‹ De La Vallière à MontespanChapitre 19 sur 60 · Archives de la Guerrv, vol. 206, fol. 394. ■2. Ibid · texte numérisé non relu

Archives de la Guerrv, vol. 206, fol. 394. ■2. Ibid

23 i DE LA VALLIERE A MONTESPAN.

doute, pourquoi le ministre, si empressé à lui complaire l'an dernier, faisait maintenant la sourde oreille à ses doléances . Le bruit public assurait que jaloux des services secrets que Golbert rendait au roi auprès de madame de La Vallière, Louvois n'avait rien épargné pour pousser madame de Montespan auprès de son maître. Nous avons vu qu'effectivement sa correspondance le montre assidu à la servir. Ses prévenances envers M. de Montespan étaient dans tous les cas des plus significatives, sinon quant à ses sentiments personnels, au moins quant aux ordres qui étaient donnés pour bien traiter le mari de la maîtresse. Aussi bien les avantages matériels qui lui étaient faits que la sollicitude à lui assurer une garnison do choix et la promesse d'un régiment à bref délai étaient des faveurs qui parlaient de soi. Esprit positif et précis, peu raffiné en matière de sentiment et de délicatesse, Louvois ne mettait pas en doute que M. de Montespan ne connût les raisons de sa fortune, pas plus qu'il ne trouvait mauvais qu'il en profitât.

M. de Montespan prit à cœur de se distinguer et le duc de Noailles eut bientôt lieu de signaler sa

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bonne conduite. En dépit d'un accord conclu entre M. de Foucault, lieutenr nt général en Roussillon sous le duc de Noailles, el le gouverneur espagnol de Puycerda, celui-ci avait fait marcher des troupes en Cerdagne, répandre le bruit que le roi de France était mort el que le duc fie Noailles se trouvait obligé d'évacuer le pays. Il fallait agir pour réprimer ces menées. Peu de jours après, le duc de Noailles écrivait à Louvois:

« Comme il était de quelque importance de rassurer les peuples de l'épouvante où ils étaienl et les détromper des fausses impressions qu'on leur avait données dont ils sont d'autant plus susceptibles qu'ils sont une manière de gens rudes qui habitent les montagnes et la pluparl miquelets, M. de Foucault s'avança avec les troupes dans la Cerdagne où il a séjourné quatre ou cinq jours dans le pays ennemi et à son retour scarmoucha; ayant attaqué ceux de la garnison de Puycerda, dont le gouverneur avait fait sortir la plus grande partie des troupes avec des habitants et des milices qu'il avait postés sous bob canon, le combat s'engagea, de sorte que nos troupes poussèrent celle- de Puycerda jusque dans

les palissades où quelques-uns entrèrent. Il y eut environ cent des ennemis, officiers ou soldats, tués ou blessés, et douze prisonniers, parmi lesquels il y a trois officiers.

» M. de Foucault me mande que M. de Coulanges et tous les officiers de cavalerie et d'infanterie et les troupes y ont fort bien fait leur devoir, que la plus grande peine qu'il a eue a été de les faire retirer des palissades et des autres endroits où ils s'étaient trop avancés et que M. le marquis de Montespan cl M. de Saint-Martin qui commande la compagnie de Roquelaure qui avaient été détachés avec leurs compagnies, s'y sont particulièrement signalés... Quoique la chose se soit passée sous le canon de la place et que par conséquent nos troupes aient été obligées, soit en marchant pour joindre les ennemis ou en se retirant, d'essuyer le feu de leur artillerie et de la mousqueterie de leur courtine, M. de Foucault a disposé les choses avec tant de prudence et de bonne conduite qu'aucun officier n'y a été tué ni blessé et que nous n'y avons eu en tout que sept ou huit cavaliers ou soldats tués ou blessés, desquels blessés trois de la compagnie de Montespan furent emportés par

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l.i foule des fuyards jusque dans la place où ils furent retenus prisonniers1. »

En même temps que M. de .Nouilles signalait niiiH au ministre la conduite de .M. de Montespan, l'intendant Macqueron lui témoignail tout le zèle qu'il apportait en ce qui concernait la compagnie de ce capitaine privilégié. Au reçu des nouvelles de l'escarmouche de Puycerda, le ministre le félicite en personne.

« Monsieur, lui écrivit Louvois le 22 novembre 1667, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le huitième du mois passé et le rôle des chevau-légers dont votre compagnie est composée, et une marque bien certaine de sa bonté est les services utiles qu'elle a rendus sous votre commandement lorsque vous avez al laqué les troupes de la garnison de Puycerda. Le roi témoigne être très satisfait de la valeur et de la conduite que vous avez lait paru i Ire dans cette rencontre, et je puis vous dire que Sa Majesté vous en donnera des marques dans les occasions.

» Je vous supplie très humblement d'agréer que

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