‹ De la traversée des Alpes par un chemin de ferChapitre 2 sur 45 · EXPOSÉ · texte numérisé non relu

EXPOSÉ

Cette seconde publication est le développement de la première. C'est aux points de vue technique et industrie que nous avons cru qu'il était utile d'étendre notre étude.

Nous Tavons continuée aussi dans.le but d'en déterminer, par un examen locale et à l'aide du concours qui nous a été donné, les conditions d'application au passage du Simplon.

Nous n'avons pas jugé à propos de reproduire les considérations générales dans lesquelles nous étions entré. Les grands intérêts subsistent, comme avant, dans la question dont il s'agit et les difficultés techniques sont les mêmes ; la situation politique seule a changé : examinons la.

Les chemins de fer s'approchent des passages sur les Alpes suisses par les vallées du Rhin, delà Reuss et du Rhône.

Au midi, la nouvelle Italie s'apprête à les recevoir par les belles vallées qui descendent au lac de Côme et au lac Majeur (1).

(1) Les passages des Alpes suisses, praticables par dâs chemins de fer à ciel

ouvert et à 50 millimètres d'inclinaison, sont :

Le 2* Lukmanier, entre Dissentis et Olivone, de ... . 86,600 mètres.

Le St-Gothard, entre Wasen et Airolo, de 45,200 —

Le Simplon, entre Brigg et Iselle, de 52,000 —

Le Bernardin, entre Andeer et Soazza, de 54,000 —

Le Splugen, entre Andeer et Callivaggio, de 56,000 —

Le 1" Lukmanier, entre Dissentis et Olivonc, de ... . 58,400 — ' Les pieds de ces passages sont situés au point où le thalweg des vallées d'ac-^^

ces afiectc une inclinaison supérieure à 85 m/m. (Voir pages 21 et suivantes.)

Chacun de ces passages avait, naguère, de grands appuis.

Les sympathies de la France, sans être égaies pour chacun, leur étaient acquises ; mais celles de l'Allemagne et de T Autriche, celles aussi de Tltalie autrichienne et piémontaise, s'étaient diviséeSf

Le Piémont a fait de grands efforts pour franchir les Alpes qui le séparent de la France. Il s'était abstenu de coopérer activement aux passages suisses.

L'Autriche appuyait le Splugen.

L'Allemagne préférait le Luckmanier.

La France avait, en outre, montré sa confiance et son initiative en s'intéressant, par ses capitaux, dans toutes les entreprises de

Au nord, les chemins de fer aboutissent, aujourd'hui, par Sien, Liiceri^e et Coire : à 52 kilomètres du pied du col du Simplon, à Brigg ; à 70 kilomètres du pied du col du St-Gothard, à Wasen ; à 45 kilomètres du pied des cols du Splugen et du Bernardin, à Andeer ; h 60 kilomètres du pied des cols des deux IjUkmanier, à Dissenlis.

Au midi, du pied du Splugen à Callivaggio jusqu'à Bergame, il y a 110 kilomètres ; du pied du Bernardin à Soazza jusqu'à Sesto Calende, il y à 101 kilomètres ; du pied des deux Lukmanier à Olivone jusqu'à Sesto Galende, il y a 120 kilomètres ; du pied du Simplon à IscUe jusqu'à Arona, il y a 78 kilomètres ; du pied du St-Gothard à Airolo jusqu'à Sesto Galende, il y a 120 kilomètres.

Si on fait entrer en ligne les lacs de la Suisse et de l'Italie, et nul de ceux qui les ont parcourus ou qui ont habité sur leurs bords ne s'y refusera, tant leur navigation est susceptible de régularité, de vitesse, de confortable et d'économie, les distances se réduisent au nord, pour le St-Gothard, à 25 kilomètres. Au midi, elles se réduisent, à partir du pied méridional des passages, pour le Sl-Golhard à Tt kilomètres ; pour le Splugen à 46 kilomètres ; pour le Bernardin, à 4*7 kilomètres; pour les deux Lukmanier, à 64 kilomètres; et pour le Simplon, à 53 kilomètres.

La situation de chacun des passages doit être considérée au double point de vue des distances à parcourir et des sommes à dépenser, dans les deux ^hypothèses : d'une ligne de fer non interrompue, et de la navigation par les lacs, pour rejoindre le réseau italien.

ils se présentent, sous ces deux aspects, dans l'ordre suivant :

— YH —

cAeniio&de fer qui se dirigent sar le Piémont et sur ia Lombardie, par les Alpes franco-piémontaises, comme par les Alpes de la Suisse allemande e| de la Suisse française.

Les intérêts italiens ont à choisir une direction, L'Italie est^ aujourd'hui, un Etat ; d'antiques mœurs municipales semblât y avoir appelé les populations à la vie politique, car les premiers actes de celle-ci révèlent autant de prudence que de mâle décision. 1:4a paix et l'activité doivent sortir de la constitution de cette nation nouvelle, tant son droit d'e^ster se montre à l'Europe politique par son invincible tendance vers l'unité.

L'Italie concourra, sans nul doute, à toutes les tentatives des pays du Nord pour ouvrir les passages pacifiques des Alpes. Ses tendances, cependant, la porteront vei^s ceux qui la rapprochent de la France. Elle préférera le Simplon et le Saint-Gothard au Lukmanier et au Splugen. C'est là, du moins, le conseil que lui donnent ses intérêts agricoles et ses besoins industriels, d'accord, en cela, avec ses sympathies poUtiques.

Longueur et dépense (Inexécution des chemins de fer restant à établir pour compléter les passages des Alpes et rejoindre les chemins de fer italiens, en utilisant la navigation par les lacs.

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