‹ De la vesicule biliaire envisagée comme lieu d'inoculationChapitre 23 sur 48 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

Dans ce chapitre, nous dirons un mot des

Inoculations intraveineuses de vibrion choIspisee ; puis nous aborderons les

Inoculations intravésiculaires, conférant l’immunisation active, et les

Inoculations intravésiculaires, suivies d'injections intraveineuses, lesquelles contrôlent cette vaccination et permettent l'hyperimmunisation.

Nous terminerons par la description des Propriétés du liquide vésiculaire, et surtout des

Propriétés du sérum : action de coagulation et de lyse «in vitro et in vivo » conférant l’immunité passive.

INOCULATIONS INTRAVEINEUSES.

Avec les cultures que nous avons utilisées (1), l’inoculation intraveineuse de vibrion cholérique (3/4 à 1 tube de culture sur gélose de 18 à 24 heures à 37 degrés, dilué dans quelques centimètres cubes d’eau physiologique) a toujours déterminé

(4) Culture provenant de l'Institut Pasteur, et portant la mention : Vibrion cholérique. Dnieper, due, ainsi que les autres, à l'obligeance de M. Leroux.

la mort chez le lapin adulte. La mort survenait généralement quelques heures après l'injection (1). L'injection faite, le sujet, durant quelques minutes, présente des phénomènes d’excitation, suivis d’abattement, de prostration, qui le conduisent peu à peu au coma. Insensible à ce qui l'entoure, aux aliments, aux personnes qui vont à lui, l'animal est étendu sur le flanc, immobile, les membres flasques, ou est roulé en boule, ramassé sur lui-même, le poil hérissé et froid, et les oreilles tombantes; les pupilles sont très dilatées et les yeux sont demi-clos. Les mouvements respiratoires sont accélérés et très

amples; le corps et la tête participent à ces mouvements. La

température ,centrale baisse progressivement, diminuant de 1/2 à 3/4 de degré par heure pour atteindre, lorsque la mort est lente à survenir, 33 à 34 degrés. A l’autopsie, les lésions varient suivant que la mort est survenue très rapidement ou un certain temps après l'injection. Dans le premier cas, on ne constate aucune lésion; dans le second, on note une congestion intense uniforme de l'intestin grèle, à contenu diarrhéique, donnant à l'organe une coloration rose et rarement hortensia, une congestion légère du cæcum et de l’appendice,

accompagnée de piqueté hémorragique extrèmement net, par-

ticulièrement saisissant et fréquent dans ce dernier organe. Le péritoine est très vascularisé, et un liquide, plus ou moins clair et en plus ou moins grande abondance, remplit la cavité péritonéale.

INOCULATIONS INTRAVÉSICULAIRES.

L'inoculation intravésiculaire de vibrions cholériques vivants et virulents ne provoque point la mort de l'animal. Les vibrions utilisés provenaient de culture sur gélose à

31 degrés et âgés de 18 à 24 heures. La quantité que nous

inoculions était très variable : dans nos premières expériences, nous inoculâmes des doses extrèmement élevées, un

(1) Dans un certain nombre de cas, la mort survint quelques minutes après l'inoculation. Elle était due, selon toute probabilité, aux toxines contenues dans le liquide injecté et non au milieu de culture (gélose) inoffensif chez les animaux témoins.

tube de culture totale: les résultats furent, quelquefois, la mort de l'animal par septicémie en 36, 48 ou 52 heures ; donc avec un retard très net sur les témoins. Plus tard, nous diminuâmes notablement la quantité de culture et nous remplacâmes le milieu primitif neutre par du bouillon, ou mieux de l'eau peptonée. Finalement, nous ensemencions extemporanément 4 centimètre cube d’eau peptonée avec une üse de culture cholérique de 24 heures à 37 degrés et nous inoculions le mélange, pour ainsi dire à « l’état naissant », dans la vésicule.

L'addition de glucose à l’eau peptonée dans la proportion de 1 p. 100 nous a donné des résultats défavorables, causant la mort de l'animal avec des symptômes spéciaux que nous ne rencontrâmes jamais dans tous les autres cas d'intoxication cholérique : convulsions et tétanisation intense de tout le corps apparaissant 24 heures après l'inoculation, pour se maintenir jusqu'à la mort de l'animal, qui ne survenait qu'après une longue agonie en hyperthermie et après redoublement de convulsions et de symptômes d'asphyxie (congestion des conjonctives, mouvements respiraloires saccadés et tumultueux). A l’autopsie, nous rencontrâmes les lésions banales d'intoxication cholérique analogues à celles des témoins qui jamais n'offrirent ces formes convulsives.

Les symptômes présentés chez les animaux inoculés intravésiculairement se réduisent à peu près à rien. On note, dans les 24 à 36 heures qui suivent l'opération, une très légère élévation de température et un peu d’abattement, mais le choc opératoire consécutif à une laparotomie peut suffisamment expliquer des phénomènes d’ailleurs légers et fugaces.

Le passage des vibrions dans les capillaires de la vésicule, et de là dans la circulation générale, est extrêmement variable, et ne paraît soumis à aucune règle. Ces variations sont intéressantes en ce sens qu'elles ne paraissent en rien retentir sur la valeur de l’immunisation. Tantôt l'animal meurt avec lésions intestinales cholériformes en 48 heures, et le vibrion est absent du sang; tantôt le bacille abonde dans la circulation périphérique et l’animal ne présente aucune réaction.

A | tee

Voici d’ailleurs un tableau résumant quelques cas :

PASSAGE dans le sang.

Pos.

Pos.

SÉRUM agglutine à :

Le) ro] Ca = =

Page 1