‹ De la Variole à Paris en 1891Chapitre 17 sur 24 · PORT Ÿ · texte numérisé non relu

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Nous croyons donc avoir démontré jusqu'à l'évidence qu'il est facile à Paris de circonscrire les foyers épidémiques de variole et de remonter dans la plus grande majorité des cas à l’origine première de la maladie.

Presque tous les malades traités à Aubervilliers pendant dix mois de la maladie courante ont pris la variole, nous le savons, soit d’un de leurs proches, soit d’une personne de leur connaissance, soit que leur profession les ait mis en rapport directement avec un individu malade antérieurement où qu’elle les ait forcés à manipuler du linge ou des hardes contaminés. Nous avons vu précédemment que surtout les concierges, les blanchisseuses, les déménageurs, les livreurs, les courtiers payaient un large tribut à la contagion : loutes-ces professions mettent, il est vrai, ceux qui les exercent en contact avec un grand nombre d'individus. Les exemples que nous donnons en font foi.

D'un autre côté il est de certains cas dont nous n’aurions jamais connu l’origine si nous n'avions appris incidemment en interrogeant avec insistance nos malades que tel varioleux du pavillon des hommes avait fait le déménagement quelques jours auparavant des meubles de son voisin d'hôpital ; el que telle blanchisseuse entrée dans les salles d’Aubervilliers avait pour client un malade également entré dans le service.

Cependant il y a lieu de se demander comment il peut se faire qu'un cas de variole ne reste pas isolé et engendre rapidement de nouveaux cas, en sorte qu’au bout d’un temps plus ou moins long un véritable foyer épidémique soit constitué ?

De plus à quoi attribuer la persistance de ce foyer ? La

SE ot constitution du foyer et sa persistance dépendent de causes nombreuses.

Un cas de variole s’est produit dans un quartier populeux, dans une famille peu instruite, dont les chefs ne se rendent pas compte de la gravité du mal pour eux-mêmes et pour les autres, surtout si par exemple l’éruption est discrète. Comme les symptômes du début sont généralement inquiétants, un médecin est appelé qui, le diagnostic établi, propose aussitôt l'isolement, la désinfection, la revaccination.

La plupart du temps les conseils du médecin ne sont pas suivis ; C’est ce dont nous nous sommes rendu compte bien des fois dans le cours de nos enquêtes. Nous avons dit déjà que certaines personnes n'avaient pas voulu accepter notre concours, même après que nous avions eu le soin de leur assurer la gratuité de nos services. D'ailleurs il n’est pas difficile de comprendre combien sont généralement illusoires les recommandations faites à des gens ignorants quand il s’agit de désinfection. Bien que les parents des malades soient animés de la meilleure intention du monde, ils ne sauront pas et ne pourront pas mettre en pratique les bons conseils qu'ils auront reçus.

En effet les logements atteints par la contagion sont très souvent mal aérés, composés d’une ou deux pièces au plus, ils renferment plusieurs habitants, le linge est rare dans les familles pauvres, les précautions de l'hygiène la plus élémentaire sont inconnues. Et voilà des causes multiples qui provoquent l’étendue du foyer septique, qui le font persister.

Mais quelles sont les mesures à prendre pour éviter un

Pa er pareil état de choses et rendre Paris indemne de la terrible variole comme Londres et Berlin par exemple, où l’on compte aujourd’hui les cas de cette maladie.

Nous avions commencé notré travail et nous nous proposions d'indiquer les mesures qui nous paraissaient absolument indispensables, lorsqu’a paru il y a quelques jours à peine un règlement irréprochable élaboré par les soins du Conseil supérieur d'hygiène et de salubrité de France, visant les maladies contagieuses. Que pourrions-nous ajouter aux instructions si complètes données par les membres éminents qui le composent? Absolument rien. Aussi nous empressonsnous de détacher de ce rêglement tout ce qui concerne la

variole.

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