‹ De la tuberculose du pharynx et de l'angine tuberculeuseChapitre 24 sur 41 · PÉRIODE DE DÉBUT · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE DÉBUT

un point do l’isthmo du gosier; d’autres fois une sensation de brûlure véritable, occupant le voile du palais.

La déglutition exaspère ces douleurs : le conlact d’un bol alimentaire volumineux, celui d’une substance acide ou alcoolique, est difficilement supporté. Le malade a la gorge sèche, pâteuse; il éprouve le besoin de faire de fréquentes éructations, et d’avaler souvent sa salive.

Ces premiers symptômes se produisent souvent au milieu d’une santé en apparence parfaite, et sans aucun signe d’une affection tuberculeuse pulmonaire ou abdominale. Cependant, même dans ces cas, les antécédents du malade révèlent parfois différents symptômes caractéristiques : hémoptysie ; bronchite prolongée ; amaigrissement insensible. — D’autres fois, les phénomènes gutturaux se montrent chez des individus manifestement phthisiques; ils sont accompagnés de toux, de dysphonie et d’enrouement, de tous les signes en un mot d’une affection chronique du larynx.

Si, dès cette époque, on examine la gorge, on aperçoit en un point ordinairement limité une ou plusieurs petites éminences grisâtres , acuminées, se détachant sur la surface rosée de la muqueuse. Ces petites saillies sont tantôt disséminées, écartées les unes des autres, et forment comme un semis à la surface de la luette, ou du voile du palais; d’autres fois elles sont rapprochées, et forment par leur fusion une plaque irrégulière, à surface chagrinée, à contours vaguement arrondis. — Aux environs de la plaque, il n’est pas rare de voir d’autres points, grisâtres ou jaunâtres, isolés, dont l’apparition souvent très rapide annonce une extension progressive des tubercules.

Les malades s’inquiètent peu d’abord de ce qu’ils prennent pour un simple mal de gorge. Quelquefois, de leur propre mouvement, ou d’après le conseil d’un médecin peu attentif, ils se soumettent à une médication antisyphilitique, qui n’a d’autre effet que d’aggraver leur état. — Enfin, voyant les

douleurs augmenter chaque jour et gêner sérieusement l’alimentation, ils commencent à s’effrayer et se présentent à l’hôpital. C’est ici qu’on peut placer le début de la seconde période.

§ 2. — Période d’état.

Peu après le début de l’infiltration tuberculeuse de la gorge, les ulcérations prennent naissance avec une grande rapidité, et il est raie, lorsqu’on observe pour la première fois les malades, qu’il n’en existe pas déjà. Leur forme, leurs dimensions, leurs caractères varient suivant la manière dont elles se développent, et suivant le moment où on les examine.

Tantôt les ulcérations sont peu nombreuses, étendues, superficielles ; leur surface, inégale et légèrement mamelonnée, rappelle l’érosion produite par un léger coup de râpe; leur coloration est jaunâtre, piquetée de points gris et comme marbrée, leurs bords sont parfois végétants et font un relief marqué sur les parties saines environnantes. Lorsqu’elles présentent ces caractères, les ulcérations occupent le voile du palais ou ses piliers, les amygdales, plus rarement les parois latérales et postérieures du pharynx ; elles se développent lentement, sont susceptibles de rester longtemps stationnaires et peuvent même, sous l’influence d’un traitement approprié, se cicatriser partiellement.

Plus souvent, la gorge apparaît couverte d’ulcérations disséminées, très petites, de forme lenticulaire et arrondie. Leur surface est grisâtre et semble couverte de muco-pus très adhérent; leurs bords sont plats ou très légèrement relevés. La muqueuse environnante est plus ou moins hypérémiée ou enflammée, souvent couverte d’une exsudation blanchâtre peu adhérente et facile à enlever à l’aide d’un pinceau.

Ces ulcérations succèdent aux petits tubercules que nous avons décrits plus haut, et souvent on peut voir de nouvelles

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