CONCLUSION
De toutes les observations que nous venons de rapporter, celles de mon excellent confrère, le docteur Boulland, de Limoges, montrent clairement qu’une personne saine, sans antécédents héréditaires — au moins apparents — peut succomber à une phtisie acquise à la suite d’une carie alvéolaire consécutive à l’ablation d’une dent ayant entraîné une fracture de l’alvéole du maxillaire.
La première, dont l’évolution s’est faite en douze mois environ, indique d’une façon absolument probante qu’il n’y avait pas de prédisposition chez ce malade et que s’il était en état de réceptivité, au moment même de l’exérèse dentaire, il faut convenir que la colonie des microbes de toute espèce — bacilles, streptocoques, staphylocoques, etc., — a été absorbée par les vaisseaux de toute nature dès que la porte leur en à été ouverte par une occasion fortuite.
Il est nécessaire de constater, en même temps, que, contrairement aux autres observations qui me sont personnelles, la marche de la maladie a été beaucoup plus rapide et il est permis de supposer que la cause doit en étre très vraisemblablement due à la vaste plaie présentée à l’absorption de tous les microbes en culture dans la bouche par manque d'hygiène ou l’absorption de phosphates.
Toutes les autres observations relatées dans mes observations personnelles et qui corroborent la précédente sous tous les rapports, indiquent d’une facon précise qu’il n’est point nécessaire, pour que les microbes emmagasinés dans la bouche soient absorbés, d’avoir une surface d’introduction aussi largement ouverte et qu’une carie dentaire, une gingivite avec déchaussement des dents, aphtes ou plaies de la bouche, suffisent amplement comme foyer d’autoinfection.
Nous devons admettre, toutefois, et en déduire en même temps par ce qui précède, que la malignité de l'affection est d'autant plus violente dans son ensemble ou les progrès plus lents, suivant qu’il paraît démontré, par la clinique, que les bacilles ont été absorbés en quantité plus ou moins considérable par la surface ouverte et la rapidité de l’empoisonnement. à ®
Nous devons reconnaître aussi que la marche de l’affection tuberculeuse est d'ordinaire beaucoup plus rapidement mortelle avec des malades en état de réceptivité et nés de parents ayant laissé, comme cela s'observe fréquemment, une maladie héréditaire,
Nous regrettons toutefois que nos observations ne soient pas suffisamment nombreuses pour donner à la thèse que nous soutenons une valeur clinique, absolument indiscutable et que les autopsies absolument impossibles à pratiquer à la campagne ne nous aient pas permis de donner en détail les résultats de l'anatomie pathologique des lésions
organiques.
Nul doute qu’un jour ne vienne où on. pourra compléter les observations que je présente aujourd’hui ; mais mon ambition se borne à attirer l'attention du corps médical et d'hommes plus compétents que moi vers ces foyers infectieux qu’on devra combattre sans plus attendre en assainissant la bouche par l'hygiène bien comprise, comme un appartement mal aéré et contaminé.
Vu : Vu :
Le Doyen, Le Président, P. BROUARDEL.. PAUL BERGER.
Vu et permis d'imprimer :
Te Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD,.
RU en
Dimoges, — Imp. du « Courrier du Centre », — 7-97,