‹ De la vie et de l'intelligenceChapitre 19 sur 229 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

Quelle est la fonction de ce remarquable organe ? On n'en avait aucune idée. On lui supposa longtemps la même fonction qu'au cerveau; et delà même le nom de cervelet ou petit cerveau.

Plus tard, Willis y plaça le principe des fonctions vilales, des mouvements du cœur, de la sensibilité.

Mais on peut enlever le cervelet, et l'animal n'en continue pas moins de vivre ; le cœur n'en continue pas moins de battre ; enfin, le cervelet est insensible, absolument insensible'.

Si on irrite la moelle épinière, la moelle allongée, les tubercules, l'animal éprouve des douleurs et des convulsions. La lésion du cervelet ne produit ni douleurs ni convulsions.

On n'avait jamais eu le moindre soupçon de la fonction singulière qu'exerce le cenelet.

Lorsque Bell sépara, dans le nerf, le sentiment du mouvement , on avait idée et du sentiment et du mouvcmcnl.

Ici, pyinl. Ou n'avait jamais vu, dans le mouve-

l. VoycZj plus loin, ce que je diiai de l' ' tnpo.ssibi/ i fe absoluii 'la cerveau et du cervelet.

ment, que deux chopes : la volilioii du mouvement, et les mouvements divers exécutés par chaque partie. La coordination de ces mouvements divers en un mouvement d'ensemble n'avait pas été vue.

Si , sur un animal , on enlève le cervelet petit à petit, l'animal perd peu à peu l'équilibration de ses mouvements de locomotion.

On n'avait pas remarqué cette équilibration, cette régularisation des mouvements divers en mouvements d'ensemble, cette force singulière et puissante qui réside dans le cervelet.

L'animal qui a perdu une partie de son cervelet, ne peut plus se tenir debout avec aplomb, ni marcher, ni courir avec régularité.

Si l'on enlève tout le cervelet, ou à peu près tout le cervelet, l'animal perd toute facullé de se tenir debout, de marcher, de courir, de voler régulièrement.

Cependant tous les mouvements partiels subsistent, et l'animal peut même les exécuter, quand il veut : c'est que la production des mouvements est dans la moelle épinière et ses nerfs, et que la volition est dans le cerveau.

Une seule, chose est perdue, parce qu'une seule chose est dans le cervelet : l'équilibration, la cooj"- (linalion de tous les mouvements partiels en

mouvements d'ensemble réguliers et détermines.

Pour produire un mouvement d'ensemble régulier et déterminé, la marche, le saut, la course, il faut le concours d'une infinité de mouvements partiel, d'efforts et de contre-efforts : sans ce concours, le mouvement régulier n'a point lieu, l'équilibre n'est point obtenu ; et ce concours nécessaire est ce que personne n'avait soupçonné encore.

La simple station, qui ne parait rien, n'est obtenue pourtant que par le concours d'une foule de muscles des pieds, des jambes, du tronc, etc. Pour la marche, pour le saut , pour la course, pour le vol, etc., il faut le concours de bien plus de muscles encore.

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