SI
le devenir; ce petit Hombre de penseurs profonds, dis-je, sait très bien quelle différence il y a entre la dignité plus importante, plus glorieuse et plus préférable, de présider sous l'égide des lois au gouvernement d'un peuple libre, et celle de conduire au gré de ses caprices un vil troupeau de bétail.
J'abandonnerai donc toute preuve ultérieure comme non nécessaire à démontrer qu'une monarchie limitée ne peut exister sans que la monarchie cesse immédiatement, et que toute monarchie qui n'est pas limitée, est une véritable tyrannie, alors même que la monarchie, n'abusant pas pour quelque temps de son pouvoir de nuire, ne se conduit pas en tyran. Je passerai ces preuves sous silence pour le seul désir d'être laconique, et parce que je crois parler à des lecteurs qui n'ont pas besoin qu'on leur dise tout.
Je vais essayer d'analyser la nature de la mono-tyrannie, et par quels moyens elle a su si bien s'enraciner dans l'Europe, qu'elle y paraît désormais inexpugnable.