CLASSIFICATION ANATOMIQUE
Si l’on ne doit pas substituer la classification anatomique à la classification florale, nous croyons pourtant que c’est la condamner à l’infériorité que de la subordonner à cette dernière. Il est certain dès à présent que les caractères anatomiques ne concordent pas rigoureusement avec les caractères floraux, si ce n'est dans certaines familles qui sont, comme les Ombellifères, évidemment naturelles, mais isolées. Ils ne concordent pas dans les Composées, famille homogène par la fleur, mais ne possédant pas d'autre caractère constant.
Nous concluons que pour être susceptible d'applications taxonomiques, l'anatomie végétale doit étudier un certain nombre de familles, y indiquer la fixité et la valeur de chaque caractère; puis comparer Chacun de ces caractères à ceux des autres familles déjà étudiées. Finalement on aura une nouvelle classification différente de la classification florale et permettant de déterminer les espèces par de tout autres procédés. Mais quel que soit le procédé de détermination, les espèces, une fois désignées par leur nom linnéen, seront rapportées à la place qui leur convient dans la classification basée sur la fleur, classification qui restera toujours seule capable de donner une idée nette des rapports généraux des plantes. Il est certain, d’ailléurs, que les caractères anatomiques viendront de temps à autre préciser les rapports des espèces entre elles, comme nous l'avons indiqué pour le Mulgedium.
Nous nous croyons donc en droit d'affirmer que l'anatomie est capable de donner aux déterminations de plantes incomplètes, comme beaucoup de drogues simples ou de débris fossiles, la même rigueur, la même valeur scientifique que les caractères floraux.