‹ De La Valeur Thérapeutique Du Fenugrec (Trigonella Foenum Graecum) Dans Le Traitement Des Athénies Et Des États De Maigreur AnorganiqueChapitre 9 sur 10 · D “OR · texte numérisé non relu

D “OR

Coxalgie droite ankylosée. A été amené à l'hôpital pour sciatique. Amaigrissement prononcé depuis quelques semaines. Souffre d’insomnie et d’inappétence presque complètes.

Etat général mauvais; sujet pâle, chétif, très maigre; déformations rachitiques très fortes. Traces d’albumine. Les sommets pulmonaires sont mats ; expiration soufflante. Pas de tuberculose aiguë.

On donne 2 cuillerées à café de fenugrec par jour. Les premiers six jours augmentation de 1 kg. 100. Après 20 jours de traitement le malade a 47 kg. Quitte ce jourlà le service dans un état complètement changé. À un appétit extraordinaire. Bonne humeur, beaucoup meilleur aspect. À repris force et courage.

Observation X XI (personnelle).

À. M}, x6-ans,

À une coxalgie gauche depuis 1921. Abcès froids Multiples de l'articulation coxo-fémorale gauche sécrétant des masses de pus. Appétit presque nul: pâleur et maigreur extrêmes. Alitée depuis bientôt 3 ans. Température vespérale entre 37,5 et 38,5°. Poumons: matité com. plète des 2 sommets aves nombreux râÂles sonores. En Somme: tuberculose pulmonaire et osseuse en évolution.

On donne pendant 3 semaines 2 cuillerées À café de fenugrec par jour. Au bout de 10 Jours amélioration vi- Sible de l’appétit. Mange pour la première fois son repas entier. Pâleur moins nette des téguments; couche adipeuse de la face se développe. Les parents de l'enfant Sont surpris du changement heureux de l’état général de

leur fille. L'état local n’a pas subi d'influence sensible. Quitte le service peu après.

Observation XXII (personnelle).

K. M., 16 ans; 374 kg,

Père mort de phtisie. Le malade tousse depuis 2 mois; transpirations nocturnes. Aurait diminué de plusieurs kg, depuis 3 mois. Pleurésie gauche depuis 15 jours.

Mauvais état général; cœur fortement déplacé vers la droite. Dyspnée croissante. Pouls faible. Ponction: liquide citrin riche en lymphocytes. 15 jours après l'épanchement devient sensiblement plus petit et tend à disparaftre, mais l’appétit est toujours très faible.

On donne 2 cuillerées à café de fenugrec par jour. En ce moment-là le poids est de 371 kg. Diurèse entre 2 litres et 2 litres Z par jour. 4 jours après l’appétit devient meilleur. Malgré la diminution de l’épanchement la malade augmente de 15 kg en 12 jours. Quelques jours après la malade rentre avec un appétit considérable et dans un état de nutrition sensiblement amélioré.

Observation XXIIT (personnelle).

C, W., 3r-ans; boucher,

Pas d’hérédité tuberculeuse. A eu neuf fois un empyème pleural gauche; deux fois résection de côtes; sept fois vomiques. Vient au service avec un empyème récidivant du côté gauche constaté par l’examen organique et radiologiuge. Est malade depuis 6 Semaines. Amaigrissement sensible, téguments pâles. Sommets submats avec respiration très rude. Température entre 38,5 et 39 tous les SOITS.

Résection de côtes (Professeur Kieinknecht). Dans la suite il sort du pus en abondance pendant 8 jours, puis de moins en moins. Le malade ne mange presque rien du tout malgré l'amélioration notable de son empyème.

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16 jours après l'entrée du malade au service on donne 2 cuillerées a café de fenugrec par jour. Le malade reste alité.

- En 10 jours il se sent tant amélioré qu'il se lève. Il pèse en ce moment 63 kg. Exactement 10 jours après il a augmenté de 3 kg. et éprouve un appétit extraordinaire. On cesse le traitement. 6 semaines après le malade a 66 kg. et se porte tout à fait bien.

