Cet état de cachexie s’accuse, le malade s’alimente
à peine, langue sèche, diarrhée.
25. — Mort, sans qu'il soit survenu aucun accident particulier.
AUTOPSiE, — Faite 36 heures après la mort. — A l'ouverture du ventre, il s'écoule 6 litres environ d’un liquide d'abord jaunâtre et qui présente à la fin l’aspect hémorrhagique.
Cavité thoracique. — Pas de liquide dans la plèvre gau-
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che. Adhérence intime du poumon gauche dans toute son étendue. La plèvre viscérale est épaissie surtout à sa base ; mais ne présente pas trace de granulations. La plèvre pariétale, également épaissie, est fibreuse, lisse, blanchâtre et présente à sa base quelques granulations fibreuses.
Le poumon gauche ne présente d’autre lésion, malgré des coupes multiples, qu’un tubercule crétacé du sommet, à peine du volume d’un pois.
La plèvre droite contient 2 ou 3 litres de liquide hémorrhagique, pas d’adhérences. Les plèvres viscérales et pariétales sont recouvertes d’un semis de granulations miliaires, même dans la plèvre interlobaire. Toute la plèvre est le siège de suffusions hémorrhagiques, surtout marquées dans le cul-de-sac inférieur qui renferme des amas de caillots. Certains de ces caillots, adhérents au poumon, limitent des logettes fibreuses remplies de liquide. A la surface de ces caillots, on voit une éruption de petites granulations tuberculeuses miliaires. Les granulations sont beaucoup plus confluentes à la base de la plèvre.
Le poumon droit, atélectasié à sa base, congestionné au sommet, ne contient aucune granulation tuberculeuse, même pas à sa périphérie.
Le péricarde est sain, ne présente aucune granulation. Le cœur est normal, sauf un léger athérome des valvules aortique et mitrale. Le médiastin ne renferme pas de ganglion très volumineux ; onen trouve un cependant du volume d’une noix entre l'aorte et l’œsophage qui est le siège d’un semis de granulations miliaires.
Le diaphragme est recouvert sur sa moitié supérieure droite d’un semis de granulations miliaires. À gauche il présente des adhérences intimes fibreuses, très anciennes avec le poumon, pas de granulations,
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Sa face péritonéale est recouverte en entier de granulations tuberculeuses plus volumineuses que celles de la plèvre et est le siège d'un léger épanchement hémorrhagique à droite.
Cavilé abdominale. — L'épiploon est ratatiné, scléreux, couvert de granulations tuberculeuses.
Les intestins ne sont nulle part adhérents.
Tout le péritoine viscéral (mésentère, intestins, estomac, arrière cavité des épiploons) est couvert de granulations miliaires, extrèmement fines, transparentes, perlées, donnant à la main la sensation d'une soie moirée.
Le péritoine pariétal est infiltré de granulations tuberculeuses absolument confluentes et qui lui donnent un aspect tomenteux, surtout dans les flancs et le petit bassin, autour de ces granulations on en trouve de plus fines,
Le petit bassin est le siège d’une hémorrhagie et dans le cul-de-sac recto-vésical on trouve un caillot farci de granulations tuberculeuses.
Au fond du sac herniaire, la poussée granuleuse est plus accusée, et il y a un caillot hémorrhagique.
Le foie, petit, irrégulier, dur, est le siège d’une cirrhose à petites granulations. On trouve quelques rares granulations tuberculeuses sur le péritoine hépatique, plus nombreuses au niveau du ligament suspenseur. Pas de granulations visibles à l’œi1l nu à la coupe du foie.
Les reins sont macroscopiquement sains à leur surface et à la coupe.
Périsplénite ancienne. La rate, très molle est entourée d'une coque fibreuse, blanche, presque cartilagineuse.
Sur toute la surface muqueuse de l'intestin grèle et du gros intestin, on ne trouve aucune trace de lésion ancienne ou récente. Les ganglions mésentériques ne sont pas hypertrophiés.
