II. — TECHNIQUE DE L'INOCULATION INTRA-VÉSICULAIRE
La méthode que nous avons employée pour faire les inoculations dans la vésicule biliaire est la suivante :
Dans les premiers essais que nous fimes, nous atteignions la vésicule en faisant l’incision suivant le rebord des fausses côtes droites. Le dégagement du foie était plus aisé et la mise à nu
(1) HEGer (1873), RoGer (1881).
(2) Dasrtre. Dictionnaire de Physiologie. Article « Foie ».
de la poche vésiculaire rendue ainsi très facile; mais l'opération était un peu longue par suite de la section des plans musculaires et de la ligature souvent obligatoire de l'artère mammaire droite.
C’est pourquoi, dans toutes les opérations suivantes, nous opérâmes suivant la ligne blanche en procédant aux différents temps que voici :
L'animal étant attaché par les membres sur un plateau de zinc, la région à opérer est épilée, puis aseptisée à l'alcool et à la teinture d'iode.
On fait l’anesthésie à l’éther, si l'animal est trop sensible, car les mouvements brusques à certains temps délicats (injection dans la vésicule) peuvent compromettre le résultat de l'opération. Les téguments sectionnés sui-
F1G6. 3. — Schéma indiquant le mode : id:
d'inoculation intra-vésiculaire. vant la ligne Du,
À, point où la vésicule est d’abord liée. — on tombe” sur a eue B, point où la vésicule est ensuite ponc- blanche, que l'on incise HENAEee la bile est retirée par aspiration sur une longueur de 4 à A RS ee puis la vési- 6 centimètres. On déchire
le léger voile constitué par le périloine, et le foie apparaît. On attire l'organe en bas, et on l’éverse de bas en haut et d’arrière en avant : le foie luxé, la face inférieure est ainsi mise à jour. En interposant, d’une part, des tampons de gaze entre la coupole diaphragmatique et le foie, en bourrant, d’autre part, l’espace intermédiaire entre la région inférieure du foie et les intestins, on «Cale » la masse hépatique ; et les manœuvres de la vésicule, très en évidence, sont aisées. On passe sous le col ainsi dégagé, un fil de soie monté sur une aiguille de Reverdin, et on lie le canal en ce point. A l’aide d’une seringue de Pravaz ponction-
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nant la vésicule à son pôle libre, on aspire le contenu vésiculaire qui, dans beaucoup de cas, est riche en mucine, en sels concrétés, et forme ainsi un liquide épais, qui difficilement pénètre dans l'aiguille. En le diluant et en lavant la vésicule à plusieurs reprises avec de l’eau physiologique jusqu’à ce qu'elle sorte complètement incolore, on à un réservoir d’une capacité de 1/2 à { centimètre cube 1/2, prêt à recevoir les inoculations de liquide pathogène. L’aiguille étant toujours en place (car il serait, dans le cas où on l'aurait retirée, très difficile de retrouver le premier orifice) et la seringue étant chargée du liquide antigénique, on pousse l'injection doucement jusqu'à ce que la vésicule ait atteint son volume primitif. À ce moment, toujours sans retirer l'aiguille, on passe un fil de soie comprenant dans sa boucle cette aiguille et la paroi vésiculaire, légèrement soulevée et tendue par une pince. Tout en dégageant l'aiguille, on serre le fil de façon que celle-ci, complètement retirée, aucune goutte de liquide ne vienne à sortir. Enfin, pour plus de sûreté, on met une pointe de feu sur l’orifice. On enlève les tampons, on suture la ligne blanche à l'aide de trois ou quatre points de catgut. Les téguments sont réunis par quelques agrafes de Michel. En dernier lieu, on badigeonne à la teinture d’iode la plaie suturée, que l’on recouvre d'un peu de collodion.