‹ De la tuberculose péritonéo-pleuraleChapitre 24 sur 39 · SEE · texte numérisé non relu

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lentement ; le ventre est moins gros, la circulation collatérale moins développée.

45. — L'amélioration continue, le liquide contenu dans l'abdomen a certainement diminué, le ventre est plu souple. La respiration est bien plus facile, quoiqu'il existe encore des signes bien nets d'un épanchement dans la plèvre droite.

30. — État général très bon, appétit, digestions faciles, respiration de plus en plus facile.

Pendant le mois de septembre le malade a été de mieux en mieux. |

16 octobre. — I] demande à quitter l'hôpital, son teint est meilleur, quoiqu'il soit encore un peu pâle.

Les fonctions digestives sont normales.

Le ventre est encore volumineux mais souple, il existe . toujours un peu de liquide mais qui semble se résorber graduellement, et il n'y a de matité que dans les flancs. La respiration n’est plus gènée ; cependant on trouve toujours en arrière et à droite, de la matité dans la moitié inférieure, et à ce niveau la respiration est encore un peu soufflante. Il ne paraît toujours y avoir rien aux sommets.

Le traitement n’est pas indiqué. Le malade a été soumis à l'usage du lait, de la poudre de viande et aussi alimenté que possible.

Osservarion V (inédite, communiquée par M. Ferner).

La nommée F... Glorionde, âgée de 18 ans, domestique, entrée à l'hôpital Beaujon, le 9 février 1890, salle Axenfeld, n43

Pas d'antécédents héréditaires suspects.

A ntécédents personnels. — Coqueluche à 5 ans. Scarlatine à 6 ans. Fièvre typhoïde à 16 ans.

SRE

Réglée à 12 ans, toujours régulièrement, mais peu abondamment ; écoulement rosé ne durant que 2 jours.

Début de la maladie. — 11 y a un mois elle a commencé à souffrir du ventre ; mais principalement, après avoir mangé et cette douleur a été en augmentant jusqu’à aujourd’hui.

Depuis une huitaine de jours elle est devenue continuelle.

Constipation opiniâtre depuis un mois.

Etat actuel. — La douleur persiste et est surtout localisée en un point situé à droite de l’ombilic.

L’abdomen est augmenté de volume.

À la percussion on trouve une matité complète dans toute la partie inférieure. On perçoit même très nettement de la

fluctuation. |

A la percussion du thorax, on trouve de la matité au niveau de la base du poumon gauche, en arrière, diminution du murmure vésiculaire, affaiblissement des vibrations thoraciques, léger souffle expiratoire. Bref épanchement peu abondant.

12 février. — Point de côté à droite. Examen négatif.

143. — Le point de côté persiste et on constate les signes d’un léger épanchement.

L'épanchement du côté gauche reste le mème,

La malade nullement oppressée, ne souffre pas et mange assez bien.

23. — Mèmes signes. Ponclion exploratrice négative à la base gauche.

24. — Une ponction exploratrice abdominale donne un liquide séreux et limpide. Injection intra-péritonéale de 5 gr. de liqueur de Van Swieten.

26. — Les douleurs abdominales ont un peu augm enté. Les épanchements pleuraux ont beaucoup diminué, on en-

“tend le bruit respiratoire dans toute l’étendue des poumons.

pes

7 mars. — La respiration est redevenue un peu voilée à la base gauche. Le liquide péritonéal paraît avoir diminué; le ventre est moins gros.

14. — Affaiblissement de l'état général. Le malade maigrit et ne mange plus.

19. — Le murmure respiratoire est plus affaibli à gauche. Rien à droite. Le ventre est ballonné, et très tendu.

29. — Souffle pleurétique au niveau de l’angle inférieur de l’omoplate à gauche. Le sommet gauche est suspect de bacillose.

6 avril. — La malade a maigri énormément. Gavage. Les épanchements péritonéal et pleural ont augmenté.

1%. — Injection intra-péritonéale de 5 grammes de solution iodo-iodurée.

La palpation du ventre fait sentir près de l’ombilic un plastron dur, formé probablement par l’épiploon infiltré.

A la base gauche l'épanchement remonte jusqu’à l’angle de l’omoplate.

22, — Nouvelle injection intra-péritonéale de solution iodo-iodurée. pe |

23. — Aucun changement dans l’état de l'abdomen. Diminution de l'épanchement pleural.

26. — Le ventre est visiblement moins ballonné, moins tendu, La respiration toujours douteuse à gauche.

27 mai. — Mêmes signes pleuraux. Le ventre moins ballonné est presque indolore.

27 juin. — La malade quitte l'hôpital pour retourner dans son pays. Son état est peu satisfaisant.

L’épanchement péritonéal ne s’est pas reproduit; mais les signes physiques indiquent une infiltration considérable de l’épiploon et sans doute une infiltration analogue de la plè-

vre gauche. L'état général est très médiocre. Amaigrissement marqué, faiblesse, en somme état cachectique.

