CHAP. V. — CONSIDÉRATIONS CONTRE LE NOUVEAU SYSTÈME. . . H
§ I. — Les conséquences du nouveau système 119
Caractère de la nouvelle opinion : comment elle diffère des opinions philosophiques admises dans les écoles. — Le nou-
veau système n’exige pas seulement le secours de la tradi- „ tiou pour l'acquisition des premières idées, mais, logiquement, il doit professer, et souvent il professe qu’il n’y a
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point pour l’homme, durant toute sa vie, d'autre moyen d’acquérir des idées religieuses, morales , intellectuelles. — Un homme, et par conséquent un peuple, l’humanité entière, ne peuvent découvrir de nouvelles vérités. — La société peut déchoir; elle ne saurait progresser par elle seule. — La foi au témoignage précède la raison, et devient le premier principe de certitude. — Connexité du traditionalisme et du lamennisme, avouée par M. de Bonald et par M. de Lamennais. — Le traditionalisme va plus loin que le lamennisme, et professe la nécessité absolue de La révélation dans l’hypothèse de la création. — La foi à la tradition devient une foi divine ? et toutes les vérités qu’elle seule peut enseigner, deviennent autant d’articles de foi appartenant au dépét de la révélation. — Comme la raison est fondée sur la foi, la philosophie est fondée sur la théologie ; la raison et la philosophie ne peuvent rien par elles seules. — Le système renverse les bases de la polémique chrétienne, de la religion elle-même, et de toute certitude.
§ II. — La nouveauté du nouveau système 172
Faux ancêtres réclamés par la nouvelle école. — Les nominalistes. — Leibnitz. — Condillac. — J. -J. Rousseau. — Dugald-Stewart. — Bergier. — Le système se donne luimême pour une nouveauté. — Il n’est point une de ces nouveautés que l’on permet en philosophie.
§ 111. — Vice fondamental du système 206
Impuissance des traditionalistes à expliquer comment la parole peut donner les premières idées. — De l'enseignement, et des différentes espèces de signes. — Les signes arbitraires ne peuvent être compris, s'ils ne sont expliqués par quelque chose de connu antérieurement : pour être enseigné, il faut savoir quelque chose. — La parole ne peut être comprise de l'enfant que par le moyen des signes naturels, dont l’intelligence suppose en lui des idées antérieures. — Ces idées antérieures peuvent lui venir autrement que par les signes, même naturels. — Avantage des signes, et surtout de la parole, pour le développement de la
raison.