ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
Les lésions anatomiques de la tuberculose pharyngée sont d'une étude aussi facile qu'intéressante, car elles se développent pour ainsi dire sous les yeux de l'observateur. Pendant la yie même on peut, par Tinspection souvent répétée de la cavité gutturale, suivre les progrès de l'altération, assister à ses différentes phases, et reconnaître avec précision tous les détails de son développement.
Mais ce que l'œil ne peut voir, ce que l'observation la plus attentive ne saurait révéler, c'est la texture intime de cette muqueuse, de ces glandes, de ces vaisseaux altérés, c'est la constitution élémentaire des produits morbides, et la marche du processus pathologique. Ici l'intervention du microscope est nécessaire, et elle est d'une grande efficacité: c'est en effet grâce à l'histologie qu'on a pu démontrer la nature véritablement tuberculeuse des lésions que chacun croyait vulgaires, et que Ton attribuait à je ne sais quelle influence diathésique exercée sur les tissus. On ne s'étonnera donc pas si nous consacrons une partie importante de ce chapitre à la description des altérations microscopiques, dont nous avons pu faire une étude approfondie.
Pour fixer les idées et rendre plus intelligibles les détails d'anatomie pathologique, nous avons cru utile de rappeler ici quelques faits d'anatomie normale, relatifs surtout à l'aspect extérieur et à la structure des parois du pharynx dans les différentes régions. C'est par là que nous commencerons ; mais, afin de ne pas allonger inutilement, nous aurons soin d'omettre tout ce qui ne se rapporte pas directement à notre sujet.
Ce chapitre sera donc divisé en trois parties : la première
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consacrée à Vanatomie normale, la seconde aux altérations macroscopiques^ la troisième aux lésions histologiques.
§ 1. — Aperçu d'anatomie normale.
Le voile du palais, que la plupart des anatomisles décrivent comme dépendance de la cavité buccale, mais qui par ses rapports et par ses fonctions appartient à l'appareil pharyngien, est facile à observer sur le vivant. La face antérieure est lisse, d'une coloration rosée, un peu pâle au niveau de son bord libre ; on y distingue, surtout vers la partie médiane, les orifices punctiformes d'un grand nombre de glandes muqueuses. Cette face est revêtue d'un épithélium pavimenteux stratifié, comprenant trente ou quarante couches, dont les plus superficielles sont formées de cellules aplaties qui tombent et se renouvellent incessamment. Au-dessous on arrive sur un stroma conjonctif médiocrement vascularisé, dont la couche superficielle, mince et dense, forme le chorion muqueux ; — la couche profonde sous-muqueuse, plus épaisse et plus lâche, est hmitée par un feutrage assez serré qui se continue avec le périoste de la voûte palatine, et qui recouvre la couche glanduleuse. Celle-ci est très épaisse, continue et réguhère, forrmée de grosses glandes en grappes dont les lobules serrés les uns contre les autres sont soutenus par une charpente conjonctive dans laquelle rampent les vaisseaux. Lorsque les glandes muqueuses sont hypertrophiées, il en résulte un épaississement énorme du voile du palais, qui peut atteindre 12 à 15 millimètres d'épaisseur. — Enfin on arrive sur la couche musculeuse, formée de faisceaux entre-croisés dans toutes les directions, et dont les insertions tendineuses concourent à former un plan fibreux résistant, connu sous le nom d'aponévrose palatine.
La luette^ longue de 10 à 15 millimètres, est constituée près-