CHAPITRE X
J'ai dit assez de mal de Gall ' pour en dire un peu de bien, et même beaucoup de bien, quand l'occasion s'en présente.
Je distingue essentiellement, dans Gall, l'auteur du système absurde de la phrénologie de l'observateur profond qui nous a ouvert, avec génie, l'élude de Tanatomie et de la physiologie du cerveau.
Pour se faire une idée du point d'ignorance où l'on était , avant Gall , sur l'anatomie , et , plus particulièrement encore, sur la physiologie du cerveau, il n'y a qu'à lire Bichat.
I. — De Bichat et de sa manière de considérer le moral de l'homme.
Nous avons vu le système de Bichat sur la vie ^. Bichat partage la vie en deux vies : la vie animale et la vie organique; et puis il cherche les carac^ tères tranchés qui distinguent l'une de ces vies de l'autre.
1. Voyez mon livre intitulé Examen de la Phrénologie, Si Pages 142 et suiv;
Ajoutez que, dans ce travail de démêlement et d'analyse, il procède toujours par contrastes : tout est symétrique dans la vie animale^ et tout irrégulier dans la vie organique; tout est intermittent dans la vie animale, et tout continu dans la vie organique; tout se plie à Fhabitude dans la vie animale, et tout y est rebelle dans la vie organique, etc., etc.
Enfin ^ arrivé au moral de Thomme, Bicbat le coupe aussi en deux, et, des deux moitiés, il loge Tune dans la vie animale^ et l'autre dans la vie organique : le cerveau est le siège de Tinlelligence, et le cœur, Testomac, le foie, etc., sont le siège des passions.
« Tout ce qui est relatif à Fentendement appar- « tient à la vie animale \ x> dit Bicbat, et jusque-là point de doute; mais il ajoute : a Tout ce qui est « relatif aux passions appartient à la vie orga- « nique ^ ; » et ceci est absolument faux.
Sous l'empire séduisant de sa tbéorie, il va jusqu'à invoquer le langage vulgaire; et parce que l'on dit ordinairement : un bon cœur, un cœur sensible, la fureur circule dans les veines ', etc. , etc., il