‹ De la transmission intra-utérine de certaines maladies infectieusesChapitre 10 sur 54 · Braucll. Virchows Archiv., tome XIV, p · texte numérisé non relu

Braucll. Virchows Archiv., tome XIV, p

à Je *

po des

Dans toutes ces recherches les mères sont mortes du charbon ; et aux unes la maladie charbonneuse avait été inoculée directement ; d’autres l’avaient contractée spontanément..

Voici d’ailleurs ces expériences que nous relatons, vu leur importance historique; elles sont au nombre de quaire :

N° 1. — « Le 18 janvier 1857, une jument meurt du charbon au cinquième mois de gestation. L'’autopsie pratiquée immédiatement après la mort révèle les lésions caractéristiques du charbon chez la mère, l'absence de ces lésions chez le fœtus.

Le sang de la rate du fœtus examiné le 18 et le 19 janvier n'offrit pas de traces de bâtonnets ; mais le 23 janvier il y avait pullulation de vibrions.

Le 19 janvier. — A 1 heure, 25 heures après la mort, on inocule un poulain avec un fil imprégné de sang du fœtus et passé en sélon sous la peau de la nuque. Pas de résuliat.

Le même jour, à la même heure, on imprègne avec le sang du fœtus des scarifications pratiquées à la face interne de l'oreille gauche d’un mouton. Pas de résultat.

Le 23 janvier (sixième jour après la mort de la mère) le même mouton est inoculé de la même manière, avec du sang fœtal, à l'oreille droite, Pas de résultat.

Exp. N° 2. — Le 11 octobre une brebis pleine est inoculée à l'aide d’un fil imprégné de sang charbonneux glissé sous la peau de l'oreille. Six jours après, on la trouve morte et déjà refroidie ; autopsie, deux heures plus tard, charbon.

Le 17 octobre. — Deux jours après la mort, un fil trempé dans le sang du foie du fœtus est passé sous la peau de l'oreille d’un mouton. Pas de résullat.

Exp. N° 3. — Une brebis pleine est inoculée à l'oreille avec du sang charbonneux frais ; mort par le charbon trois jours

LR

plus tard. Un poulain recoit un fil imprégné de sang du foie du fœtus sous la peau de la nuque. Pas de résultat. Même constatation sur un autre poulain inoculé de même.

Exp. N° 4. — Le 1° novembre, une brebis pleine est inoculéeà l'aide d’un fil imprégné de sang charbonneux passé sous la peau de l'oreille gauche. Mort six jours après ; autopsie pratiquée immédiatement après la mort, charbon. Treize heures après la mort, on inocule deux poulains à l’aide d’un fil imprégné de sang du foie du fœtus. Pas de résultat.

Conclusions. — « Les embryons des animaux morts du charbon ne présentent à l'examen anatomique aucune des modifications propres au charbon. Leur sang même n'offre rien d'anormal.

Ainsi, dans les cas observés par moi, comme l'ont, en outre, établi les résultats négatifs des inoculations faites avec le sang fœtal, le charbon n’a pas été transmis de la mère au fœtus. »

En 1867, Davaine (1) lit une note à l’Académie de médecine, où il cherche à établir que la bactéridie est bien la cause véritable du charbon et où il signale les difficultés pratiques de la filtration du sang charbonneux, il s’exprime ainsi : « Le filtre que l’industrie humaine ne peut nous procurer, la nature peut nous le fournir ; on sait en effet que chez les mammifères en état de gestation, le placenta ne laïsse passer ni les corps solides les plus petits ni les corpuscules du sang, ni les substances les plus tenues que l’on emploie dans les injections. » Parlant de ce point de vue Dayaine concluait € qu'il est probable que les, bactéridies qui sont, des corps, solides, ne, passeraient point de la mère au fœlus » et, il,ajoute que si.les

Page 1