‹ De La Trichophytie Interdigitale Des PiedsChapitre 5 sur 26 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire de la trichophytie interdigitale des pieds est de date toute récente dans la littérature médicale. Cette affection futsignalée, pour la première fois, par M. le professeur Dubreuilh, dans les Annales de dermatologie et de syphiligraphie de Paris, 1899. IL en fit une belle description clinique sous le nom « d’eczéma hyperkératosique ». L'examen des squames n'avait montré aucun filament mycélien.

Depuis lors, Sabouraud (en France), Whitfield et Adamson (en Angleterre), firent une série de communications sur la trichophytie interdigitale des pieds ou des mains.

Whitfeld, en 1908, trouva dans un cas d'intertrigo de l’aine des amas de petits corps ovales qui, après ensemencement, donnèrent d'emblée des cultures pures. La même année, il signalait quelques exemples de trichophyties des pieds et des mains. L'examen microscopique fut positif et révéla la présence de nombreux filaments mycéliens. Les cultures ne fournirent aucun résultat. Il ajoute qu'il fut plus heureux de guérir le patient que de rechercher la variété du parasite. Mais dans la suite, il se fit un devoir de pratiquer systématiquement l'examen microscopique du liquide des vésicules et des squames des lésions eczémateuses.

Deux années plus tard, Sabouraud rencontre sept malades atteints d'intertrigo ou eczéma intertrigineux des orteils en quatre ou cinq mois. Les cultures de parcelles de squames lui avaient prouvé dans quatre cas la présence de l’'épidermophytone inguinale. Il affirma aussitôt les relations qui existaient entre l'eczéma marginatum de Hébra et les lésions des pieds. Il

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posa cet axiome : « quand on me consulte pour un eczéma ou intertrigo des pieds, mon premier soin est d'examiner le pli de l’aine pour y trouver trace de l’eczéma marginatum et d’interroger à ce sujet les souvenirs de mon malade.

Et inversement quand on me montre une épidermophytie du pli de l’aine, je pratique l'examen des espaces interdigitaux des pieds ».

En 1912, le professeur Dubreuilh, dans le Journal de médeine de Bordeaux, rapporte un cas alténué de trichophytie chronique de la paume de la main, des pieds et des aines. Dernièrement, au mois d'août de cette année, Adamson rappelle cette affection. Il insiste sur l'importance du diagnostic rapide et précis. Les deux teignes des pieds et des aines sont excessivement chroniques; « si on les considère comme un eczéma, elles dureront des années; si on les traite comme des teignes elles seront guéries en peu de jours ».

Actuellement, la question semble tranchée. On est habitué à considérer l’épidermophytie inguinale comme la cause unique de la trichophytie interdigitale.

Cependant Bang, de Copenhague, signala, à la fin de l’année 1910, une nouvelle affection trichophytique de la peau capable de localisations entre les orteils absolument identiques à celles de l’épidermophytie inguino-scrotale. Il s'agit d’une affection culanée parasitaire, décrite dès 1905 par Castellani à Ceylan, caractérisée par une éruption répandue sur le corps entier et faite de larges plaques squameuses formant des nappes régulières d'une couleur brune et limitée par des points excoriés, rouges qui semblent marquer le contour polycyclique de la lésion. Cette généralisation intense suffit à la distinguer de l’eczéma marginatum. Le parasite est l'épidermophyton rubrum de Castellani ou purpureum de Bang.

Il'est à remarquer que les cas signalés sont tous d'origine exotique. Un seul exemple aurait été trouvé en France par Sabouraud.

Dans notre modeste travail, nous n'avons nullement l'intention de contrôler les opinions émises, après étude approfondie, par

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des savants tels que Sabouraud, Whitfield ou Adamson. Nous n'avons n1 la compétence, ni le temps nécessaires pour cela. Nous ferons simplement une mise au point de la trichophytie interdigitale des pieds. Toutefois, nous réunirons des observations des lésions de l’aine et des espaces interdigitaux pour faire ressortir, s'il y a lieu, les rapports qui peuvent exister entre les deux affections.

= Nous diviserons notre travail en cinq chapitres. Chapitre | : résumé des observations publiées. Exposés des | cas rencontrés dernièrement à Bordeaux.

Chapitre IL : symptômes cliniques, formes, évolution. Chapitre IIT : aperçus mycologique et éliologique. Chapitre IV : diagnostic.

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