‹ De la traversée des Alpes par un chemin de ferChapitre 12 sur 45 · VI · texte numérisé non relu

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Qsels olMitades la elimatoloi^ie des eols des Alpes apportera-t-eile à rexpiollation dTan ehemln de fer traeé en rampes de 50 à 60 miliimètres?

Le concours que nous a valu notre première étude de la traversée des Alpes nous permet d'exposer aujourd'hui, avec plus de détails, les conditions climatériques des cols. Il s'agissait de conns^tre, pour un certain nombre d'années, la moyenne du nombre des jours de neige ; les épaisseurs maxima de la neige tombée dans un jour et accumulée dans le cours de l'hiver; l'influence que la température exerce sur la neige, les difficultés que celle-ci oppose à la circulation par les amas ou gonfles qu'elle forme sur certains points, surtout par les avalanches ; le rôle qu'elle joue dans les tourmentes auxquelles elle semble généralement associée; les dépenses qu'exige aujourd'hui le maintien du trainage, etc., etc.

Ces renseignements ont été plus faciles à recueillir qu'on ne serait porté à le supposer. Depuis que de Saussure a attiré l'attention du monde scientifique sur l'histoire de la na-

ture dans les Alpes, les continuateurs n'ont pas manqué à cette grande initiative ; car c'est le propre de la science de trouver des prosélytes dans les esprits persévérants comme dans les imaginations ardentes. Et puis les observations météorologiques revêtent dans cette intéressante contrée un caractère humanitaire, qui recommande d'avance à la reconnaissance jpublîque les hcnnines qui se dévouent à lobseï»vation patiente de la climatologie.

Le savant qui, après de Saussure, a le pbi? contribué ^ par ses observations personnelles, et l'érudition la plus étendue, à l'étude des phénomènes de la météorologie des Alpes, est Agassiz.

Nous avons fait quelques emprunts à ses ouvrages sans sortir du cercle que nous nous sommes tracé et nous bornant à étudier les faits et à décrire les phénomènes au seul point deviie de l'influence qu'ils peuvent avoir sur la circulation deâ machines et des trains sur les rails, dans les hautes régions.

Nous devons à M. Plan tamour, directeur de l'observatoire de Genève, et à M. Deléglise, prieur de l'hospice du Simplon^ des remerciements pour l'aide qu'ils nous ont donnée.

Nous indiquerons, d'ailleurs, dans le cours de cet exposé, la source de nos renseignements.

Agassiz fait, de la neige, la description suivante (1) :

€ La neige affecte, dans les montagnes^ à raison des grandes et subites variations de température, une telle multiplicité de dessins et de formes qu'en un quart d'heure on peut recueillir les cristallisations les plus diverses.

1) Système gMctatrft, p. 120 et suivantes,

c 1^ nQÎge à gros flocons oe tombe guère que par un^ temps calme et souvent par une température de plusieurs degrés au-desaus de zéro. Mais il suffit d'un vent froid,pour qu'à rinstant elle change de forme ; elle devient alors fine, poudreuse, plus ou moins grenue ; néanmoins on ne peut tracer une limite tranchée entre les différentes espèces de neige grenue et la neige à gros flocons.

c La plupart de ces formes se retrouvent dans la plaine, mais dans les Alpes les variations sont plus brusques. G*est une conséquence de Tinstabilité du vent, qui change d*un moment à Tautrç dans ces régions. Ainsi, la neige qui tombe sur le glacier de TAar parla tourmente du nord n*est jamais floconneuse ; c'est toujours de la neige grenue (grésil) ; tandis que celle qui tombe par le vent d'ouest est ordinairement à gros flocons, rarement poudreuse.

c La neige qui tombe sous Tinfluence des vents froids est sèche et ne peut en conséquence s'agglomérer ; tombée à rétat poudreux ou grenu, elle devient le jouet des vents ; plus on s'élève dans la montagne, plus la température diminue et plus on a de chance, de rencontrer de la neige sèche et grenue ; c'est pourquoi cette neige domine dans les hautes régions, tandis que la neige floconneuse domine dans la plaine.

€ Le tableau suivant présente le résumé des observations météorologiques relatives à la neige tombée au Grimsel pendant l'hiver de 1845-1846.

t La première colonne indique les mois où il tombe de la neige.

< Dans la seconde est le nombre des chutes par mois ; d^s la troisième est l'épaisseur de toutes les chutes du mois;

— TfS —

dans la quatrième est Téquivalent de ces mêmes coudies en hauteur d'eau (le mètre cube de neige fraîche équivaut à 0,085 m. de hauteur d'eau, soit à 85 kil. d'eau).

€ La neige étant, par sa nature, très-légère, ne conserve pas longtemps l'épaisseur qu'elle avait au moment de sa chute, elle se tasse à mesure qu'elle vieillit, et sa dureté augmente à proportion. L*évaporation la réduit aussi ; de sorte que sans éprouver de fonte sensible la couche de neige qui serait très-épaisse, si elle avait conservé sa forme primitive, se trouve réduite à un dépôt relativement très-&ible ; la cinquième colonne indique donc la hauteur effective de la neige tassée, et la sixième fait connaître le poids en kilogrammes du mètre cube de cette même neige.

Neige tombée au Grimsel pendant l'hiver de 1845-1846.

Hauteur

Hauteur

Hauteur

Poids

MOIS

Nombre des jours

de la neige au moment

de Teau représentée

effective de la

du mètre cube de la neige

de neige

de sa chute

par les chut.

neige

tassée.

Mètres

Mètres

Mètres

Kilogrammes

Octobre

Novembre

Décembre

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Total. . .

c Les chiffres donnés par ce tableau coïncident remarquablement avec le résultat des observations au grand Saint- Bernard, bien que la hauteur du Grimsel soit moindre de 600"*. »

Les 17"^. 55 de neige fratche tombée depuis le mois d octobre se trouvaient réduits, à la fin d'avril, à une couche de neige tassée de 2"^. 30 ayant une densité de 613 kilog. le mètre cube, c*est-à-dire à peu près le poids spécifique de la glace de Névé qui est de 628 kilog. le mètre cube. Nous ne parlerons pas ici du Névé, parce que cette forme que prend la neige après un certain temps de séjour dans les hautes régions sous Tinfluence de la fonte à sa surface ou de la pluie, n*a pas d'intérêt direct dans la question que nous examinons.

n y a de grandes variations dans la quantité de neige qui tombe chaque année, ainsi que l'indique le tableau suivant qui comprend douze années, de 1847 à 1858, sur le Saint- Bernard dont le col a son sommet à 2,472"^. au-dessus du niveau de la mer.

Nous avons relevé la hauteur de la neige tombée, par mois, sur le St-Bernard, d'après les observations consignées dans la Bibliothèque publique de Ge^ieve.

Oe8EBTiT10li& HÏ'niOROt.OfilQDBB SD ST-BEBNAU).

Bautevr^ de la neige tombée par mois, en millimètres.

MOIS

ISfiO

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