Les testicules et les épididymes sont sains ainsi que la prostate. |
Rien aux méninges ni au cerveau.
Examen bactériologique. — Nous avons examiné un fragment de la séreuse péritonéale et un morceau d’un caillot. Nous y avons trouvé des tubercules avec leur disposition typique renfermant des bacilles de Koch en petite quantité.
Pendant la vie, notre ami M. Girode avait fait l'examen du liquide retiré par ponction, il nous a remis à ce sujet.la note suivante : « Liquide très franchement hémorrhagique, surtout à la 2° ponction. Pas ou presque pas de coagulum. Le microscope montre des hématies à divers états d’altération et relativement beaucoup de leucocytes dont quelques-uns contiennent des cocci présentant les réactions des staphylocoques pyogènes. Les cultures et les inoculations n’ont rien donné.
Pas de bacilles de Koch ».
Osservarion XI (résumée).
Tuberculose péritonéo-pleurale secondaire à une tuberculose pulmonaire.
Le nommé M... Joseph, âgé de 42 ans, sommelier, entre le 31 juillet 1893 à l'hôpital Beaujon, salle Louis, n° 9.
Pas d’antécédents héréditaires suspects.
De bonne santé habituelle, aucune maladie, pas d’excès alcooliques.
Depuis un an il ressentait de temps en temps des douleurs dans le côté droit de la poitrine, toussait un peu la nuit, avait rendu à plusieurs reprises quelques crachats sanglants ; cependant il continuait à travailler, sa santé générale restait bonne.
Il entre une première fois dans le service (salle Louis, n° 20). le 6 février 1893, pour une pleurésie droite ayant débuté brus-
quement quelques jours avant. Cette pleurésie évolue d’une façon aiguë, (la température atteint 39° 5), nécessite une thoracentèse — qui donne 2 litres de liquide citrin qui laisse
déposer un gros bloc de fibrine, — et après laquelle le liquide ne se reproduit pas.
Le sommet droit est submat, la ARR y ést rude et saccadée ; on y soupçonne la tuberculose.
Le 26. — Alors que les phénomènes pleurétiques avait disparu, apparition d’un zona intercosial droit, fébrile.
Le 6 mars, le malade part pour Vincennes. A sa sortie de l'asile, il put reprendre son travail, mais était moins vigoureux qu'avantsa maladie.
- Au commencement de juin, il s'aperçoit que son ventre grossit, Sans aucune douleur. Diarrhée fréquente. Diminution de l'appétit. |
Vers le 10 juillet il a pendant quelques jours dès vomissements alimentaires qui Pobligent à se mettre au lit.
Le 20. — Apparition de douleurs abdominales, limitées au creux épigastrique, rien dans le bas-ventre.
Le ventre grossissant davantage et les douleurs persistant il demande son admission à l'hôpital le 31 juillet 41893.
État actuel. — 1 a un peu maigri depuis son précédent séjour à l'hôpital ; cependant l’état général est satisfaisant. Fièvre modérée, ne dépassant guère 38° le soir. Jamais de frissons. Les digestions (régime lacté) sont assez faciles.
Ne tousse pas, ne crache pas.
Urines peu EE très chargées de sel, Pas d’albumine. Ventre gros, régulièrement développé, globuleux, indolore à la Et Pas de douleurs spontanées. A la palpation on trouve une résistance généralement étendue ; cependant on ne sent pas nettement les anses intestinales, sonorité
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excepié au creux épigastrique. Légère submatité dans les fosses iliaques (peu ou pas d’ascite).
Poitrine. Rien d’anormal à droite, sauf seulement un peu de submatité à la base. Au sommet gauche signes de bacillose au début (expiration prolongée, craquements secs après la toux, submatité).
Rien au cœur.
L'examen des crachats révèle la présence du bacille de Koch.
5 août. — Apparition à la base gauche de signe d'épanchement peu abondant, mais très net.
Les lésions du sommet s’accusent, le sommet droit qui avait paru normal, présente un petit foyer de craquements secs.