Osservarion VI (due à l’obligeance de M. Ferner).

Anne P... âgée de 51 ans, journalière, entre le 14 novembre 1891 à l'hôpital Beaujon, salle Axenfeld, lit n° 7.

Antécédents héréditaires. — Père mort paralysé à 75 ans. Mère morte à la suite d’un avortement. La malade est la seule survivante de 41 enfants, tous morts en bas-âge, sauf un qui est mort à 42 ans.

Antécédents personnels. — Réglée à 13 ans. Ménopause depuis 7 ans. Elle a eu 3 enfants dont 2 sont morts à 11 mois 1/2 et 13 mois 1/2; un est vivant, âgé de 30 ans.

Comme maladie antérieure, la malade dit avoir eu 2 ou 3 fluxions de poitrine, mais sans pouvoir préciser la durée ni l’époque de ces maladies.

Début de la maladie. — 11 y a 3 semaines la malade est prise presque subitement de douleurs abdominales assez violentes avec nausées, ballonnement du ventre, fièvre vive. Constipation opiniâtre ; abdomen très sensible à la pression. Cet état de péritonisme subaigu dure quelques jours ; puis les phénomènes fébriles et douloureux s’amendent ; mais la constipation et le ballonnement du ventre persistent. C’est ce qui décide la malade à entrer à l’hôpital.

Etat actuel. — 15 novembre 91. — La malade est un peu amaigrie, depuis 2 mois, elle aurait, dit-elle, perdu 20 livres. La peau est flasque, pâle, le visage amaigri, les traits tirés, le ventre ballonné et un peu dur, non douloureux. Pas d’ascite. Foie normal. Constipation mais sans phénomènes d’obstruction.

Pas de toux ni d’expectoration. Jamais d'hémoptysie. Rien au cœur ni aux poumons. Peu d’appéut,

Se

Faiblesse générale marquée.

Urines normales,

En résumé, pas de diagnostic net, état de faiblesse, sans maladie évidente.

23, — Depuis quelques jours fièvre rémittente. Respiration moins facile, Léger point de côté à gauche. On constate à la base gauche de la diminution de la sonorité, la disparition presque complèle du bruit respiratoire, sans bruits anormaux, ni pectoriloquie, ni égophonie, abolition des vibrations thoraciques. La base gauche semble moins soule- . vée que la droite dans l'inspiration. Dès ce jour le diagnostic de tuberculose péritonéo-pleurale est porté.

29, — L'épanchement a augmenté. La matité s’est étendue en avant, Respiration très gènée. |

Une ponclion donne 1200 grammes de liquide citrin, séreux, presque pas fibrincux. Après le repos, pas de caillot; mais quelques filaments dans le fond du bocal.

Décembre. — Amélioration. Abdomen moins volumineux et moins dur, et les fonctions digestives, bien que toujours ralenties s’accomplissent un peu mieux, il n’y a pas d’ascite évidente, mais on trouve pourtant dans les deux flancs, surtout à gauche, une submatité qui ne se déplace que d’une façon peu sensible dans les mouvements.

Quant à l’épanchement, d’abord réduit à la suite de la ponction, et n'occupant que le quart de la plèvre gauche, il ne tarde pas à se reproduire, et dès le milieu de décembre, il est presque revenu aux proportions qu'il avait avant la ponction.

L'état général n’est pas trop mauvais, l'appétit reste peu développé, et malgré sa bonne volonté, la malade n’arrive guère à supporter la suralimentation qui lui est conseillée avec

ne

insistance; pourtant la fièvre diminue et l’amaigrissement n’augmente pas.

À partir de ce moment l’état reste stationnaire sous tous les rapports ; aussi le 4 janvier 1892, devant la reproduction et la persistance de l’épanchement, sans aucune tendance à la guérison spontanée M. Fernet se décide à intervenir.

5 janvier 1892. — Injection dans la plèvre, sans évacuation du liquide, de 8 centimètres cubes d’eau iodo-iodurée dont voici la formule :

; oder re SR 0x. 'eramme

Iodure de sodium. . . 4 »

Eau filtrée et bouillie . 35 »

: Légers phénomènes d’iodisme dans la soirée.

6. — La malade se sent un peu fatiguée. Aucun changement dans les signes pleurétiques.

L'élimination de l’iode (examen des urines), a duré moins de 48 heures. |

Dans les six jours qui suivent l'injection, il ne se passe rien de particulier, les signes pleurétiques ne présentent pas de changement il est alors indiqué d’évacuer le liquide.

11, — Ponction évacuatrice. 1100 grammes de liquide séreux, (le couleur jaune assez foncé ; ce liquide ne donne pas la réaction de l’iode, après dépôt, pas de caillot, mais seulement quelques flocons filamenteux.

