DE LA TUBERCULOSI*: DU PHARYNX
11 y a selon nous quelque chose de très artificiel dans la réunion souvent essayée des manifestations tuberculeuses de la bouche et de celles de la gorge, sous le nom de tuberculose bucco-pharyngée.
D'abord, comme nous le prouverons plus loin par la statistique, la tuberculose buccale et la tuberculose pharyn^^ée sont rarement réunies; ensuite, et ce point est beaucoup plus important, elles ne se ressemblent en aucune façon, ni par leurs symptômes, ni par leur marche, ni par leur pronostic. Quelle relation établir entre la tuberculisation de la gorge et celle de la langue par exemple? Ici nous voyons une lésion toute locale, ordinairement très circonscrite, qui se développe lentement, ne donne lieu qu'à une gêne légère de la parole et de la mastication, qui peut rester stationnaire pendant des mois et des années et parfois se cicatriser; là, une maladie à développement rapide, à généralisation fréquente, dont le retentissement sur l'état général est pour ainsi dire immédiat dont les symptômes acquièrent promptement une gravité redoutable, et qui, par l'entrave qu'elle apporte à l'alimentation, parles douleurs, par la salivation qu'elle provoque presque toujours, amène à peu près fatalement un dépérissement rapide. Sans doute l'une et l'autre affection sont le résultat d'une même cause : la tuberculose ; et anatomiquement leurs lésions sont analogues ; mais la diathèse ne se manifeste pas dans les deux cas de la même manière, elle affecte une marche toute différente et elle entraîne des conséquences d'une gravité très inégale. Il y a donc autant de raison à séparer la tuberculose buccale de la tuberculose pharyngée, qu'à décrire à part celle du testicule et celle des voies urinaires.
Plus rationnelle sans doute était la réunion proposée par Isambert de la tuberculose pharyngée avec celle du larynx; mais elle est loin de convenir à tous les faits : si, dans certains cas, la tubercuhsation de la gorge marche concurremment ou consécutivement à celle du larynx, dans d'autres