OBSERVATION XXII
Fraenkel (Uber Schilddrüse und Tuberkulose. Vicrhows archiv. 1886. Bd. 104)
Résumé : Garçon de 5 ans, traité pendant longtemps par des chirurgiens pour une carie localisée en différents points des extrémités. Entre dans le service le 27 juillet 1885 avec une grande émaciation. On est frappé par l’existence d’une tumeur considérable située au niveau de la glande thyroïde. Celle-ci après dénudation s’est présentée comme une tumeur assez dure, de couleur blanc jaunâtre, refoulant loin en arrière le larynx, la trachée et dépassant à gauche la ligne médiane. Ce n’était autre chose que le lobe droit transformé. La moitié droite de l’isthme montrait les mêmes altérations. Tout le reste de la glande était normal. A la section du lobe droit on n’a pu rencontrer une seule parcelle de parenchyme normal; il était remplacé par des masses jaunâtres ou blanc grisâtre sans aucune organisation, sans foyer de ramollissement. Les ganglions lymphatiques du voisinage es, hypertrophiés montraient une caséification diffuse,
Les ganglions du médiastia étaient hypertrophiés et caséifiés ainsi que ceux de la cavité abdominale. Fraenkel a noté en outre la présence d’un tubercule de la grosseur d’un noyau de cerise sur le péricarde du ventricule gauche et pénétrant dans le muscle cardiaque.
Il ajoute que l’examen histologique est venu confirmer le diagnostic de tuberculose, mais qu’il a été impossible de savoir quel a été le point de départ de cette tuberculose.
LSAUDES
OBSERVATION XXIII Grasset et Estor (Revue de Médecine, 1887)
Résumé. — C. célibataire 37 ans, garçon d'hôtel, entre le 8 octobre 1886 à l’hôpital de Montpellier. |
Pas de renseignements sur les antécédents héréditaires. Bonne santé habituelle. Variole à 14 ans. Sciatique légère en 1877. Pas d’éthylisme. Pas de syphilis.
Thyroïdite aiguë en 1883, survenue sans autre cause apparente qu’un refroidissement. Chute sur le poignet droit en octobre 1885.
Le malade entre le 7? mai 1886 dans le service de M. le Professeur Lépine parce qu’il souffre dans son épaule droite depuis son accident et qu’il ne peut se servir de son bras droit.
On note un petit goître développé aux dépens du lobe gauche du corps thyroïde. Il serait consécutif à la thyroïdite aiguë déjà signalée. Fin mai, le goître augmente de volume et devient douloureux. En 3 ou 4 jours l’augmentation de volume est assez grande pour entraîner de la gêne de la déglutition et de la dysphonie. La douleur devient très vive. Le malade a des frissons et une température de 400. En somme on a tous les symptômes d’une thyroïdite aiguë semblable à celle de 1883 dont l’étiologie est si obscure. Guérison rapide à la suite d’un traitement par les vésicatoires et l’iodure de potassium.
Le 14 août, sur sa demande, le malade sort de l'Hôtel-Dieu, mais entre le 31 août à l'hôpital d'Avignon, pour son membre supérieur droit dont les douleurs et l’impotence ont augmenté.
Le 8 octobre il revient à Montpellier dans son ancien service où il contracte une congestion pulmonaire qui se dissipe rapidement.
Les douleurs scapulaires sont très vives. Les 2 membres supérieurs présentent une atrophie considérable et sont absolument paralysés. Ils ont consèrvé une sensibilité normale. Les membres inférieurs n’ont rien d’anormal. Pas de troubles sensoriels, ni sphinctériens. Réaction des nerfs normale.
On signale un fait déjà observé pendant te séjour à Lyon :
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la pression sur les 5 premières vertèbres cervicales est très douloureuse.
A l'examen de l'appareil pulmonaire, on note une légère submatité au # moyen du poumon droit avec respiration un peu soufflante et quelques râles muqueux à ce niveau.