Dans les jours suivants, l’épanchement ne paraît pas se reproduire ; on trouve encore de la matité et de la diminution du bruit respiratoire à la partie inférieure de la poitrine, mais ces signes sont limités dans une très faible étendue. Quant aux désordres abdominaux, ils se sont aussi atténués : le ventre est toujours douloureux, mais il est moins volumineux et plus souple. A la palpation on sent très nettement dans les flancs, surtout à gauche les anses intestinales agglu-

tinées, un peu distendues par des gaz, mais adhérentes entre elles et séparées par des dépressions de consistance ferme et empâtée ; il n'y a plus trace d’ascite.

Un peu plus tard (26 janvier), on constate des frottements pleuraux dans la fosse sous-épineuse ; le 8 /évrier, ces frottements s'étendent jusqu’en bas de la plèvre gauche; la petite quantité de liquide qui persistait encore après la ponction a donc été totalement résorbée.

Concurremment avec cette amélioration dans les désordres thoraciques el abdominaux, on observe une amélioration dans l’état général: la fièvre a disparu, Pappétit s’est relevé et la malade sent ses forces revenir.

Le 18 février, l'état est satisfaisant sous tous les rapports ; la convalescence est déclaréé, et la malade part pour le Vé-

sinet.

. OgservarTion VII (inédite, due à l’obligeance de M. Barra, médecin de l'hôpital Broussais).

Tuberculose à marche lente. — Péritonite avec épanchement (forme ascitique). — Pleurésie de même nature. — Signes douteux au sommet. — Résorption spontanée des épanchements.

B... Emilie, âgée de 18 ans 1/2, ouvrière, entrée le 14 décembre 1891 à l’hôpital Broussais, salle Axenfeld, n° 19.

Antécédents héréditaires. — Père bien portant, 64 ans. Mère en bonne santé. Une sœur morte en bas-âge. Antécédents personnels. — Pas de gourmes ni d’adénites

dans l’enfance. Jusqu’à l’âge de sept ans, elle a été constamment malade ; elle eut la diphtérie, la rougeole, les oreillons.

Réglée à l’âge de 15 ans, sans douleur. Depuis lors la menstruation est régulière, mais peu abondante. Le mois dernier

les règles sont venues deux fois, au commencement et à la fin du mois.

La malade entre à l'hôpital pour des accidents qu'elle présente du côté de l’abdomen et qui se sont montrés vers la fin du mois de décembre. A cette époque, elle a remarqué que son venire augmentait de volume, et dans l’espace de deux jours, il avait acquis les dimensions qu'il a actuellement. La malade, en dehors de la gène qu’elle éprouvait à se serrer dans ses vêtements, ne ressentait aucune douleur, pas de pesanteur ni de tiraillements. A la palpation, le ventre est du reste souple, et on peut l’explorer sans réveiller aucune souffrance.

L'état général ne se modifie en aucune façon sauf l'appétit qui diminue considérablement. Pas de vomissements.

Sommeil bon, sauf quelquefois où la malade est en proie à des cauchemars.

Gardes-robes régulières.

La malade tousse un peu.

Elle a fréquemment des palpitations, quand elle marche vite ; elle est essoufflée très facilement.

Examinée au point de vue nerveux, voici ce que lon relève : la malade à un caractère assez triste, elle pleure facilement, lorsqu'elle est contrariée ; d’autres fois elle est prise d’accès de rire pour une raison futile ; elle n’a pas la sensation de la boule hystérique. Elle perd souvent connaissance etressent au niveau de la tête le phénomène que l’on a décrit sous le nom de clou hystérique ; enfin la sensibilité pharyngée est très amoindrie.

Depuis que la malade est dans cet état, elle n’a été vue par aucun médecin.

Voyant qu'aucune amélioration ne se produisait elle s’est décidée à rentrer à l'hôpital.

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État actuel. — Faciès plutôt pâle, lymphatique. Embonpoint normal. Pas de ganglions dans la région cervicale. Langue bonne. Appétit conservé, pas de constipation.

Abdomen considérablement développé, de forme arrondie, mais flasque et sans dureté; sonore dans la partie supérieure, présentant dans les parties déclives une portion mate qui se déplace selon la pesanteur.

Matité hépatique peu considérable : 4 travers de doigt sur la ligne mammaire.

Rate normale.

La palpation abdominale est absolument indolente.

On constate au sommet droit en avant et en arrière une faiblesse marquée de la respiration avec expiration rude et prolongée. |

Léger souffle anémique à la base du cœur. Rien de notable dans les vaisseaux du cou.

Pas d'albumine.

Traitement: Potion avec 1 gramme d’iodure de potassium.

Badigeonnage iodé sur toute la surface du ventre.

Vin de gentiane. Magnésie calcinée, 5 grammes tous les 2 jours.

18 février. — La circonférence du ventre au niveau de l’ombilic est de 0 m. 95.

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