Observation X XIV (Docteur Paul Blum).

NRC ar ans:

Est envoyée de Reims en consultation chez M. le Doc teur Paul Blum. Souffre d'une péritonite tuberculeuse fibreuse depuis 1913. Est une personne très maigre souffrant beaucoup de douleurs abdominables. Son appétit est presque nul, sa force de même. a

Elle prend dans un mois 250 g. de fenugrec. Augmentation de 5 kg.! Se trouve beaucoup mieux. Alors, qu'auparavant elle était alitée la plupart du temps, elle peut reprendre ses promenades,

Observation X XV (personnelle).

BL MSbrrans

Ostéomyélite du pied et de la jambe gauches depuis 6 mois. Nombreuses fistules qui secrètent beaucoup de pus. Appétit très faible, Aspect pâle, insomnie.

À pris pendant 15 jours 2 cuillerées à café de fenugrec. Au bout de 12 jours l'appétit est devenu normal. Meilleure mine, dort mieux, humeur plus gaie. 15 jours plus tard nouveau traitement pendant 8 jours. L'appétit persiste de la même façon et les joues et muqueuses se sont recolorées.

Localement les fistules sécrètent beaucoup moins de pus.

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2 mois après le début du traitement la malade quitte le service dans un état général très satisfaisant et local sen- Siblement amélioré. Le bon appétit continue.

Observation XX VI (personnelle).

5, KR: 31 8n$,

En 1907 ostéomyélite du tibia droit. Après 2 ans de traitement l'affection guérit. Au mois d’avril 1923 à la même place récidive d'ostéomyélite. Température le soir entre 39° et 40°. Trépanation du tiba qui contient de nombreux séquestres. Après 3 semaines la température est de nouveau normale, mais le malade est très affaibli et ne mange presque rien. On prescrit des toniques, mais sans obtenir un résultat.

Alors on donne 2 cuillerées de fenugrec par jour. Après 8 Jours le malade nous dit qu'il sent que son appétit augmente. Après 20 jours de traitement il mange de plus en plus et reprend goût à tous les aliments. L’appétit redevient très bon. Le traitement dure en tout un mois. Deux mois se sont à peine écoulés depuis son entrée à l’hôpital que le malade est complètement transformé. Les téguments ont une coloration normale, le pannicule adipeux de la face a réapparu et les plaies se ferment de plus en plus en se débarrassant de temps à autre de petits séquestres osseux.

Il ile de tas ces nn à que 1 “influence heu-

reuse qu exerce le fenugrec sur le métabolisme général est. incontestable. Elle se traduit par une augmentation de.

Ê appétit et du poids et une euphorie rapide, en résumé par.

un bien-être général. Tous ces phénomènes surviennent

parfois déjà au bout de 8 à 10 jours la gravité des S

| cas que nous avons eus à traiter. ETS 6 RS TN ne

L'augmentation de poids ne peut pas s ‘expliquer ex: clusivement par la quantité de substances médicamenteuses

ingérées. Si nous pesons 2 cuillerées à café de fenugrec, dose habituelle que nous prescrivons aux malades, nous {rouvons un poids de 10-12 g. Il est naturellement

impossible que ces quelques grammes puissent provoquer

par leur masse les augmentations de poids énormes constatées parfois. C’est que le fenugrec doit agir par un autre mécanisme que sa valeur nutritive propre. C'est donc un

médicament énergétique dont le mécanisme d'action ressortit vraisemblablement aux vitamines et lipoïdes qu’il renferme. Il agirait donc comme l'huile de foie de morue.

Sans nous étendre longuement sur la conception actuelle des vitamines, nous devons cependant nous rappeler que l’on les divise pour le moment en 3 classes, en vitamines À, B et C. Il semble établi qu'il n’y a pas de vita mine C ou antiscorbutique dans les graines. La vitamine À ou antirachitique qui agit surtout favorablement sur la croissance de l’enfant en influençant le développement des OS, y est représentée en quantité assez importante. Mais c'est la vitamine B ou antineuritique dont la quantité prin- Cipalement renfermée dans le sperme des graines est très grande, qui Joue le rôle le plus important. Son action ne se limite pas seulement à son influence sur la croissance, mais elle intervient surtout dans le métabolisme général qui est profondément amélioré par l'ingestion des aliments riches en vitamines B. On sait que les vitamines sont indispensables à l'entretien de la vie. H va sans dire que la richesse en vitamines des graines en général et du fenugrec en particulier explique en partie les bons résultats obtenus par l’application de notre médicament.

