‹ De la vie et de l'intelligenceChapitre 94 sur 229 · U>idr,„, t. IV, p · texte numérisé non relu

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-2. Ibi<l., t. IV, p. 22.

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dans l'analyse expérimentale des propriétés vitales.

Voyons donc jnsqu'où Haller a poussé celte délicate et fondamentale analyse.

L'homme a deux grandes facultés : celle de sentir et celle de se mouvoir; mais le mouvement dépend-il de la sensibilité? Dépendent-ils l'un et l'autre d'un seul et même principe? Ou bien, au contraire, y a-t-il deux principes distincts, deux forces propres, deux facultés indépendantes et séparées? toutes questions auxquelles nul physiologiste n'aurait pu répondre avant les deux célèbres mémoires d'Haller, le premier sur la sensibilité • et le second sur \ irritabilité'^.

Dans ces deux mémoires, Haller sépare nettement la force de sentir de celle de se mouvoir, la sensibilité de Virritabilité : le nerf seul est sensible, et le muscle seul irritable, ou, comme nous disons aujourd'hui plus communément, contractile.

Si on lie ou coupe le nerf d'un muscle, ce muscle perd aussitôt toute sa sensibilité, mais il conserve son irritabilité.

L'irritabilité et la sensibilité sont si différentes l'une de l'autre, que les parties les plus irritables ne

1. Lu devant la société royale de Gœttingue, le 22 avril 1752.

2. Lu devant la société royale de Gœttingue, le 6 mai 1752. Voyez ces deux mémoires dans l'ouvrage déjà cité : Mémoiri's sur ta nature sensib. et irritub , etc. Lausanne, 1750.

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sont pas sensibles, et que les plus sensibles ne sont pas irritables.

Le nerf, organe exclusif de toute sensation, n'est point irritable; et le muscle, organe exclusif de tout mouvement, n'est sensible que par ses nerfs.

Enfin, toutes les parties qui ont à la fois des muscles et des nerfs, sont à la fois contractiles et sensibles, et toutes les parties qui n'ont ni nerfs ni muscles, ne sont ni sensibles ni contractiles.

Il y a donc trois ordres de parties : les parties irritables, c'est-îVdire les parties musculaires; les \\MWe% sensibles , c'est-à-dire les T^diï:\\e?> nerveuses ; et les parties qui ne sont ni irritables ni sensibles, du moins essentiellement et par elles-mêmes, c'està-dire les parties qui ne sont ni muscles ni nerfs : la peau, qui, quoique très-sensible, ne l'est que par ses nerfs, l'estomac qui, quoique très-irritable, ne l'est que par ses muscles, etc. '.

Et de même qu'il y a trois ordres de parties, il y a aussi trois ordres de propriétés, de forces : la sen-

] . Haller faisait une classe particulière des tendons, àxipéfioste, (le la di(re-inère,eic., parties qu'il déclarait ahsolumpnt insensiMes, et qui le sont, en effet, dans l'état normal. U niait même les nerfs de toutes ces parties, qui toutes en ont, et qu. toutes, quand elles sont enflammées, deviennent très -sensibles et très -douloureuses. ( Voyez , dms les Comjites rendus de l'Académie des sciences, t. XLIIF, p. 639, les cxpériencrs par lesquelles j'ai éclairci ce point fondamental de doctrine.)

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sibililé, propriété des nerfs, Yirritahilité, propriété des muscles, et Véla&ticité, la simple élasticité, propriété qui se joint à la sensibilité dans le nerf, à Y irritabilité dans le muscle, et qui, dans toutes les autres parties de l'économie animale, existe seule.

n. — De Bichat et de son analyse des propriétés vitales.

Entre Haller et Bichat, ou plutôt entre leurs deux systèmes de forces, de propriétés vitales, la compaiaison sera bientôt faite.

Bichat admet trois propriétés, comme Haller : la sensibilité, la confractilité ou irritabilité, et Vextoisibilité ou confractilité de tissu , extensibilité qui n'est évidemment que Y élasticité d'Haller ' ; seulement Bichat partage chacune des deux premières et principales propriétés, la sensibilité et la contraciilité, en deux autres, 1° la sensibilité animale et la sensibilité orgajiiqiie, 2" la contractilité animale et la contractilité organique; et je ne fais ici que rappelel' cette division, nous avons déjà vu ce qu'il faut en penser 2.

1. « Ou a confondu, dit Haller, l'irritabilité avec la force élas- « tique; on aurait bien dû séparer une puissance vitale d'une « force qui reste après la mort » {Mém. .sur ta mit. sensib. et irritai., etc., t. IV, p. 94). Et Bichat dit : «La contractilité « de tissu est l'attribut commun à toutes les parties, vivantes ou « mottes, qui sont organiquement tissues. » Page 128.

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