CHAPITRE V
Application thérapeutique de la Transfusion à la Maladie du Jeune âge
Il semble ressortir des chapitres précédents que la transfusion peut n’offrir aucune innocuité si l’on a soin d'observer les règles suivantes :
1° Ne prendre comme donneurs que des sujets dont le sérum, à la suite d'essais, n’ait jamais agglutiné in vitro les hématies d’un certain nombre de chiens et dont le sang, injecté expérimentalement à quelques chiens, n'ait jamais provoqué de troubles. On pourrait appeler ces sujets : « donneurs universels » quoiqu'il ne soit pas prouvé qu'ils appartiennent à un groupe analogue aux « donneurs universels » de l’homme.
2° N’employer que la dose de citrate de soude non toxique, inférieure à o gr. 10 par kilogramme d’animal, en solution isotonique à 5 ou 6 %, à la dose de 3 à 6 grammes par litre de sang à recueillir.
3° Réinjecter le sang citraté dans les trente minutes qui suivent sa récolte et suffisamment lentement (25 à 30 cc. à la minute).
4° Faire au receveur une heure à l’avance, une injection souscutanée de un gramme de gluconate de calcium.
5° N'utiliser qu’un matériel stérilisé.
Chaque fois que nous avons procédé ainsi, nous n'avons jamais constaté d'accident. Deux chocs assez légers observés au cours des 22 transfusions thérapeutiques, nous ont paru devoir être attribués à une trop grande rapidité d'injection (Chapitre IV, paragraphe III, page 64).
Nous avons essayé de traiter par les transfusions 8 chiens atteints de la maladie du jeune âge. Les donneurs utilisés étaient pour la plupart des animaux adultes qui, très vraisemblablement, possédaient une immunité naturellement acquise contre la maladie.
Nous rappelons que cette maladie est dûe à un virus filtrant comme l’a démontré Carré à la suite d'expériences remarquables. Ce virus filtrant serait peu nocif par lui-même mais, pouvant permettre dans l’organisme la vie de microbes secondaires très variées et devenant particulièrement pathogènes; il déterminerait ainsi cette maladie si redoutable pour le chien.