‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 5 sur 81 · ENS · texte numérisé non relu

ENS

fine. est de date bien récente, ce qui tient d’une part à l’imperfection des instruments; d'autre part à ce.fait, qu’on envisageait les plantes uniquement au point de-vue des applications. L'ambition des botanistes.se.borna longtemps à reconnaitre les simples vantés pour. quelque vertu. curatrice, et comme le disait Rousseau: « comment se serait- «on beaucoup occupé de la structure organique-d’une sub- « stance.ou plutôt d'une masse ramifiée qu’on ne songeait « qu'à piler dans un mortier ? » Aujourd'huiles conditions sont changées. L’histologie, ou du moins. cette, partie. de la science qui, s'adressant à la forme.adulte -des éléments, sert directement de base à l'anatomie, peut. être: considérée comme parfaite. Si l’anatomie.est moins avancée, les résultats acquis sont assez sûrs pour que-l’on. puisse s'engager dans cette voie sans risque de-s’égarer: : 4

ILest done. possible d'introduire l'anatomie microsco- -pique dans la botanique médicale. Je dis de plus que.cette introduction est utile, car l’histologie.ne. constitue pas une base suffisante pour une classification. scientifique-et.naturelle reposant sur les caractères micrographiques.

Toutes les anciennes classifications sont basées ‘sur les caractères anatomiques, .mais sur. un petit nombre -seulement, sur ceux. qui frappaient extérieurement et. se laissaient. aisément. constater. La. forme et. la disposition des tiges, des feuilles, des pièces florales sont des caractères anatomiques ; et proposer l'emploi des caractères d’anatomie. microscopique dans les classifications, ce. n’est pas modifier les principes admis jusqu'à cejour.dans ce genre de travail. 4 598108

Les caractères que nous.venons de,mentionner ne sont que la traduction visible de la structure intime, et- si les

classifications anciennes ont de la valeur, c'est seulement

en raison de là concordance qui existe éntre ces deux ordres de caractères. Gette concordance d’ailleurs n’est pas complète. Elle est troublée par les influences de milieu, influences variables selon que la partie considérée est plus ou moins directement en contact avec les agents auxquels la plante doit s'adapter pour vivre. C'est donc dans les systêmes dont les modifications importent le moins à la vie des plantes croissant dans des conditions variées, que la structure nous présentera au plus haut point la fixité nécessaire pour servir de base aux grandes divisions, et en particulier aux familles et aux genres.

Les faits étudiés dans cet ordre d'idées confirment le plus souvent les limites antérieurement admises dans les principaux groupes, ce qui prouve la perspicacité des elassificateurs qui, avec un petit nombre de données, étaient arrivés à résoudre, exactement dans bien des cas, le problème si délicat des affinités. Mais ils révèlent aussi quelques relations imprévues: et permettent souvent de trancher - des questions litigiéuses.

L'application de tous les Caractères anatomiques aux classifications est donc légitime et même avantageuse. Si ces Caractères sont utiles au point de vue des classifications en général, ils prennent une importance capitale dans les déterminations médicinales, puisqu'ils sont souvent, avec les données de l’histologie, les seuls à notre disposition. — L'histologie offre des caractères plus variables dans les cas particuliers permettant mieux de distinguer entre elles des espéces voisines déja connues, mais non pas de déterminer la place d’une espèce quelconque dans les elassifications. Les caractères histologiques ne sont pas susceptibles d’être groupés, ils sont trop adaptationnels. Les caractères anatomiques suppléent aux formes extérieures,

| LR

OR er

La

‘$ LUE RER " ME NS eu at TOP APN pe PTÉ ME Fa We. 4 SAT Lo .. \ À QUE + eV EC L per, 1 1 à: L l pee Êr j

LS

LE à Dec

mais sans varier autant qu'elles. Les caractères histologiques s'appliquent mieux à la distinction des divisions ultimes, ils sont plus spécifiques ; les caractères anatomiques s'appliquent mieux à la distinction des groupes primordiaux.

Il s'agit de montrer que cet ensemble de caractères microscopiques suffit à reconstituer un type de plantes en l'absence des caractères généralement employés en botanique descriptive.

Pour cela il faut déterminer d’une part la subordination des caractères extérieurs ou intimes, d'autre part le degré de fixité des divers caractères anatomiques et les lois de leurs variations : 1° dans un même individu suivant l’âge, le développement, la partie considérée, l'habitat; 2° dans les formes Composant un groupe que l’on considère comme naturel et fondé sur des affinités incontestables, et qui soit suffisamment étendu pour que toutés les conditions de milieu, les types de développement les plus divers s'ÿtrouvent réalisés.

La famille des Comrosées nous à semblé particulièrement favorable pour tenter cet essai. Sa vaste répartition, les allures variées, les habitats divers des plantes qui la composént, facilitent la distinction entre ce qu'il y à de fondamental dans leur structure, et ce qui dépend des conditions spéciales dé vie du typé considéré. D'autre part, le nombre et l'importance de ses produits utiles ou nuisibles la placent au premier rang dans la matière médicale.

Une monographie des Composées exigeant une trop longue suite de recherches, nous nous sommes borné à l'étude de la tige. Les applications étant notre but essentiel, nous décrirons surtout les plantes indiquées dans les pharmacopées. Mais nous n’hésiterons jamais à élargir notre cadre, et nous chercherons des exemples dans toutes les

rl?

formes capables de relier entre elles les espèces. utiles à connaître et de jeter. du jour sur leur structure.

Notre but s'étend au delà de quelques cas isolés, nous mettons à l'épreuve une méthode générale et relativement nouvelle. Aussi ce travail doit-il être considéré seulement comme une ébauche, une. étude préliminaire que nous comptons bien poursuivre et étendre.

Nous ne prétendons même pas. que de ces observations isolées on puisse tirer directement de grandes applications, malgré Je nombre des plantes médicinales examinées. Pour

.queles avantages pratiques de la méthode se dégagent nettement, ii faut, qu'un certain.nombre de recherches de la -nature des. nôtres-aient. permis. d’édifier un travail d’ensemble, une véritable classification: du règne végétal basée sur tous les caractères importants et permettant d'arriver à une détermination sûre-et méthodique de toutes lesplantes, lors même qu’elles sont.altérées comme celles qui sont ordi- -nairement soumises:à l'examen du médecin. ou du pharmacologiste. ri Nous croyons que notre. œuvre ne -sera:pas sans profit -pour les sciences médicales, si elle attire l'attention des pharmacologistes sur un.certain nombre de caractères trop négligés jusqu’à ce. jour, et si..elle peut servir de point de départ à d'autres travaux analogues. Il-est temps d'utiliser Jes-importants résultats acquis par des hotanistes qui observentau point de vue de la science pure. Nous sommes convaincu que l'application des caractères anatomiques les plus ‘délicats:à la botanique médicale justifiera une fois de - plus cette paro'e de l’illustre Pasteur : « Les sciences « gagnent toutes à se faire des emprunts mutuels, et chaque « nouveau. point de contact est marqué pour elles par de « nouveaux progrès. »

Page 1