‹ De la Variole à Paris en 1891Chapitre 13 sur 24 · SAT · texte numérisé non relu

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savons que la maladie est endémique depuis l’année 1890. Il n’est pas inadmissible qu'une des personnes malades avant elle n’ait contaminé le quartier de Clignancourt.

I serait plus difficile d'établir une filière normale, entre le foyer Clignancourt et celui des Ternes.

Pourtant on se rappelle que M! de L.... la première malade, atteinte de variole aux Ternes, était indisposée depuis longtemps et qu'elle n’avait pas quitté la chambre depuis trois semaines au moins, lorsque survinrent les prodromes du mal. Cette dame peut avoir reçu chez elle un habitant quelconque, qui aurait eu quelque point de contact avec un varioleux du quartier voisin, et qui aurait porté les germes de l'infection, rue Bayen.

Le troisième foyer (Tocqueville), le plus important de tous, est comme enclavé entre le quartier des Ternes et celui des Epinettes. D'après la concordance des dates de l'invasion ilest rationnel d'admettre que le point de départ de la contagion provient du quartier de Clignancourt. Notre premier malade aurait été contaminé par un des modes que nous signalons ; que l’on mette en cause le transport par les vêtements où par un corps inerte ou le contact direct avec un convalescent.

Et toujours pour les mêmes raisons le quartier des Epinettes à son tour aurait élé contaminé par un habitant des bas quartiers de la plaine Monceau.

Ajoutons que la maladie a surtout sévi sur une population dense, composée en général d'ouvriers peu fortunés, ne se préoccupant pas des règles les plus élémentaires d'hygiène, logés souvent dans des rues étroites et des passages mal aérés ou malpropres. Elle a respecté au contraire les quar-

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tiers riches, à larges avenues, tout à fait limitrophes des lieux infectés dont les habitants sont soigneux de leur personne et chez qui la revaccination se fait presque régulièrement. Nous n'avons jamais vu à Aubervilliers de malades venus des grandes voies attenantes aux foyers de variole. Cependant, l’avenue des Ternes, l’avenue de Wagram, l'avenue Niel d’un côté, le boulevard Malesherbes, le boulevard Pereire, la rue Jouffroy d’un autre, regorgent de gens de service des deux sexes ayant des rapports de chaque instant avec lés négociants du quartier.

Les maîtres renseignés par leur médecin n’eussent pas hésité un moment à prendre les mesures que le bon sens dicte en pareille occasion.

2° Des petits foyers épidémiques de variole qui se sont produits à Paris du 1% février au 25 décembre 1891.

Pour nous rendre plus compréhensible nous diviserons cette partie de notre travail en plusieurs paragraphes et nous décrirons successivement :

4° Le foyer de la rue de la Chapelle et les cas qui s’y rapportent ;

2° Les foyers dont l’étiologie a eu la province comme point de départ.

8° Les quelques cas de variole qui nous sont venus des hôpitaux ;

4° Les cas isolés que nous sommes en droit de rattacher aux différents foyers précédemment décrits ;

5° Enfin les cas isolés dont nous n’avons pas pu retrou-

ver l’étiologie.

4° Nous écrivions plus haut, avec les raisons à l'appui, que le point de départ de l'épidémie de variole qui a sévi sur les XVII" et XVIII arrondissements en 1891, avait eu pour point de départ le foyer variolique de la rue de la Chapelle. À l’époque où les premiers sujets atteints entrèrent à l'hôpital nous n'avions pas encore songé à la question que nous trailons aujoard’hui, et il nous est impossible de remonter jusqu’à la source première de l'infection. Faisons observer toutefois que la maison contaminée est tout à côté de la station des tramways qui font le trajet de la Chapelle au Square Monge.

Le premier contage pourrait provenir d’un malade sorti prématurément des salles d'isolement d’Aubervilliers qui, se dirigeant vers le centre de la ville, aurait stationné chez un des marchands de vins voisins. On pourrait de même incriminer un des parents qui vient d'accompagner le malade et qui s'arrête chez un des nombreux marchands de vins de la rue de la Chapelle. Toutes les voitures qui se rendent à l'hôpital traversent le boulevard Ney et la rue de la Chapelle.

Quoi qu'il en soit, en moins d’une année nous relevions cinq cas de variole dans l’immeuble n° 178 de la rue de la Chapelle.

En 1890 trois malades sont traités à Aubervilliers.

[. — B... Louis, âgé de huit mois (non vacciné), entre le 3 avril 1890 ; il meurt le 8 avril.

IT. — D... Marie, femme B..., âgée de 18 ans et mère du

précédent, vaccinée, entre le 10 avril et sort le 19 du même mois, avant la période de temps réglementaire.

IL. — C... Samuel, 27 ans, non vacciné, entre le 10 mai 1890 et sort guéri le 15 juin 4890.

Poe:

Pendant huit mois nous ne recevons aucun malade de la maison.

IV. — Mais le 12 février 1891, la nommée S... Barbe, journalière, était reçue dans le pavillon des femmes, atteinte de variole discrète. |

Interrogée la malade déclare qu’elle a vu plusieurs fois une malade actuellement en traitement chez elle pour la variole, qui habite le n° 178 de la rue de la Chapelle, mais dans un autre corps de bâtiment.

Ces deux nouveaux cas nous remettant en mémoire ceux de l’année précédente, nous interrogeons le concierge.

Plusieurs cas consécutifs de variole se sont produits, il ne peut ou ne veut en donner le nombre.

Toutefois il est certain que la désinfection n’a pas été faite sérieusement. Des voitures de la préfecture de police ont bien apporté deux ou trois fois du soufre en bâton ; mais il n’est pas probable que les locataires, pour une raison ou pour une autre, aient employé ce produit. Nous nous empressons de proposer de vacciner toutes les personnes qui le désireront, sans obtenir le moindre résultat. C'était d’ailleurs la première fois que pareille proposition était faite.

Vers la même époque une malade reçue à Aubervilliers nous mettait sur la voie d’un nouveau petit foyer que nous sommes en droit de rattacher au précédent. À peu de distance de la maison contaminée rue de la Chapelle, nous

découvrions trois nouveaux cas de variole.

OBSERVATION A

La nommée G … Rosalie, âgée de 50 ans, ménagère, ruc Séguin, n° 47, entre à l'hôpital le 22 mars atteinte de variole

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