‹ De la Transfusion sanguine chez le ChienChapitre 34 sur 52 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE CES EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE CES EXPÉRIENCES

De l'examen des expériences précédentes, on peut faire les observations suivantes :

1° L'action substitutive des transfusions s’est toujours manifestée nettement : le nombre des hématies après les transfusions a toujours été supérieur à celui observé avant les interventions. Nous pouvons donc tirer une conclusion ferme sur l'utilité incontestable de la transfusion dans l’anémie (expériences I et II).

2° Une semaine environ après les transfusions, il y a toujours eu une augmentation du nombre des hématies. Deux fois (expériences I et IV) elle a dépassé le niveau atteint aussitôt après la transfusion. On pourrait attribuer cette augmentation du nombre des hématies à un effet hématopoiïétique.

3° Il y a toujours eu dans les jours qui ont suivi immédiatement les transfusions une chute globulaire.

Cette diminution du nombre des hématies par rapport à celui qui est noté aussitôt après la transfusion, a généralement coïncidé avec la présence dans les urines de pigments biliaires. L’hémoglobine n’a jamais été notée une seule fois dans les urines. Cependant, il nous a semblé que les réactions de GRIMBERT, assez faibles, n’étaient pas en rapport avec la forte chute des numérations globulaires. D'autre part, l’absence d’hémoglobine, qui pourtant existe dans les urines lorsqu'on injecte en sous-cutanée du sang laqué (essais 1 et 2), nous inclinerait à penser qu’il n'y avait pas, en réalité, une destruction globulaire aussi forte qu’aurait pu le faire croire l'importance de la chute du nombre des hématies. Enfin l’expérience III nous présente un phénomène qu’on ne saurait peut-être expliquer à priori que par des hypothèses (nous insistons sur ce fait que les numérations des 4, 5 et 6 mai ont été le résultat de moyennes).

Il semble qu’il faille expliquer la chute rapide et le relèvement brusque puis plus lent du nombre des hématies de l'expérience, ainsi que les chutes rapides et le relèvement plus lent du nombre des hématies de toutes les expériences, en admettant :

a) Soit qu’il y ait eu immédiatement après la transfusion, résorption par extravasation du plasma injecté qui, peu à peu ou parfois plus brusquement, serait remis en circulation au fur et à mesure que l’organisme s’accoutumerait à cette nouvelle masse à faire circuler. Ce qui expliquerait l'élévation apparemment très forte du nombre des

hématies dans les vingt-quatre heures qui succèdent à la transfusion, ainsi que sa chute plus ou moins rapide.

b) Soit que l'organisme transfusé, ne pouvant plus résorber suffisamment de plasma, retiendrait alors partiellement des hématies dans un viscère jouant provisoirement le rôle d’un réservoir sanguin qui les remettrait plus tard et plus ou moins vite en circulation. Ce qui expliquerait l'élévation du nombre des hématies qui débute deux ou trois jours aorès les transfusions.

c) Soit que la transfusion déclancherait dans l'organisme receveur la mise en liberté en plus ou moins grande abondance de nouvelles hématies propres et, plus rapidement que la formation de ces globules, une mise en circulation de plasma néoformé ou néo-extravasé qui diluerait le sang tout d’abord. Ce qui expliquerait la chute rapide du nombre des hématies noté dès le lendemain de la transfusion ; ainsi que son relèvement plus lent.

d) Soit qu’il y ait combinaison ou succession de ces différents processus.

Quoiqu'il en soit et à notre avis, il se passerait dans l’organisme transfusé des phénomènes plus complexes qu’on ne l’imaginerait tout d’abord ; et il semblerait que le nouveau sang soit accueilli et incorporé à l’aide d’un processus qui ne paraît pas être l'équivalent d’un mélange in vitro.

Ïl est d’ailleurs remarquable de comparer à ce sujet les courbes les numérations se rapportant aux transfusions à celle de la numération globulaire consécutive à une saignée (page 43). Il est étonnant de voir dans les jours qui suivent la saignée une diminution du nombre des hématies par mm° de sang. Il ne saurait être question, à la suite de la saignée, d’hématies détruites parce que mal tolérées. Il faudrait plutôt penser à une similitude de réaction de la part de l'organisme qui diluerait peut-être son sang, après ces deux interventions : saignée ou transfusion, par une néoformation ou une néo-extravasation de plasma.

Il. — Les injections sous-cutanées de sang

Nous avons expérimenté les injections sous-cutanées de sang pour nous rendre compte si elles ne pouvaient pas remplacer les transfusions bi-veineuses, celles-ci étant d’une exécution beaucoup plus difficile. Nous avons recherché l’hémoglobine et les pigments biliaires des chiens injectés, puis, pour voir si le sang placé dans le tissu con-

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jonctif sous-cutané se résorbait en totalité, nous avons sacrifié les animaux quelque temps après l'intervention, et en avons fait l’autopsie.

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