Œuvres complètes de Buffon, t. H, p
2. Ou plutôt, et à ligoureusemeut parler, de Y intelligence, de la coTinaissance, Voyez la première partie de ce livre.
morale, le moral propi^ement dit, qu'il place dans le cœur, dans Testomac, dans le foie, etc.
Le premier service que Gall ait rendu à la physiologie a été de ramener le moral à Yintellectuel, de faire voir que les facqltés morales et les facultés ifHellectuelles sont des facultés de même ordre^ et de les placer toutes, autant les unes que les autres, uniquement et exclusivement dans le cerveau.
Il y a là-dessus, dans Gall, trois articles ou chapitres, et tous trois excellents. Le premier a pour titre : Le cerveau peut-il être considéré, exclusivement, comme Vorgane des facultés intellectuelles et des qualités morales ^ ? Et Fauteur, comme on pense bien, conclut pour Taffirmative.
Car, en effet, si Ton excepte le cerveau, à quel organe s'adressera-t-on ? Sera-ce aux os, aux ligaments, aux membranes, aux muscles, etc.? Sera-ce au cœur ? mais le cœur n'est qu'un muscle, absolument et purement un muscle; au diaphragme?
mais le diaphragme n'est encore qu'un muscle, un muscle tendineux, et pas autre chose ; au foie, aux reins? mais le foie sécrète la bile, mais les reins sécrètent l'urine; et d'ailleurs la destruction, l'ablation de ces deux viscères n'abolit, n'altère en rien,
i. Anatomie et "physiologie du Cerveau, etc., t. lï, p. 236.
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ni les facultés intellectuelles, ni les qualités morales.
Le second article a pour titre : Excepté le cerveau, aucun des systèmes nerveux ne peut être considéré comme le siège des facultés intellectuelles et des qualités morales*.
Ici Gall passe successivement en revue toutes les parties, du système nerveux, autres que le cerveau : tous les plexus, tous les ganglions du grand sympathique, tous les nerfs delà moelle épi nière, la moelle épinière elle-même, tous les organes des sens et leurs nerfs, tous les organes externes et d'un usage particulier^ tels que les pieds , la main, la queue, a L'on essaie, dit-il plaisamment, de dé- « duire l'instinct ou les aptitudes industrielles de cr la queue du castor, de la trompe de l'éléphant , « de l'œil, de Toreille, de la main ^; » et il conclut qu'il ne faut chercher la source des inclinations , des penchants^ des instincts, des affections, des passions, en un mot de tout ce qui est faculté intellectuelle, de tout ce qui est qualité morale, que dans le cerveau *i
Dans le troisième article enfin, Gall réunit toutes les preuves directes et positives de sa grande pro«