LÉSIONS DES GLANDES EN GRAPPE
pharyngienne. Ces lésions, pour être accessoires, et presque toujours consécutives à celles (le la muqueuse, n’en sont pas moins intéressantes.
D. Lésions des glandes en grappe. — Les glandes en grappe, nombreuses et volumineuses, qui tapissent les parois pharyngiennes, surtout au niveau du voile du palais et de l’isthme du gosier, sont placées pourla plupart immédiatement au-dessous de la muqueuse : elles sont par conséquent trèspromptement envahies par les lésions qui atteignent celle-ci.
11 y atout d’abord, et constamment, une hypertrophie considérable de ces glandes, hypertrophie qui peut être portée au point d’en tripler ou d’en quadrupler l’épaisseur. Cette hypertrophie peut contribuer à expliquer la salivation si abondante dont souffrent les malades. A ce premier degré, les glandes ne présentent dans leur texture intime aucune modification : les acini ne sont pas écartés les uns des autres, et l’endothélium glandulaire conserve sa réfringence et sa transparence normales.
Plus tard, et lorsque la muqueuse sus-jacente s’ulcère, les glandes en grappe sont envahies par l’inflammation : une prolifération embryonnaire considérable se développe, d’abord dans les cloisons interlobulaires, puis dans les parois mêmes des acini. Les cellules endothéliales, comprimées, subissent la dégénérescence granuleuse, elles perdent leur transparence, deviennent irrégulières et troubles, puis se désagrègent et au lieu du beau revêtement qui existe à l’état normal, on ne voit plus qu’une masse grisâtre et granuleuse, sans aucune segmentation appréciable.
Cette inflammation glandulaire est souvent subaiguë : elle peut alors aboutir à une néoformation fibreuse dans les cloisons glandulaires interstitielles, et à un épaississement marqué de ces cloisons; par l’effet de la rétraction consécutive les acini sont déformés et atrophiés et les lobules transformés en de petites masses informes et sombres.
Dans les cas de tuberculisation aiguë généralisée, la lésion ne s’arrête pas là: la prolifération cellulaire atteint l’intérieur même des culs-de-sac glandulaires; les noyaux de Gianuzzi semblent repasser à l’état embryonnaire, et il se fait une active multiplication de ces noyaux, qui ne larde pas à noyer complètement les éléments sécréteurs; — l’ensemble du lobule est transformé en un nodule qui rappelle de très près l’aspect d’une granulation tuberculeuse, dont il diffère seulement parla conservation, en quelques points, des travées conjonctives qui séparaient les acini.
11 est rare que ces nodules glandulaires se caséifient : le plus souvent ils subissent, au moins partiellement, la transformation fibreuse, et se montrent à l’examen histologique sous l’aspect de petits amas cellullaires à portion centrale indistincte, à limitation périphérique très nette et entourés d’une gangue prononcée de tissu fibreux.
Quant aux conduits glandulaires, ils s’altèrent peu en général : d’après une observation deM. le D1' Laveran (1), on les verrait s’oblitérer, et se dilater en forme de kystes. — Nous n’avons pas rencontré cette lésion ; mais nous avons vu quelquefois, au niveau des masses tuberculeuses, l’épithélium cylindrique altéré et en dégénérescence vitreuse.
C. Lésions des follicules clos. — Les altérations des organes adénoïdes, des follicules clos isolés et agglomérés, tiennent une grande place dans la tuberculisation du pharynx. On sait en effet combien cette région est riche en organes de cette nature. La voûte du pharynx est presque tout entière tapissée de follicules de ce genre, qui forment en un point un amas considérable, auquel les Allemands ont donné le nom dV mygdale pharyngienne (llachentonsille). — Plus bas, l isthme du gosier en présente un grand nombre ; l’amygdale est entièrement formée par une agglomération des mêmes glandes,
(1) Laveran, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, 1S77.