Prenons comme exemple le fait que les sémences de fenugrec que le Docteur Paul Blum a prescrites à ses diabétiques, provoquent un abaissement de la glycosurie. Or, il a été prouvé par de nombreuses expériences que c’est la vitamine B qui abaisse si favorablement le taux du sucre urinaire, Comme nous savons que les graines renferment cette vitamine en quantité importante, il est le plus logique d'attribuer à ce fait l’heureuse action médicamenteuse du fenugrec. |

Vu la quantité très petite de vitamines suffisante pour produire une action thérapeutique manifeste, il n’est pas bien possible de supposer une action directe des médica-

no ments riches en ces substances. Nous admettons plutôt avec Houlbert que leur action se traduit par une « excitation des glandes à sécrétion interne et du sympathique ». De cette façon on comprend plus facilement le bouleversement heureux du métabolisme des différents organes internes par Îles produits renfermants des vitamines,

Certes il serait sans aucun doute exagéré de prétendre que l'action de ce médicament soit uniquement dûe à ces substances appelées « vitamines ». Or, l'analyse chimique nous a démontré que cette drogue est particulièrement riche en lécithines et phytines et c'est sans doute à cette variété de principe qu'il doit aussi une grande partie de sa haute valeur thérapeutique.

Actuellement, si-on accorde encore à la présence de vitamines des propriétés spécifiques, on tend aussi à expliquer par des phénomènes physico-chimiques l’action mystérieuse de certaines plantes.

« Jusqu'à ces derniers temps la valeur nutritive des substances se mesurait au nombre de calories en laissant de côté les propriétés colloïdales de ces substances. Et voilà que les travaux récents, et particulièrement ceux du savant polonais Casimir Funk, nous forcent à admettre qu’en dehors des calories il faut admettre l'existence d’un autre facteur. [T nous semble que dans la question des vitamines abordée jusqu'à présent par des chimistes avec des conceptions chimiques, la science colloïdale peut apporter des éclaircissements décisifs. Les travaux très intéressants de Mouriquand, résumés dans sa communication au Congrès Médical de Varsovie en 10921, semblent prouver qu'il est suffisant de déssécher les aliments pour qu'ils deviennent scorbutigènes. Comment alors invoquer la présence d’une Substance spéciale dans ces conditions? Ne serait-il pas plus logique de parler plutôt d'un certain état physique

particulier de la matière que de la production ou de la disparition d’une substance, malgré tout insaisissable? » (Théorie et Pratique des Colloïdes par W. Kopaczewski.)

Le rôle important de la lécithine comme stimulant de la ‘nutrition, dans l’augmentation des forces et du poids, comme tonique général nous est démontré par la Clinique actuelle. A la phytine ou cholestérine végétale un rôle semblable a été attribué par certains auteurs.

Les propriétés thérapeutiques du fer dont nous avons aussi mentionné la présence, ne sont pas moins importantes que ceiles des composés phosphorés que nous venons de citer. :

L'action combinée de ces substances organiques et inorganiques nous semble suffisamment expliquer les bons et rapides succès obtenus par nous dans nombre d’affections variées. Le domaine thérapeutique du fenugrec est beaucoup plus étendu encore que ce modeste travail ne le démontre. Il agirait dans toutes les maladies par carence. Peut-être dans l’avenir le fenugrec trouvera:t-il une application utile dans la médecine infantile, où il remplacerait l’huile de foie de morue. Effectivement il a été administré à plusieurs enfants auxquels l’huile de foie de morue n'’avait apporté aucune amélioration et il a eu des effets rapides sur l’état général.

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