FONCTIONS DE LA MOELLE ALLONGEE ET DU NŒUD VITAL
En 1748, Lorry trouva qu'un point de la moelle épinière blessé produisait une mort subite, et que cela n'arrivait, ni au-dessus ni au-dessous de ce point.
Ce point résidait vers le trou occipital : beau fait que Lorry n'expliqua, ni même ne comprit point, et qui fut bientôt oublié.
Il l'était en 1812, quand Le Gallois trouva qu'un point coupé de la moelle épinière arrête sur-lechamp la respiration. On peut enlever tout le cerveau par tranches successives sans arrêter la respiration. Ce n'est que lorsqu'on touche à ce point qu'on l'arrête.
Ce point répond à l'origine de la huitième paire, ce qui fit que Le Gallois supposa qu'on n'abolissait alors la respiration que parce qu'on coupait l'origine de la huitième paire.
Mais il n'en est rien. Les deux nerfs de la huitième paire peuvent être coupés , et le mécanisme respiratoire n'en subsister pas moins pendant plu-
MOELLE ALLONGÉE ET NOEUD VITAL. i!
sieurs jours. Le mécanisme respiratoire ne dépend donc pas de ces deux nerfs.
Il n*en dépend pas. Il ne dépend que du point de la moelle allongée, que j'appelle, à cause de cela, point ou nœud vital.
J'ai fixé les limites de ce point, qui commence à l'origine même de la huitième paire, et finit deux ou trois lignes au-dessous*.
Voilà la vraie moelle allongée, c'est-à-dire le point vraiment actif de cette moelle, le point où réside le principe premier moteur du mécanisme respiratoire : principe insoupçonné jusqu'à moi, et idée physiologique toute nouvelle.
Si l'on coupe transversalement la moelle allongée sur le point vital, tous les mouvements respiratoires cessent sur-le-champ.
1. Je m'exprimais ainsi en 1827. Depuis lors, je suis allé bien plus loin encore. Voyez, à la suite de cette première partie, la note 1. Le nœud vital, rigoureusement circonscrit, a une ligne à peine d'étendue, à peine l'étendue d'une tète d'épingle.