‹ De La Tuberculose IntralingualeChapitre 15 sur 16 · PR M · texte numérisé non relu

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supérieure de l'organe; pas de changement de coloration de la muqueuse; la face inférieure est au contraire d’une coloration vineuse et foncée; on ne voit nulle part ni exulcération, ni semis granuleux jaunâtre ou autre. La tumeur est un ovoïde régulier et

“lisse, inclus dans le corps du muscle lingual; sa consistance est

celle du caoutchouc mou; elle n’est ni fluctuante, ni rénitente, ni douloureuse. Pas de lésions de la cavité buccale, pas d’adénite cencomittante, Au point de vue fonctionnel la langue a conservé tous ses mouvements; la mastication est lente et difficile, mais complète ; la déglutition est pénible; la phonation surtout est altérée ; L... parle à voix basse : « il bafouille comme s’il avait de la bouillie dans la bouche ».

L'état général est peu satisfaisant; L... est pâle, amaigri; il n’a cependant aucune tare héréditaire. Personnellement il n’a pas été malade avant l’âge de dix-neuf ans ; il eut à ce moment une bronchite aiguë qui après une guérison rapide lui laissa cependant une grande impressionnabilité des bronches; depuis, il tousse l'hiver et a remarqué qu'il est essoufflé.Il est très affirmatif, et ies recherches les plus minutieuses corroborent son dire, sur la question de syphilis; il n’a jamais eu de maladie vénérienne, mais il fume constamment la pipe qu’il maintient du côté de la langue où siège la tumeur. Soldat depuis vingt-huit mois, il ne se présente à la visite que le 15 janvier 1893 pour montrer au médecin cette « ennuyeuse grosseur ».

La tumeur aurait, dit-il, débuté vers le mois de novembre 1892, par un petit bouton siégeant dans l’épaisseur du muscle « bouton plus génant que désagréable ». Ce n’est qu'à partir du mois de janvier que la gêne fonctionnelle s’accrut et qu’apparurent quelques élancements douloureux. Un traitement d'épreuve par l’iodure de potassium est institué à titre de diagnostic; l'examen le plus minutieux de tous les organes ne révèle qu'une très légère rudesse du murmure vésiculaire aux sommets.

L'administration de l’iodure restant sans résullat on se décide le 20 février à une ponction exploratrice qui donne issue à un pus épais inodore et sans bacilles,

Le 24 on fait une ponction aspiratrice, mais la collection puru-

lente se reproduit de nouveau après cinq àsix jours, et on se décide à une ablation totale. Une fois la poche incisée, on veut l’extirper, mais des adhérences intimes rendent impossible toute autre manœuvre que le grattage à la curette. La poche est bourrée de gaze iodoformée fortement imbibée de naphtol camphré.

Après l'intervention, l’état local reste bon, mais l’état général devient inquiétant; sueurs nocturnes, oppression, craquements secs dans les deux fosses sus-épineuses. Le 16 mars, il n’y a pas encore de fièvre, mais l’induration gagne toute l’étendue des lobes supérieurs,

L'examen bactériologique des crachats y révèle de nombreux bacilles de Koch. Le 25 mars la plaie est parfaitement cicatrisée, mais le malade a une véritable hémoptysie et quelques jours après il est présenté à la Commission spéciale de réforme. L’examen du pus, des fongosités et des parois nous a montré des cellules géantes typiques affirmant bien la similitude des deux processus se manifestant à la fois à la langue et aux poumons.

Professeur PonceT, recueillie dans le service (inédite).

J... est un homme de quarante-trois ans, entré à l’Hôtel-Dieu le 14 décembre 1893 pour une tumeur de la langue, On ne relève rien dans l’hérédité, personnellement le malade raconte qu’il tousse l'hiver, mais sans que son état général ne soit en rien modifié; il est père de cinq enfants bien portants, nie la syphilis, mais fume à la pipe deux paquets de tabac de 50 centimes par semaine.

Au mois de juillet 1893, il s'aperçoit pour la première fois de l'existence d’une tumeur sur le bord latéral gauche de la langue, cette tuméfaction était indolore et ne provoquait qu'une gêne légère de la parole, mais elle grossit progressivement jusqu’à envahir tout l’espace compris entre le bord gauche et le raphé médian.

Actuellement la tumeur a atteint le volume d’une grosse noisette, à son niveau la muqueuse est fortement soulevée et tendue, mais elle reste lisse, rouge et indolore ; elle est fluctuante en un point tandis qu’en d’autres on sent plusieurs noyaux indurés de la

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grosseur d’un petit pois; rien d’anormal dans la cavité buccale ni dans le voisinage, pas de ganglion dans la région maxillaire, L'état général est bon et l’auscultation ne révèle pas de lésions pulmonaires. La gêne fonctionnelle seule a poussé le malade à venir demander des soins, la parole est particulièrement embarrassée et lente, la langue ne se mouvant pas avec toute la rapidité désirable,

Ineision cruciale sur la face dorsale de la tumeur ; raclage des fongosités à la curette, suture au catgut. Réunions par première intention.

L'examen microscopique pratiqué par M. Dor,chef du laboratoire delaclinique, révèle dans les parois de la poche de nombreux tubercules avec cellules géants typiques. L’inoculation expérimentale est positive.

Thèse de WixTman. — Abcés froid de la langue. — Tuberculose pulmonaire concomittante., — Extirpation aw bistouri. — Réunion immédiate. — Guérison.

Le nommé X..., machiniste, trente-huit ans, entré en mai 1893, salle Malgaigne; il est marié et père de famille, pas d’hérédité, pas de syphilis. Le début de son affection paraît avoir passé absolument inaperçu, il avait une tumeur intra-linguale indolente jusqu'1l y a environ cinq jours. A ce moment, le malade éprouvant de la douleur dans Ja langue se regarda dans une glace et aperçut un orifice sur la face dorsale de l’organe. Les bords de cet orifice sont surélevés, déchiquetés ; le fond de la cavité qui peut contenir un gros pois est gris jaunâtre; la pression et le contact ne provoquent pas de douleur,

Quelques ganglions sous-maxillaires. Au sommet gauche en avant et en arrière, submatité, respiration rude, râles, Nombreux bacilles dans les crachats.

La cavité ainsi que l’induration qui l’entourait furent extirpés au bistouri à l’aide d’une incision elliptique et la plaie réunie par 6 points de catgut.

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