‹ De la tuberculose du pharynx et de l'angine tuberculeuseChapitre 30 sur 43 · PÉRIODE DE TERMINAISON · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE TERMINAISON

tient un état nauséeux des plus pénibles ; — enfin le cou, gonflé et douloureux, peut à peine se mouvoir : des masses ganglionnaires parfois enflammées et abcédées font saillie sous l'angle de la mâchoire et soulèvent les muscles sterno-mastoïdiens.

Une cachexie rapide et profonde est la conséquence inévitable d'un pareil état; elle est hâtée encore par l'aggravation incessante des lésions pulmonaires et par la généralisation de la tuberculose à l'intestin. Le malade, épuisé par Tinanition et la diarrhée, tombe dans l'hecticité ; une fièvre rémittente à exacerbations vespérales s'empare de lui, et achève de le réduire au dernier degré du marasme. Parfois une hémoptysie, une syncope, vient abréger ses souffrances et amener une prompte terminaison ; mais, la plupart du temps, c'est lentement qu'il s'éteint, s'asphyxie peu à peu, et finit par succomber h l'épuisement, après une longue agonie, pendant laquelle il a conservé ses facultés jusqu'au bout.

Les choses ne se passent pas de la même manière quand la marche de l'angine tuberculeuse est plus lente, et que les lésions, d'abord localisées, se sont développées de proche en proche et par extension graduelle. — Dans ce cas, l'intensité des phénomènes fonctionnels est bien moindre : les douleurs de gorge, si elles sont intenses, ne sont pas intolérables, et peuvent être calmées par des topiques appropriés ; la dysphagie ne va pas jusqu'à rendre l'ahmentation impossible ; enfin la sahvation est modérée. Les forces du malade se soutiennent et la cachexie est beaucoup moins rapide.

Mais au bout d'un temps plus ou moins long, quelquefois dès le début, comme nous l'avons dit, le larynx est envahi : la voix se trouble, s'éraille, puis s'éteint, la respiration peu à peu devient gênée et bientôt un cornage bruyant révèle l'obstacle apporté à l'entrée de l'air et l'imminence de la suffocation. Souvent les choses ne vont pas plus loin, et le malade succombe à la phthisie pulmonaire avant que l'obstacle laryngien ait créé un péril pressant ; mais souvent aussi un accès

d'étoufFement se déclare, et une asphyxie rapide amène la mort en quelques heures, à moins que l'on n'intervienne par la trachéotomie. Celle-ci n'est elle-même qu'un palhatif, et le soulagement qu'elle procure n'est qu'un répit bien court : presque toujours les lésions pulmonaires sont à cette époque trop intenses et trop irrémédiables pour que la levée de l'obstacle laryngien puisse fournir au malade la chance d'une survie un peu prolongée.

On le voit, la terminaison de l'angine tuberculeuse est constamment fatale : tantôt par elle-même, tantôt par les lésions qui l'accompagnent, cette affection aboutit dans tous les cas h la mort, et il n'y a de différences que dans le modç suivant lequel celle-ci survient. — On ne connaît pas jusqu'à présent d'exemples de guérison de lu tuberculose du pharynx, et nos propres observations sont malheureusement d'accord sur ce point avec celles de nos prédécesseurs.

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