‹ De la vesicule biliaire envisagée comme lieu d'inoculationChapitre 15 sur 48 · IMPERFECTIONS DE L'INOCULATION DANS LA VÉSICULE BILIAIRE · texte numérisé non relu

IMPERFECTIONS DE L'INOCULATION DANS LA VÉSICULE BILIAIRE

L'immunisation par la vésicule biliaire se trouve en défaut dans le cas des bacilles peu virulents, et ne peut être employée, sans modifications, dans le cas des bacilles trop virulents.

1° Dans le premier cas, la quantité inoculée, nécessairement toujours faible, n’amène pas la formation d'anticorps. C'est ce qui nous arriva avec le coli-bacille, par exemple (voir 2° partie). Le sérum d'animaux opérés 8, 15 et 25 jours auparavant, ne présentait aucune des substances agglutinantes, précipitantes, indicatrices ou contemporaines de la vaccination.

Cela d’ailleurs ne fait que rentrer dans la loi générale, qui préside à limmunisation, et d’après laquelle la proportion d'anticorps varie parallèlement à la toxicité ou à la virulence de l’antigène injecté ;

2 Dans le second cas, les bactéries inoculées se généralisent à l’intérieur de l'organisme, causant rapidement la mort de l'animal. L’injection intravésiculaire s'est comportée comme une injection intraveineuse, offrant les mêmes inconvénients et les mêmes dangers. C’est là ce qui survient lors de toute inoculation intravésiculaire charbonneuse ; la mort arrive régulièrement 48 à 52 heures après l'opération. Il en est de mème avec les bacilles diphtériques, dysentériques, les staphylocoques, streptocoques et pneumocoques. Certains bacilles, le vibrion cholérique, par exemple, restent le plus souvent localisés dans la vésicule, mais dans quelques cas que l’on ne peut prévoir, ils passent dans la circulation générale et tuent l'animal.

On peut tenter le maintien de bactéries virulentes dans

re.

l’intérieur de la vésicule, soit en atténuant leur virulence, soit en renforçant l’afflux leucocytaire. On obtiendra d’excellents effets avec les deux procédés employés de concert. L'atténuation seule de la virulence donne déjà de bons résultats. Elle peut être facilement obtenue par le chauffage au bain-marie des cultures entre 55 et 60 degrés durant 1/2 à 1 heure. Les bactéries ainsi modifiées deviennent plus aisément la proie des leucocytes ; elles ne se généralisent donc dans l'organisme que très difficilement. Par contre, elles provoquent l'élaboration d'anticorps, que l’on met aisément en évidence dans le sérum. Mais la production de ces récepteurs est moins abondante que celle qu'entrainent les bacilles vivants et virulents.

En effet, si l’on vient à inoculer dans la vésicule biliaire d’un lapin 1 centimètre cube d’eau peptonée ensemencée avec le vibrion cholérique, on obtient un sérum agglutinant, variant entre 4 pour 100 et 4 pour 1000. Si l’on inocule la même quantité de vibrions cholériques, mais tués au préalable par la chaleur, on obtient un sérum dont les propriétés agglutinantes sont beaucoup moins élevées, ne dépassant pas 1 pour 50.

Exemple : lapin n° 104, inoculé le 20 octobre dans la vésicule biliaire, vidée de son contenu et ligaturée au col, reçoit 1/3 de tube de culture cholérique (18 heures sur gélose à 37 degrés) diluée dans 1 centimètre cube d’eau physiologique et chauffée 1/2 heure à 60 degrés au bain-marie. 15 jours après l’inoculation, le sérum agglutine à 1 pour 50.

Cependant, on peut dire que Les deux expériences ne sont pas identiques au point de vue de la quantité vibrionnienne inoculée ; dans le second cas, cette quantité reste immuable; dans le premier, les vibrions, vivant et se développant dans un excellent milieu de culture, peuvent se reproduire, malgré l’action antagoniste des leucocytes, et la proportion est en définitive beaucoup plus élevée.

Ceci nous conduit à dire un mot de l'hyperimmunisation que l’on peut obtenir avec des bacilles dont on a diminué la virulence par le chauffage, dans la crainte que, trop accentuée, elle ne causât la mort du sujet en expérience.

Si la quantité d'anticorps formée à la suite d’une inoculation intravésiculaire de bacilles atténués n’est pas au-dessous d’une limite inférieure. on obtiendra des réce teurs en grande abon-

dance. Mais pour ce faire, l'inoculation intravésiculaire, déjà légèrement vaccinante par elle-même, devra êlre suivie d’injections intraveineuses successives et progressives, jusqu’à ce que lon ait atteint le maximum de développement des propriétés immunisantes. Or, ces injections secondaires pourront être, même dès le début, virulentes et mortelles pour le témoin, tandis que l'animal vacciné par inoculation intravésiculaire antérieure pourra toujours résister. En un mol, l’inoculation intravésiculaire, agissant comme injection vaccinante préparante, permettra, dans le cas où les anticorps formés sont en trop faible quantité, d'immuniser à fond et sans danger l'animal par des injections secondes.

Toutefois, l'hyperimmunisation obtenue par ce procédé semble avoir une durée notablement plus courte que la simple immunisation intravésiculaire. C’est là d’ailleurs un fait général : lesinoculations intraveineuses paraissent donner une immunisation qui «tient» moins, et tend à redescendre assez rapidement; mais dans le cas d’inoculation intravésiculaire préalable, se trouvant soutenue par cette premièreimmunisation antérieure, la vaccination ne tombe jamais très bas et persiste longtemps.

On peut représenter par une double courbe l'association continue de ces deux inoculations : préparante vaccinante et secondaire renforçatrice ou hyperimmunisante. La première courbe s’élèverait rapidement et se maintiendrait longtemps à un même degré pour ne s'abaisser que progressivement; la seconde atteindrait son optimum plus rapidement encore mais s’abaisserait également un peu plus vite.

En résumé, les essais d’immunisation chez un animal, par l'inoculation de bactéries dans la vésicule, relèvent d’un des trois cas suivants :

1° La bactérie n’est point ou peu viralente; il est impossible de provoquer la formation d'anticorps;

20 La bactérie est de virulence moyenne; elle ne cause point la mort de l'animal lors d'inoculation intravésiculaire. Dans ce cas, l'emploi de ce procédé suffira pour fournir des anticorps en proportion convenable ;

3° La bactérie est de très grande virulence; elle cause rapidement en inoculation intravésiculaire la mort du sujet opéré.

Il devient alors nécessaire d’atténuer par la chaleur les cul-

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