De la vie et de l'intelligence
Depuis un siècle , toutes nos physiologies ne sont que des répétitions de celle d'Haller.
Il est temps de se faire de la vie des idées nouvelles, et de I'intelligence, ou du moins des limites qui séparent l'intelligence de la vie, des idées plus nettes.
Je donne ici le résumé philosophique de deux de mes plus essentiels travaux ; mes expériences sur le système nerceux et mes expériences sur la formalion des os.
Dans mes expériences sur le système nerveux, le point capilal est la séparation de la vie et de
l'iNTKLLiGENCE, et de toutes les propriétés vitales d'avec toutes les p/-o/jr/t'7es inteUecluelles.
Et, pour la première fois, cette séparation, cette analyse est certaine, car cette analyse est tout expérimentale.
Je sépare les propriétés par les organes.
J'appelle propriété distincte toute propriété qui réside dans un organe distinct.
Je dis l'iNTELLiGENGE distincte de la vie, parce que l'intelligence réside dans un organe où ne réside pas la vie , et réciproquement la vie dans un organe où ne réside pas T intelligence, parce que je puis ôter l'organe de l'intelligence, et l'intelligence par conséquent, sans toucher à la vie, sans ôter la vie, en laissant la vie tout entière.
Dans mes expériences sur la formation des os, je me suis donné ce grand problème, pour la première fois posé en physiologie : le rapport des forces et de la matière dans les corps vivants.
Ce n'est pas la matière qui vit : une force vit
dans la matière, et la meut et l'agile et la renouvelle sans cesse :
Mens agitât moleni et magao se corpore miscet *.
Le grand secret de la vie est la permanence des forces et la mutation continuelle de la matière.
Je livre cet ensemble de choses^ originales et neuves, aux physiologistes et aux philosophes : ils y trouveront, les uns et les autres, ce qui leur manque : le physiologiste des vues, et le philosophe des faits.
i. Virgile.
Un esprit vit en nous et meut (eus n s ressorts.
La Fontaine.
PRF.MIF.RE PARTIE