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DE L'IMMUNITÉ VACCINALE CONGÉNITALE

Une femelle pleiie, vaccinée pendant la geslation, transmet-clle à ses produits l’immunité que lui a conférée la vaccination ?

Il ne paraît pas y avoir de rèzle absolue à cet égard.

L’inoculation des brebis pleines à rendu tous les agneaux

réfractaires (Ricket et Roloffs), tandis que dans l'espèce humaine la vaccination a échoué sur une partie seulement des enfants et réussi sur l’autre (Underhill, Burkhardt et Chambrelent) (1).

Comment se comportent les autres espèces? C’est ce que nous avons recherché pour trois d’entre elles, en inoculant du vaccin de génisse ou du horse-pox à une vêle, à des lapins et des cobayes issus de femelles vacci-

nées pendant la gestation.

Exp. I

Inoculation d’une génisse âgée de 3 mois, fille d’une vache vaccinée 39 jours avant la mise-bas. Résultat positif.

Une vache bretonne âgée de six ans, pleine d'environ huit mois, est vaccinée le 9 novembre 1890. Vingt piqüres pratiquées sur la région périnéale, préalablement rasée, donnent lieu à autant de belles pustules. Elle met bas une génisse limousine-bretonne.le 19 décembre suivant.

Trois mois plus tard (20 mars 1891), cette génisse est inoculée par M. Conte, répétiteur de police sanitaire, avec de la lymphe vaccinale en même temps qu'une génisse lourdaise âgée de cinq mois, prise comme témoin.

Sur six piqûres faites sur les lèvres de la vulve, une seule produit une pustule différant notablement de la pustule type. Le sixième jour après l'inoculation elle a l'aspect d’une petite vésicule de forme conique et de couleur gris blanchâtre, du volume d’un grain de blé.

1. Jules Chambrelent. Recherches sur le passage des éléments fiqurés à travers le placenta. Thèse peur le doctorat en médecine. Bordeaux, 1882.

Il s'agit bien cependant d’une vraie pustule vaccinale, et non d’une éruption banale, comme l’a prouvé l’inoculation à une au tre génisse de la lymphe qu’elle contenait.

Cette puslule mal venue a suffi pour rendre la jeune femelle limousine-bretonne complétement. réfractaire à une deuxième vaccination pratiquée le 1° mai.

La même lymphe vaccinale s'est montrée beaucoup plus efficace sur le sujet témoin. Dix-huit piqûres ont provoqué l’éruption de quinze belles pustules. Il semble donc que la vache, vaccinée un mois environ avant la parturition, à transmis un certain degré d’immunité à sa fille.

Exe. Il

Inoculation du horse-pox à deux lapins âgés de 16 jours, fils d’une lapine vaccinée 9 jours avant la mise bas. Résultat positif.

Une lapine pleine est vaccinée avec succès le 22 mars 1891. Elle met bas quatre petits le 31 du même mois.

Le 16 avril, deux des produits sont inoculés avec du horse-pox ; les autres sont conservés pour étudier la durée de l’immunité congénitale en supposant qu'ils la possèdent.

On obtient sur tous les deux, autant de pustules que de piqüres, mais ces pustules sont très petites, et incomparablement moins volumineuses que celles produites par le vaccin de génisse sur les lapins jeanes ordinaires.

Il s’agit encore ici d’une éruption vaccinale, nous nous en sommes ässurés par l'inoculalion d'une génisse. Elle paraît témoigner, comme celle de l’exper:ence précédente, de la transmission d’un certain degré d’immunité de la mère au fœtus.

Pavlovski d4

Exp. III

Inoculation du vaccin de cobaye (2e terme) à quatre cochons d'Inde âgés de 7 et 18 jours, issus de femelles vaccinées 34 et 45 jours avant la mise bas. Résultat négatif.

Le 22 mars 1891, trois cobayes femelles pleines sont inoculées avec succès. Elles mettent bas, la première un produit le 25 avril, la deuxième trois produits le 6 mai et la troisième quatre produits le 6 mai également.

Le 13 mai, inoculation de vaccin provenant d’une deuxième culture sur cecobaye, au sujet issu de la femelle n° 1, à l’un de ceux nés de la femelle n. 2, et à deux des petits de la femelle n° 3. Résultat négatif sur les quatre animaux.

Ce vaccin s’est également montré inefficace sur deux cobayes témoins, et neuf piqûres pratiquées sur une génisse n’ont donné que deux pustules très petites. De sorte que l'absence d’érupton sur un sujet d’expérience tient peut-être à une insuffisance d'activité de la lymphe vaccinale. C’est ce que nous apprendra l'expérience suivante.

Exp. IV

Inoculation des mêmes cobayes avec du vaccin de génisse très actif, 43 jours après la première vaccination. Résultat : les quatre cobayes précédents sont vaccinés de nouveau le 26 mai avec du vaccin pris sur la génisse cinq jours après son inoculation, c’est-à-dire avec du vaccin très actif.

D’après cette série d'expériences dont les unes relatives à l’espèce humaine, les autres ayant trait à l'expérimentation sur les animaux, la conclusion suivante nous

paraît naturelle : 1° l’immunité, rare, est toujours incertaine ; 2° au point de vue pratique, nécessité de la vaccination chez le nouveau-né malgré l’inoculation vaccinale

positive de la mère plus ou moins récente.

Vu : le Président de la soutenance, STRAUS.

Vu : le Doyen, BROUARDEL.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,

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