‹ De la Variole à Paris en 1891Chapitre 20 sur 24 · PAGE. LES · texte numérisé non relu

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en 1887 par les soins de M. P«yron, directeur général de l'assistance publique, est parfait.

2° Cest dans le cas où l’solement est refusé que le médecin doit se montrer circonspect et user de tous les moyens en son pouvoir pour enrayer le mal à son début. Il devra défendre catégoriquement l'accès de la pièce occupée par le malade à toute personne étrangère (même l’accès du logement) qui ne doit être permis qu'aux seules personnes indispensables. Les gardes malades devront être immédiatement revaccinés ; ils changeront de vêtements chaque fois qu’ils auront à vaquer au dehors; le logement sera désinfecté journellement, le linge mis à part envoyé à l'étuve municipale comme il est prescrit. Pendant la convalescence le malade restera isolé peadant la période régleinentaire de quarante jours. La convalescence terminée la désinfection de la pièce et des objets de literie sera faite comme il est prescrit dans le règlement du Conseil d'hygiène.

Le médecin lui-même donnerait l'exemple en ne s’appro-

chant du malade et en ne le quittant qu'après avoir pris les précautions d'usage.

Mais pourquoi hésite-t-on à accepter Pisolement?

Parceque les parents du varioleux et le malade lui-même trouvent le règlement trop draconien.

On entre volontiers dans un hôpital quelconque parce qu'il est toujours facile de recevoir la visite des siens deux fois par semaine au moins. On redoute par contre l'hôpital d’Aubervilliers ; le public n’ignore pas que l'isolement y est complet.

Le malade une fois qu’il a franchi les pavillons d'isolement ne peut plus être en rapport avec quiconque de l'extérieur, il est condamné à une réclusion de 40 jours quand il consent

ET

à rester dans les salles le laps de temps réglementaire.

Il n’est pas à dire pour cela que les parents n'aient pas accès dans les bureaux d’Aubervilliers où un employé spécial donne des nouvelles des malades ehaque fois qu’une personne étrangère vient en demander.

Il y aurait quelque chose à faire de ce côté, et danslasuite on pourra peut-être reridre la consigne moms rigoureuse sans pour cela compromettre la santé publique.

Nous venons de dire que les malades (d’après l'avis émis par le conseil supérieur d'hygiène et de salubrité de France), doivent rester isolés pendant 40 jours, période de temps jugée nécessaire pour que la variole ne soit plus contagieuse.

Beaucoup sans doute des malades hospitalisés se conforment à la règle, mais un nombre d’entre eux assez considérable à qui lisolement pèse, et que l'insistance du médecin laisse froids, ou encore qu'une question administrative contrarie, quittent l'hôpital au bout de quelques jours en pleine période de dessiccation. Ils portent la maladie autour d’eux ; nous l'avons constaté plusieurs fois.

Nous venons d'écrire précédemment qu’un de nos malades, crémier, rue de Tocqueville, n° 70, avait quitté lhôpital au bout de 10 jours, et deux de ses clients qu’il pouvait très bien avoir contaminés lui-même entraient quelques jours après à Aubervilliers.

Nous avons vu également que le sieur F..., rue dela Folie- Méricourt, n° 106, ne reste à l'hôpital que du 16 septembre au 22 septembre, et le 26 septembre la femme G..., blanchisséuse du précédent, entrait à son tour au pavillon des femmes. Cette dernière, malade payante, ne pouvant plus régler ses journées d'hôpital, était forcée (a-t-elle prétendu) de

sortir malgré elle le 11 octobre, et le 31 du même mois la jeune T..., son ouvrière, atteinte de variole à éruption abondante, rentrait dans le service.

Nous sommes persuadé que le nombre de varioleux irait toujours en diminuant si on pouvait se conformer à ces prescriptions que nous jugeons indispensables.

Certainement le nombre se restreint de jour en jour. La classe aisée échappe à la contagion ; le médecin y est écouté, la vaccination et la revaccination y sont pratiquées en leur temps.

La population militaire n’est pour ainsi dire pas frappée : tout le monde sait que la revaccination est obligatoire; les recrues, les réservistes, les territoriaux sont toujours revaccinés.

Tandis que la population ouvrière, insouciante, incrédule, est presque exclusivement atteinte; c’est elle qui nous a fourni tous les cas que nous avons eu à constater en 1891.

Quoi qu’il en soit, il est consolant de reconnaître que la variole tend à disparaître de jour enjour, et dans de larges proportions. L'hôpital d’Aubervilliers n’a pas enregistré d’entrée pour variole depuis le 31 octobre 1891 à ce jour, ce qui ne s'était jamais produit depuis près de cinq ans, date de l'affectation nouvelle des biraquements.

Nous avons pu recueillir certains chiffres que nous ajoutons ci-après. Cette statistique est tout à fait rassurante, surtout pour les dernières années.

AA Cie

Nombre de varüoleux soignés à l'hôpital temporaire d’Aubervilliers, du 23 mai 1887 au 20 décembre 1891.

Du 23 mai 1887 au 1° janvier 1888 — 909 varioleux.

Du 1° janvier 1888 au 1° janvier 1889 — 986 » Du 1° janvier 1889 au 1° janvier 1890 — 588 » Du 1° janvier 1890 au 1° janvier 1891 — 229 » Du 1° janvier 1891 au 1° janvier 4892 — 105 »

Nombre des décès par variole survenus à l'hôpital temporaire d'Aubervilliers du 23 mai 1887 au 20 décembre 1891.

Du 25 mai 1887 au 1° janvier 1888 — 123 décès. Du 1” janvier 1888 au 1” janvier 1889 — 150 »

Du 1° janvier 1889 au 1° janvier 1890 — 58 » Du 1° janvier 1890 au 1° janvier 14891 — 36 »: Du 1° janvier 1891 au 20 décembre 1891 — 17 »

Total. 384 »

Il n'est pas possible à Paris de connaître les cas de variole non suivis de décès , nous devons à l’obligeance de M. le D'J. Bertillon, chef des travaux de la statistique municipale, la communication des quelques chiffres suivants. On verra que les chiffres de ces dernières années différent sensiblement de ceux que nous avons recueillis à l’hôpital. Ce qui prouve bien une fois de plus qu’un nombre trop considéra-

ble de varioleux est encore soigné en dehors d’Aubervillers.

pe

Décès par variole survenus à Paris (les individus domiciliés hors Paris el morts dans les hôpitaux de Paris non compris).

Années u Décès

ErRERES 10.331

1887 8394 dont 1923 à l'hôp.

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