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avec soin de l’utérus, puis nous ensemencâmes des ballons Pasteur avec le sang de la mère et avec le sang des fœtus. Le lendemain nous examinàâmes les flacons qui avaient été mis à l’étuve : tous, parmi lesquels ceux qui avaientété ensemencés avec le sang des fœtus, étaient devenus troubles. L'examen microscopique y révélait un grand nombre de microbes.
Nous injectâmes alors deux poules, l’une avec la culture provenant du sang des fœtus, l’autre avec la culture provenant du sang de la mère. Le lendemain, les deux poules furent trouvées mortes, el l'autopsie nous révéla qu'elles avaient bien succombé au choléra des poules.
Exp. IV. — Le 29 octobre 1882. — A deux heures du matin, une lapine en bonne santé et à 25 jours de gestation, fut inoculée avec le sang d’un lapin mort la veille du choléra des poules. L’inoculation se fit par deux piqûres au niveau des aînes.
Le 29. — A midi, l'animal manifestait une grande anxiété, à deux heures de l'après-midi il expirait sous nos yeux. Immédiatement après sa mort, nous procédions à son autopsie. Le cadavre présentait toutes les lésions du choléra des poules inoculé au lapin. Un flacon de bouillon de poulet fut ensemencé avec son sang, et un lapin fut inoculé avec le sang pris directement dans le ventricule droit de la lapine.
Une ligature fut alors placée sur le conduit utéro-vaginal, et l'utérus enlevé tout entier et placé à part. Cet utérus contenait huit fœtus, qui furent retirés avec le plus grand soin de leur poche amniotique.
A l’aide de tubes effilés et parfaitement stérilisés, on puisa alors du sang dans la cavité cardiaque de chacun des fœtus, et avec ce sang nous ensemençâmes huit ballons Pasteur, contenant du bouillon de poulet. Ces huit ballons furent placés à l’étuve, en même temps que le ballon ensemencé avec le sang de la mère. Nous prîmes alors six lapins, l’un d'eux fut inoculé avec le sang de la mère. Les cinq autres furent inoculés avec le sang des (œtus, ea ayant soin d'injecter dans le tissu cellulaire sous-cutané
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une assez grande quantité de sang. Le lapin inoculé avec le sang de la mère et ceux inoculés avec le sang des fœtus furent mis dans deux cages distinctes.
Le lendemain 30 octobre, à sept heures du matin, le lapin inoculé avec le sang de la mère fut trouvé mort ; il avait dû mourir vers quatre heures, c'est-à-dire douze heures après l'inoculation, comme cela est loujours arrivé quand nous avons inoculé un lapin directement avec du sang d’un autre lapin. À ce moment les cinq lapins inoculés avec le sang des fœtus paraissaient encore en pleine santé. A neuf heures du matin les cinq lapins vivaient encore, mais quelques-uns paraissaient anxieux. À deux heures de l'après-midi, quatre d’entre eux furent trouvés morts, le cinquième ne mourut que dans Ja soirée. L’autopsie de ces divers animaux nous démontra qu'ils avaient bien succombé au choléra des poules.
Quant aux ballons ensemencés, ils furent retirés de l'étuve et nous constatâmes : 1° que le ballon ensemencé avec le sang de la mère avait parfaitement cultivé ; l'examen microscopique y révélait un grand nombre de microbes ; une poule inoculée avec cette culture mourut le lendemain avec toutes les lésions du choléra; 2° des huit ballons ensemencés avec le sang des fœtus, quatre avaient parfaitement cultivé, et présentaient à l'examen microscopique un grand nombre de microbes du choléra. Deux des flacons étaient impurs ; enfin deux autres étaient restés limpides et ne paraissaient pas avoir cultivé, Deux des cultures provenant du sang des fœtus furent inoculées à deux poules qui le lendemain moururent et présentèrent à l’autopsie toutes les lésions du choléra des poules.
A l'époque ou furent relatées les expériences dont nous venons de parler, M. le professeur Straus (1) a fait parai-
tre dans les « Archives de physiologie » un travail d'une