Le diagnostic posé est celui de myélite cervicale consécutive au traumatisme du 10 octobre 1885. Le malade meurt le 14 novembre. On fait son autopsie le 16 novembre.
Les méninges sont parfaitement saines. La moëlle est complètement ramollie au niveau du renflement cervical. Une tumeur osseuse au niveau des 3 et 4 cervicales fait saillie de 1/2 cm. à l’intérieur du canal rachidien, de chaque côté de la ligne médiane. Les facettes articulaires unissant ces vertèbres sont profondément altérées.
L'examen histologique ultérieur a montré que ces lésions étaient de nature tuberculeuse.
On observe en outre sur les parties latérales de ces mêmes vertèbres, à droile, une petite tumeur du volume d’un œuf de pigeon, à gauche une autre masse de la grosseur d’un haricot. De cette dernière, part une série d’autres petites tumeurs qui vont rejoindre la partie supérieure du lobe gauche du corps thyroïde.
L'examen histologique a montré qu'il s'agissait de ganglions envahis par le processus tuberculeux. Pas de bacilles de Koch.
On examine ensuite le corps thyroïde. Le lobe droit est à peu près normal. Le lobe gauche est deux fois plus développé, bosselé, dur, et présente sur les faces antérieure et supérieure une série de petites tumeurs de la grosseur d’une lentille et rattachées à la glande par un pédicule. Certaines de ces tumeurs placées en dehors de la thyroïde se dirigent vers la partie latérale gauche de la tumeur vertébrale.
L'examen microscopique a montré des lésions conformes à la description de la thyroïdite tuberçuleuse de Cornil et Ranvier.
L'épithélium dans les parties qui sont peu compromises a proliféré et au lieu d’un seul rang de cellules, il en existe deux ou trois . Quand le processus est plus avancé, le follicule clos est complètement bourré d'éléments jeunes. Peu à peu la prolifération est telle que la capsule fibreuse éclate. Puis une
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voisine éclate aussi et il se forme alors une vaste lacune absolument remplie d'éléments embryonnaires. Il arrive un moment où la partie fibreuse périphérique ne s'étend plus. On voit alors les cellules du milieu s’infiltrer de graisse, dégénérer et disparaître. Tandis que jusqu'alors elles s'étaient colorées sous l'influence du picro-carmin, elles présentent maintenant une teinte jaunâtre, et seules les cellules de la périphérie présentent une belle coloration. Parmi ces dernières on en trouve plusieurs présentant une forme polygonale qui rappelle l’épithélium normal. Dans les premiers temps le tissu fibreux cède, éclate, mais lorsque le nodule tuberculeux a commencé à dégénérer au centre, si l’on examine la partie périphérique, on voit que l’épaisseur du tissu lamineux est considérable. On a recherché par la méthode d’Ehrlich, le microbe de la tuberculose sur un grand nombre de coupes sans le rencontrer jamais.
Poumons : à droite, quelques rares noyaux tuberculeux : petites masses grises entourées d’une zone fibreuse peu épaisse, de la grosseur d’un noyau de cerise, s’énucléent facilement.
A gauche, quelques faibles adhérences pleurales et de très rares tubercules superficiels.
Ces lésions sont absolument insignifiantes et ne pouvaient fournir aucun signe à l’auscultation.
D. Groupe du type «Goître exophtalmique »
OBSERVATION XXIV Gilbert et Castaigne. — (Société de Biologie, juin 1899)
Résumé.— Malade de 42 ans présente tous les signes d’un goître exophtalmique.
À l’autopsie, son corps thyroïde augmenté de volume, très ferme, pèse 140 gr.
Histologiquement, il présente des lésions de sclérose hypertrophique diffuse, sans altération très notable des grains thyroïdiens, qui semblent même augmentés de volume. Mais, dans les bandes de tissu scléreux, on a pu trouver par places.