Tome III, p
cérébrale, et par laquelle commence la pensée ou Y intelligence y c'est-à-dire la perception *.
1. On pourra me faire une objection. Ce que j'appelle percep^ tion n'est, me dira-t-on, que la sensibilité propre du cerveau, la sensibilité cérébrale. A la bonne heure, et le mot sensibilité aura alors deux sens : par Tun, il Résignera ce que j*appeUe percep" tion, ou l'action du cerveau; par l'autre, ce que j'appelle exclusivement sensibilité on V action de la moelle épinière et des nerfs, et la confusion des idées renaîtra par la confusion des mots.
Descartes dit ailleurs et très-bien : a Non-seulement les médî- « tations et les volontés, mais même les fonctions de voir, d'ouïr, « de se déterminer à un mouvement plutôt qu'à un autre, etc., « en tant qu* elles dépendent délie (de Vâme), sont des pensées; « et il n'y a rien du tout que les choses qui sont comprises sous « ce mot qu'on attribue proprement à l'homme, en langage de « philosophe; car pour les fonctions qui appartiennent au corps « seul, on dit qu'elles se font dans l'homme, et non pas par « l'homme. » T. VII, p. 392.
Ces mots : en tant qu'elles dépendent d'elle (de l'âme) expliquent tout. En tant qu'elles dépendent de l'âme, les fonctions de voir^ d'oMÏr, sont pensées; mais avant d'arriver à l'âme, elles avaient passé par le cerveau, où elles étaient perceptions; et, avant d'arriver au cerveau, elles avaient passé par les sens, où elles étaient sensations.
En langage de philosophe, c'est-à-dire d'écrivain qui s'entend et qui veut s'entendre, le premier point est de séparer, même par les mots, ce qui est du corps de ce qui est de Yâme, ce qui est vital de ce qui est intellectuel : les sensations des perceptions, et les perceptions des pensées.