ON
fre dans le ventre, vomit presque tout, prend de la dysurie qui va en augmentant. Depuis un an elle doit être sondée deux ou trois fois avant chaque menstruation. Elle a del’œdème des jambes. Puis les règles arrivent, très fortes, avec caillots, anémiantes. À ce moment la dysurie diminue. Les règles durent 10 jours, pendant tout ce temps la malade garde le lit, souf- Îre, vomit. — Dans la période intercalaire il n'y a qu'un soulagement relatif : dysurie légère, constipation.
Au palper on sent une tumeur remontant à peu près à l’ombilic, s'étendant de chaque côté à quatre travers de doigt de la ligne blanche. Cependant ce n’est pas une sensation bien nette, elle rappelle plutôt celle d’une vessie distendue; mais un doigt à l’ombilic et un doigt vaginal enserrent une tumeur dure, globuleuse, légèrement mobile. Matité dans les mêmes limites. La circonférence passant au ras des crêtes iliaques et à un centimètre au-dessous de l'ombilic est de 79 centimètres. Au toucher vaginal on trouve l’excavation remplie par une tumeur globuleuse arrondie, dure comme un fibrome, qui a distendu régulièrement le segment inférieur de l’utérus jusqu’à l’orifice externe. Pas de saillie du col, mais à son niveau, un orifice arrondi non dilaté.
29 décembre 1888. — Opération : Double castration.
C’est bien un fibrome qui remonte à peu près à l’ombilic. Ce que l'opération a présenté de particulier c’est que la vessie remontait très haut au-dessus du pubis, se présentant sur les bords de l’incision dans le tissu sous-péritonéal et simulant l'intestin. Cependant, frappé del'absence d'enveloppe péritonéale de cette prétendue anse intestinale, M. Goullioud émet l’idée d’un prolongement vésical. Elle est vérifiée par la sonde et l'hystéromètre, délicatement introduits par l’urèthre. Le culde-sac vésical supérieur remonte très haut à droite, il aurait pu être très facilement Iésé pendant la section abdominale. La recherche des annexes à droite, puis à gauche, n’a pas été trop difficile. Pas d’adhérences. Clamp pour castration. Seul incident : l’aiguille, en traversant le pédicule, a blessé une veine. Hémorrhagie. On doit mettre un fil plus haut en liga-
ture totale, il suffit. Dans la suture, on a évité de comprendre le péritoine qui recouvre le cul-de-sac vésical.
Suites simples. — Léger écoulement de sang les jours suivants, comme un écoulement menstruel.
3 mars 1889. — La malade sort du service, elle reste dolente mais elle n’a plus eu d'hémorrhagie, pas la moindre apparition menstruelle. N’a plus eu besoin d’être sondée. Se plaint seulement de douleurs dans les flancs.
(Revue le 26 juin 1893, cinq ans après l'opération.) La malade est revue par M. le docteur Goullioud, elle est très satisfaite de son opération. Peu après sa sortie de l'hôpital elle a eu une métrorrhagie, mais depuis elle n’a jamais eu ni règles ni aucune perte sanguine; les troubles de la miction qui nécessitaient autrefois si fréquemment des cathétérismes et qui avaient été la principale indication de l'opération ont complètement disparus. L’utérus est globuleux, mais il ne dépasse pas Le détroit supérieur et n’exerce dans l’excavation aucune compression fâcheuse. On ne pratique pas l’hystérométrie la malade se plaignant d’un peu de vulvite. La malade n’a pas repris les rapports sexuels. Elle présente une éventration légère pour laquelle elle porte une ceinture à plaque qui lui permet de travailler sans inconvénient à son métier de tisseuse.
Enfin, tandis qu'autrefois la malade avait fréquemment des vomissements, actuellement elle digère bien.