snele 2 gr.
Portites doi Peer ee cos 10 gr.
On verse quelques centimètres cubes d'urine dans un tube à essai, on ajoute environ deux fois moins de réactif, puis quatre à cinq gouttes d’eau oxygénée qui marquent une réaction positive par l’apparition d’une teinte rouge immédiate et durable.
Les pigments biliaires ont été recherchés par le procédé de GRIM- BERT dont voici le détail :
On verse dans un tube à essai 10 cc. d’urine et 3 cc. d’une solution de chlorure de baryum à 10 %. On agite vivement et l’on filtre le précipité. Ce précipité lavé avec un peu d’eau distillée est ensuite en-
trainé dans un tube à essai avec s cc. d’alcoo! à 90° contenant 5 % d'acide chlorhydrique. On porte le tout au bain-marie bouillant pendant une minute. La réaction positive est marquée par une coloration verte ou parfois brunâtre lors d’une importante proportion de pigments biliaires. Dans ce cas, quelques gouttes d’eau oxygénée font apparaître la teinte verte.
Nous avons cherché à mettre en évidence l’urobiline par la fluorescence, de la manière suivante :
20 cc. d'urine sont mélangés avec 4 grammes d'’acétate de zinc pulvérisé ; on ajoute 20 cc. d'alcool! à 95° et quelques gouttes de solution iodo-iodurée. Après agitation et un contact de quelques minutes, on filtre. Une fluorescence verte dans le liquide filtré indique la présence de l’urobiline.
Nous n’en parlons pas dans nos recherches parce qu'il nous a semblé voir toujours une légère fluorescence, même avec l’urine de chien neuf, ce qui nous a incliné à croire à la présence constante de l’urobiline dans l’urine de chien. Cependant, à la suite des transfusions, la fluorescence a toujours été plus marquée.
Nous avons classé nos expériences par ordre de quantité de sang injecté rapportée au kilogramme d'animal. Ceci peut paraître un peu arbitraire puisque le sang injecté peut renfermer peu ou beaucoup de globules, et que par conséquent le nombre de globules n’est pas proportionnel à la quantité de sang ; ainsi dans l'expérience III le sang injecté renfermait 12.254.300 globules par mm° alors que celui de l’expérience Î en renfermait 9.115.000. Néanmoins, tout calcul fait, on verra que nos expériences sont tout de même classées par ordre décroissant de quantité de globules injectés.
Nous avons cru utile d'ajouter à la fin du paragraphe sur les numérations globulaires deux essais d'injection sous-cutanée de sang laqué que nous avions faits pour nous rendre compte si l’hémoglobine passait telle quelle dans les urines, afin de mieux faire entrevoir que s’il y avait eu une forte destruction des hématies à la suite des injections expérimentales de sang, elle aurait donné lieu à une réaction de Meyer positive.
Une seconde partie de ce chapitre est consacré à quelques expériences sur les injections sous-cutanées de sang.
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Dans un troisième paragraphe, nous avons décrit les signes de choc observés à la suite de quatre transfusions. Ces incidents ne se sont pas reproduits en utilisant, dans la plupart des cas, une injection préalable de gluconate de calcium et en transfusant TRÈS LENTEMENT, ce qui a été facilité par l'emploi d’un manomètre à mercure.
Enfin, nous terminons par l'observation de l’influence de la transfusion sur la température.
I — La numération globulaire La recherche de l’hémegiohine et des pigments hiliaires dans l'urine avant et après la transfusion. Injection sous-cutanée du sang laqué
NUMÉRATION GLOBULAIRE RECHERCHE DE L’HÉMOGLOBINE ET DES PIGMENTS BILIAIRES
EXPÉRIENCE I 95 ce. 64 de sang transfusé par kilogramme d'animal. Chien de 5 kil. 850. Anémique.
20 avril : 8.400.000 globules par mm*.
y 150 cc. de sang ayant 9.115.000 globules par mm.
21 avril : Transfusion de ;
15 CC. d’une solution citratée à 6 %.
L’urine recueillie deux heures et demie après la transfusion, donne une réaction de Meyer négative.
AVANT Sa ITANSIUSIONT EE TR eee 5.530.000 globules par mm° ADTéS MANITANS USINE Lee ee TC 8.095.000 globules par mm DD AAVTI ea Me sum ee Lo ce en 7.150.000 globules par mm° Réaction de Meyer négative. Réaction de Grimbert positive.
29 AVIS er creme eee ME 6.950.000 globules par mm° Réaction de Mever négative. Réaction de Grimbert négative.
D AMAVIIL SEE 2e manne De CULTURE 6.640.000 globules par mm Réaction de Grimbert négative.
2 RAM ES Re SnerneecN ee ie LES 6.740.000 globules par mm S'ONAVAIME PRE ee Es ON INTER 6.920.000 ee > 2 AUDIT PE aete ee tee UN In se NE TE 7.170.000 D = DS RAM Nue cime colo EU tie 8.350.000 = = DO MANIERE cs ee en TE 8.750.000 = — JO AVI senc mme ce et Tr) 9.920.000 = = MAL net te RE 10.250.000 = Du DAINTATEE eee ee Ce A D 10.633.200 = =:
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