Fin août. — Les phénomènes abdominaux n’augmentent guère, cependant diarrhée assez fréquente et douleur passagère dans la fosse iliaque droite, où l’on perçoit de l’empâtement.
Tousse fréquemment, crache.
L’épanchement reste toujours peu abondant à gauche. Les lésions des sommets évoluent rapidement.
Septembre. — La tuberculose pulmonaire marche vite et le malade meurt le 26 septembre sans avoir présenté de nouveaux symptômes.
Auropsie. — La cavité péritonéale renferme environ 2 litres de liquide de couleur orangée. Le grand épiploon, adhérent à la paroi thoracique est infiltrée de petites granulations miliaires. Tous les viscères abdominaux sont agglutinés par des fausses membranes fibrineuses, mais très peu résistantes.
Les deux feuillets du péritoime sont épaissis et recouverts
Dis y en
de granulations miliaires, on n'y remarque pas de suffusion hémorrhagique.
Le foie gros, présente à la coupe quelques rares tubercules, surtout près de sa face supérieure.
Les reins, la rate, les intestins ne présentent pas de lésion tuberculeuse visible à l’œil nu.
Le diaphragme est recouvert sur ses deux faces d’un semis de granulations miliaires.
Cavité thoracique. — La plèvre gauche renferme environ un litre et demi de liquide clair. Son feuillet viscéral peu épaissi ne présente pas de granulations, on en trouve au contraire quelques-unes sur le feuillet pariétal et surtout au niveau de sa base et du cul-de-sac inférieur.
Le poumon gauche, non adhérent, présente au sommet des lésions limitées de tuberculose : une cavernule, entourée de quelques tubercules en voie de ramollissement.
La plèvre droite ne renferme pas de liquide. Son feuillet pariétal, épaissi, adbère intimement à la paroi ; il est infiltré de granulations tuberculeuses dans toute sa hauteur,
Le poumon droit est farci de granulations tuberculeuses dans toute sa hauteur.
Le péricarde présente à sa base et sur son feuillet pariétal seulement des granulations miliaires analogues à celles du péritoine viscéral.
Rien aux méninges, ni au cerveau.
Osservarion XII (personnelle, résumée).
Tuberculose péritonéo-pleurale consécutive à une tuberculose hépatique et pulmonaire.
Le nommé M... Jacques, âgé de 32 ans, tonnelier, entre à l'hôpital Beaujon, le 20 mars 1893, salle Louis, n° 16. Pas d’antécédents héréditaires.
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Antécédents personnels bons, dit n'avoir jamais été malade. Ethylisme (5 à 6 litres de vin par jour).
Il y a 15 jours a vu survenir de l’ædème des membres inférieurs.
Il y a 8 jours s’est aperçu que son ventre grossissait, sans ressentir d’ailleurs aucune douleur, aucun trouble digestif.
Il entre à l'hôpital où on conslate les signes suivants : malade amaigri, subictérique.
Ventre gros, circulation collatérale développée, ascite manifeste, assez abondante.
Foie gros (sensation de glaçon), rate volumineuse.
Urines rares et chargées en urates.
Cœur normal.
Poumons, quelques râles de bronchite généralisée.
Fièvre autour de 38°.
En présence de ces signes on fait le diagnostic de cirrhose mixte.
24 mars. — L'épanchement abdominal ayant augmenté on fait une ponction qui donne 7 litres de liquide sanguinolent. Par le dépôt, pas de bloc fibrineux mais une couche abondante de globules rouges.
À la suite de cette ponction, le liquide ne se reproduit plus, en outre les urines deviennent abondantes. Le malade soumis il est vrai, au régime lacté, rend chaque jour 2 litres 1/2 d’urines claires.
La fièvre persiste entre 3705 et 38°%5.
Cet état persiste pendant les mois d'avril et mai. Les phénomènes abdominaux étant peu accusés, Les fonctions digestives conservées, la palpation du ventre donne cependant un sensation de résistance généralisée. Par contre apparaissent des symptômes pulmonaires : frottements et submatité à